Gilda à Deauville… été 1949…

 

Il y a tout juste 60 ans… Le Festival du cinéma américain de Deauville, créé en 1975, qui va d’ailleurs fêter son 35° anniversaire, n’existait pas encore… mais la légende vivait… Les villas mythiques, souvent disparues ou découpées en appartements, telles la villa Gorizia de la famille de l’Aga Khan, où séjournaient parfois Rita Hayworth et son mari Ali Khan, ou la villa Strassburger, construite sur un terrain appartenant à la famille de Flaubert, rachetée en 1924 à la famille Rothschild par l’éditeur milliardaire Strassburger, qui en fit pendant un quart de siècle la demeure la plus somptueuse de Deauville (son fils la légua à la ville en 1980, on peut la visiter, la louer… on y a notamment organisé des garden-parties lors de festivals), font rêver autant que leurs locataires…

 

Rita Hayworth et Ali Khan (photo groupe Barrière)
Sur cette photo rare, Rita Hayworth et son second mari Ali Khan passent une partie de l’été 1949 à Deauville pendant la saison hippique dans leur somptueuse villa Gorizia. Pendant le mois d’aout, Harry Kohn, alors directeur de la Columbia, lui rend visite pour la convaincre de faire son come-back au cinéma… Les deux se rencontrent dans les salons de l’hôtel Royal à Deauville. L’idée de Harry Kohn pour Rita était de lui faire tenir le premier rôle dans le western « Lona Hanson » avec William Holden comme partenaire mais le projet avortera.Née Margarita Carmen Cansino, Rita Hayworth fut danseuse avant de devenir le sex-symbol des années 40 à Hollywood. Son père, danseur professionnel d’origine hispanique, enrôle sa fille de 13 ans pour partenaire qu’il entraîne dans ses épuisantes tournées, de surcroît, le père entretient  avec  sa fille une relation trouble qui semble l’avoir pertubée pour toujours.

     
Rita Hayworth, fin des années 40 (photo centre « Gilda », photo droite avec Orson Welles « La Dame de Shangaï »)

Consacrée « déesse de l’amour » dans le mythique « Gilda » en 1947, Rita Hayworth met d’ailleurs à profit son apprentissage de showgirl dans la célèbre scène en fourreau et gants de satin noir de danse/strip-tease. Le choc du film de Charles Vidor avait été tél qu’une des premières bombes atomiques lancées en 1947 sur l’atoll de Bikini portait son le nom de « Gilda », Rita Hayworth en sera très blessée. Mariée en premières noces en 1943 avec Orson Welles, le génie ombrageux tentera ensuite de casser le mythe en faisant de Rita Hayworth sa « Dame de Shangaï » en 1948 alors qu’ils sont en instance de divorce, sacrifiant ses longs cheveux roux pour une coupe de cheveux blonde et courte, provoquant la consternation des studios… En 1949, elle épouse le prince Ali Khan mais, croyant échapper aux lumières de Hollywood, elle se retrouve encore davantage surexposée à cause du train de vie fastueux et mondain de son prince play-boy de mari, Rita Hayworth divorce une seconde fois en 1953.
Mariée 5 fois, Gilda Hayworth, dont un des derniers rôles fut celui de Mara dans « La Route de Salina »  de Georges Lautner en 1971 (superbe sortie dans un film devenu culte ou qui devrait l’être…) est atteinte de la maladie d’Alzheimer dans les années 70, pathologie mal connue à l’époque. Ses absences et ses problèmes de mémoire sur les tournages sont alors fréquemment mises sur le compte de son penchant pour l’alcool et la maladie ne sera réellement diagnostiquée qu’au début des années 80… Née en 1918 à Brooklyn, Rita Hayworth s’éteint en 1987 à New York mais sera inhumée à Los Angeles. On les surnommait « La Belle et le génie », plus tard, Orson Welles dira d’elle  » Peut-être vivrai-je si longtemps que je finirai par loublier »…

villa Strassburger (photo ville de Deauville)
avenue Strassburger, DEAUVILLE 14800
Tél. renseignement visites : 02 31 14 02 02

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Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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