« In America », la nouvelle série (dramédie) OCS Signature

focus series Diffusion février 2014

Pitch

Deux hommes, deux beau-frères, que tout sépare, sont obligés de voyager ensemble de Paris à Las Vegas, un road-movie semé d'embûches et de gags.

Notes

Jeudi soir, Orange présentait au cinéma du Panthéon à Paris une avant-première de leur dernière série produite sous le label « OCS Signature » (création française originale). Trois épisodes (1, 3 et 4) de « In America », une série de dix épisodes de 26′, un format assez court qui fut inauguré avec des séries comme « QI » dont on passe la saison 2 en ce moment. L’équipe de la série, acteurs, réalisateur, a insisté sur la liberté totale qui leur avait été octroyée par la chaîne dans le processus de création, or, on se demande après la projection si un peu de rigueur n’aurait pas été souhaitable pour discipliner ce foisonnement d’idées pas toutes égales…

On en aura jamais fini du modèle du couple Perrin (ou Pignon)/Campana dans « La Chèvre » où deux individus, l’un égoïste et brutal, l’autre rêveur et gaffeur, sont obligés de se supporter tout le long d’une aventure commune, ce qui donne lieu à multe scènes de comique de situation, le spectateur étant d’abord en empathie avec le second, le faible, en quelque sorte… Ici, c’est le même schéma : David, un patron quadragénaire de PME spécialisée dans la repousse du cheveu, son entreprise en bord de la faillite, décide d’aller présenter lui-même son nouveau brevet d’un produit révolutionnaire au salon mondial du cheveu de Las Vegas. Sa soeur, Catherine, le supplie alors d’emmener Michel, son mari, vendeur de canapés, qui préparer depuis des années la « Sofa’World Cup », un concours de danse acrobatique sur canapé, la finale ayant lieu également à Las Vegas. Les deux hommes voyageront donc ensemble en n’étant d’accord sur rien…

Et aussi

Le générique de la série est ce que je préfère, tourné comme sur Instagram, la musique pimpante. Ensuite, on fait le va et vient à chaque épisode entre le voyage de David et Michel aux USA et des flash-backs explicatifs, comme la rencontre de Michel et de son épouse, Catherine, alors qu’elle venait acheter un canapé dans son magasin… A chaque épisode, un gag assez lourd misant essentiellement sur la sympathie que le spectateur aurait pour le personnage de Michel sauf que ça ne se fait pas en un jour(en un épisode), on le trouve d’abord vraiment tête à claques, puis, nettement plus supportable (en cela, on suit, sans doute, le cheminement du beau-frère, comme celui de Campana qui finira par être ému par Perrin…). Episode 1, son beauf va retrouver Michel dansant comme à Bollywood dans Central park à New York… Dans l’épisode 3, Michel ayant avalé la clé de la mallette de David qui contient les passeports, il atterrit dans un club gay SM où on trouvera « une solution » pour la récupérer… Plus intéressant, les flash-backs sur Paris montrant avant le voyage le quotidien de nos deux « héros » : des deux couples, en fait, c’est celui de Michel (présenté comme l’imbécile heureux) avec Catherine qui est le plus épanoui, du côté de David (l’homme « normal » avec des problèmes « normaux »), ça grince, il trompe sa femme qui lui reproche son manque de zèle pour avoir un enfant ensemble.

Pour être tout à faire honnête, je ne suis pas très cliente du genre comédie déjantée et préfère les thrillers… Tout comme dans « QI », l’histoire d’une ex-actrice de porno qui trouve l’extase dans la philosophie (saison 1), puis, dans la religion (saison 2), ce sont des séries sympa sans grande prétention que de jouer sur deux ressorts : le rire et l’émotion. Et des rires, je dois dire qu’il y en a eu tout le long de la projection de ces trois épisodes… Cependant, si je compare à « Lillyhammer », une comédie policière en 8 épisodes (plus longs, 45′ environ) qui vient de passer sur Canal+, on n’est pas au même niveau scénaristique, les séries françaises étant trop souvent focalisées sur un ou deux personnages centraux, les autres « passant les plats », ça n’aide pas ; dans « Lillyhammer », avec le héros, ancien mafioso installé en Norvège ayant gardé de « vieilles habitudes », c’est beaucoup plus subtil et intégré à la vie de tous les jours, par ailleurs, on vise plus large avec une galerie de portraits savoureux de Norvégiens qui vous fait mesurer « de l’intérieur » la différence culturelle entre les uns et les autres… Soit dit en passant,

le format de 26 minutes n’est-il pas un peu ingrat donnant une impression de trop ou pas assez?

 

Diffusion

« In America »
Série française de 10 épisodes de 26 minutes. Créée par Vincent Primault et Hédi Tilette de Clermont-Tonnerre

OCS CITY
en février 2014

 

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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