« Serena » : une femme de pique

focus film Suzanne Bier, sortie 12 novembre 2014

Pitch

A la fin des années 20, un couple passionnel, jeunes mariés, s'installe dans les montagnes sauvages de Caroline du Nord pour faire fortune dans l'exploitation du bois.

Notes

George Pemberton, beau et faible, tombe raide amoureux de Serena Shaw au premier regard. Femme dure et mystérieuse, Serena a perdu toute sa famille, enfant, dans l’incendie de leur maison, elle seule rescapée. Fin des années 20, tableau de  la Grande Dépression aux USA, George et Serena Pemberton, jeunes mariés, s’installent dans les Smokey mountains en Caroline du Nord avec l’intention de faire fortune dans l’industrie du bois. Une nature sauvage qu’ils démolissent en coupant les arbres, des ouvriers très pauvres qu’il exploitent et logent dans des cahutes, une ambiance très rude même pour les propriétaires. Serena, qui a grandi elle-même dans une exploitation forestière, possède l’expertise nécessaire et se montre l’égale de son mari, dirigeant l’exploitation d’une main de fer. Mais dès le début du film, on nous montre un personnage apparemment surnuméraire, une jeune femme, Rachel, qui a eu un enfant de George auquel il n’accorde pas grande importance.

L’arrivée de Serena a pertubé l’associé de George, Buchanan, jaloux, aux sentiments ambigüs, il s’apprête alors à le trahir. Serena, elle, se lie, car elle lui sauve la vie sur le chantier, à Calloway, un ancien repris de justice qui va lui servir d’homme de main, plus tard… Car Serena enceinte, fait une fausse couche, on lui annonce qu’elle ne pourra plus avoir d’enfant. Ce stimulus traumatique va amener Serena au bord de la folie mais n’a-t-elle toujours été sujette à un déséquilibre interne depuis l’enfance (l’incendie de la maison familiale, autrefois), sauvée quelques temps par un mariage passionnel et un projet de réussite professionnelle? Se souvenant que George a eu un enfant d’une autre femme, le drame est en marche…

 

Photos Paramount

Photos Paramount

Et aussi

J’étais très impatiente de voir ce film car j’adore ce genre d’ambiance années 20/30 avec ce couple somptueux interprété par Bradley Cooper et Jennifer Lawrence et cette violence partout sous-jacente qui va se retourner contre eux. Mais le film est figé, sec, beaucoup d’ellipses, peu de liant entre les scènes, le personnage de Serena prenant toute la place (c’est le titre) mais avec scénario qui rationalise trop son comportement. La radicalité de Serena « ce qui s’est passé avant (nous) n’existe pas » met pourtant en garde qu’elle éliminera tout ce qui fait de l’ombre entre elle et son mari, une femme de pique, presque une femme fatale au sens premier du mot. Dans ce cadre de vie difficile, la soif de passion et de pouvoir du couple va accélérer le cycle du malheur. L’histoire est mince qui voudrait montrer le délitement d’un couple dans l’adversité sans apporter de point de vue particulier que le destin qui frappe une femme forte à l’extérieur mais fragile psychologiquement. On est ici dans la semi-banalisation d’un portrait de femme au bord de la folie, une femme dangereuse qu’une étincelle peut embraser.  On aurait pu aller beaucoup plus loin mais je suppose qu’on voulait que le spectateur aime « quand même » ce couple. Un rôle antipathique pour Jennifer Lawrence très crédible et très belle.

Notre note

(3 / 5)

Mots clés:

Partager l'article

Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

Laisser un commentaire

Votre email ne sera pas publié. Remplissez les champs obligatoires (required):

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Back to Top