« Respire » : les amitiés dangereuses

focus film Mélanie Laurent, sortie le 12 novembre 2014

Pitch

Une nouvelle élève, Sarah, superbe et délurée, parachutée en cours d'année, devient la star du lycée et jette son dévolu sur Charlie, une jeune fille ravissante et discrète.

Notes

Le sujet n’est pas neuf, une écolière arrive en cours d’année scolaire et sème la zizanie dans les rangs bien rangés du lycée. Encore un film sur les émois adolescents, les années de lycée? Pas seulement, cela sert surtout d’arrière-plan. Sur l’arrivée d’un corps étranger qui va déstabiliser l’équilibre d’un groupe, d’une famille? Oui, c’est plutôt de cela qu’il s’agit. Mais Mélanie Laurent va plus loin : elle traite d’une relation sado-masochiste passionnelle entre deux élèves de terminale.

Sarah débarque en cours d’année scolaire, prototype de la fille cool et sexy, rapidement star de l’école, et jette son dévolu sur Charlie avec laquelle elle devient vite inséparable. Extérieurement, Sarah joue perversement avec Charlie, manipulatrice, limite sadique, tour à tour ange ou démon ; mais, dans les faits, Sarah n’est pas ce qu’elle affiche, dépitée que Charlie ait démasqué sa souffrance. Les deux adolescentes ont en commun des pères absents et des mères plus ou moins irresponsables ; La mère de Sarah est une alcoolique névrosée et violente que sa fille cherche à cacher en s’inventant une autre vie ; la mère de Charlie est une femme enfant qui s’effondre quand son mari claque la porte mais lui pardonne à chaque fois (première scène, le couple se dispute bruyamment, le père s’en va, la mère pleure), n’hésite pas cependant à s’envoyer en l’air avec un inconnu en vacances. D’une certaine manière, Charlie reproduit avec Sarah les schémas de souffrance de sa mère avec son père et Charlie la violence délirante de sa mère. Echappe-t-on jamais à la reproduction des schémas de souffrance?

Et aussi

Photos Gaumont

Photos Gaumont

Qui de la victime ou du bourreau est la victime? Le thème n’est pas nouveau mais fait toujours recette d’autant que Mélanie Laurent prend le partie de le relooker façon années de lycée, ce qui est assez bien vu car on ne parle pas assez souvent des vrais drames de la jalousie lors des amitiés fusionnelles adolescentes, surtout vivant en vase clos. Mélanie Laurent ose tout avec l’assurance qui la caractérise, au niveau du scénario, elle ne s’embarrasse pas de limites ; au niveau de la réalisation, elle se la joue un peu trop auteur cherchant un style avec des effets inutiles, le tout manquant parfois de simplicité. Le point fort : le casting! Isabelle Carré (la mère de Charlie), Claire Keim (l’amie de la mère) et les deux jeunes actrices que sont Lou de Laâge (Sarah) et Joséphine Japy (Charlie), deux tempéraments aux antipodes : la séduction compulsive et le feu sous la glace, l’une brûle, l’autre se consume…

Adapté du livre éponyme d’Anne-Sophie Brasme (succès interntional) qui avait fasciné Mélanie Laurent à l’âge de ses protagonistes, cette dernière (interview du DP), avoue avoir été sujette à des sarcasmes à l’école, puis avoir connu des pervers narcissiques, surtout des hommes, précise-t-elle (elle considère Sarah comme une perverse narcissique, s’identifiant davantage au personnage de Charlie).

Le film a été présenté en séance spéciale au festival de Cannes 2014 dans le cadre de la Semaine de la critique, il fut ovationné.

Notre note

(3 / 5)

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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