« Eternity », Lotus du meilleur film au 13° Asian Film Festival, après Cannes, Deauville prime la Thaïlande

FFAsiatique Deauville, dimanche 13 mars 2011
   

 

Sivaroj Kongsakul, Lotus du meilleur film pour « Eternity »

 


A Cannes, la surprise avait été nette quand la palme d’or fut attribuée en 2010 à Apichatpong Weerasethakul pour un film sur la réincarnation « Oncle Boonmee (celui qui se souvient de ses vies antérieures) », ce soir à Deauville, le 13° Festival du film asiatique a primé aussi un film thaïlandais sur la réincarnation : « Eternity », premier long-métrage de Sivaroj Kongsakul : trois jours après sa mort, le fantôme d’un défunt vient revisiter les lieux de sa jeunesse heureuse : Wit, jeune homme coquet  habitant alors Bangkok où il travaillait dans une compagnie d’assurances, venait de présenter à ses parents fermiers sa fiancée Koï, une jeune fille de la ville peu portée sur la vie à la campagne. Pas un décibel de musique dans la bande son, environ 20 minutes avant le premier mot (on appelle « Wit! »), des plans fixes, de l’eau, des canards, la ferme isolée,  le ponton en bois, les nuits chacun sous sa moustiquaire, le film est une vraie séance de relaxation, personnellement, ça m’a détendue mais je ne crois pas que c’était l’objet du film tendant visiblement à parler sans un mot de l’éternité de l’amour.
Tous les prix attribués étaient des films qui passaient le matin, séance que je zappe invariablement, je n’ai pas pu rattraper les deux films prix ex-aequo du jury (les 2 seuls que j’ai ratés sur les 10 films en compétition). En revanche, j’ai vu cet après-midi de dimanche « Cold fish » de Sion Sono, qui a reçu le prix de la critique internationale, un film japonais gorissime sur le délabrement moral de la société japonaise contemporaine qu’on pourrait bien étendre à d’autres continents. D’après une histoire vraie, le portrait d’un tueur très spécial. Une jeune fille, Mitsuko, est surprise en train de voler dans un supermarché, son gérant, Monsieur Murata, propriétaire inspiré d’un magasin géant de vente de poissons exotiques, Amazon gold, passe l’éponge à condition qu’elle accepte de travailler et habiter chez lui. Le père de Mitsuko, Monsieur Shamoto, lui-même propriétaire d’un petit magasin de poissons  exotiques, se sent redevable envers Monsieur Murata. De fil en aiguille, Shamoto devient le souffre-douleur et l’homme de main de Murata, qui est en vérité un tueur en série, cyclothymique et sanguinaire, dont la spécialité est d' »effacer les gens » en les découpant en morceaux, en calcinant les restes qu’il pulvérise et jette dans la rivière. Un film sans concessions sur les « nouvelles valeurs » de la société japonaise où le bonheur passe par la Ferrari de Monsieur Murata et le sexe frénétique avec les femmes des autres. Malgré un style unique déjanté et original, un humour noir féroce, trop long et répétitif, le film a une première heure qui tient le coup mais la suite, souvent gratuite (dont le final boucherie) est indigeste. « Cold fish » sort en France courant 2011 (à préciser).

—– 


« Eternity »


« The Journals of Musan »

« Sketches of Kaitan city » 


« Cold fish »
« True legend »


Las autres films en compétition? Le public avait aimé « Udaan », un film indien craquant, et « Buddha mountain », un film chinois assez inégal mais suscitant l’empathie, déçus par l’attribution du Lotus d’or à « Eternity », les festivaliers ont été très peu nombreux à rester voir la projection du film après le palmarès, comme c’est la coutume. Personnellement, j’avais apprécié le film philippin « Donor » mais je crois que j’étais bien la seule. Le film japonais « Birth right », qui pêchait par trop de théâtralité muette  et un excès de symboles, avait néanmoins des vraies qualités cinématographiques. Hors compétition, l »évènement fut la projection de « J’ai rencontré le diable » (sortie le 6 juillet 2011) avec la rétrospective des films de Kim Jee-woon et sa Master class dont je mettrai en ligne les temps forts et les photos d’ici demain soir.
 

 
jury long-métrages et lauréats / lauréats
  
Sivaroj Kongsakul


Palmarès
Lotus du meilleur film
« Eternity » de Sivaroj Kongsakul (Thaïlande)

Lotus du jury
ex-aequo
« Sketches of Kaitan city » de Kazuyoshi Kumakiri (Japon)
« The Journals of Musan » de Park Jung-bum (Corée du sud)

Lotus de la critique internationale
« Cold fish » de Sion Sono (Japon)

Lotus Action
« True legend » de Yuen Woo-Ping (Chine)


jury long-métrages et Lotus d’or pour Sivaroj Kongsakul


Amos Gitaï et Park Jung-bum, réalisateur de « The Journals of Musan »


Amos Gitaï et l’équipe du film de « Sketches of Kaitan city » de Kazuyoshi Kumakiri
jury Action Asia


jury long-métrages : Anne Parillaud, Reda Kateb, Marc Weitzmann, Jacques Fieschi


Olivier Assayas et Amos Gitaï (président du jury long-métrages)
 

Tous les articles sur cette édition du 13° festival du film asiatique de Deauville…

Mots clés: ,

Partager l'article

Lire aussi

Posted by:

Camille Marty
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

Laisser un commentaire

Votre email ne sera pas publié. Remplissez les champs obligatoires (required):

Back to Top