« Tête de turc » : les petits pardons

Pascal Elbé, sortie 31 mars 2010

Pitch

Dans une cité d'une banlieue sensible, un ado provoque une série de drames en blessant un médecin dont le frère est policier, soumis à un conflit : préserver son avenir ou soulager sa conscience. Mais dans les deux cas, la machine s'est emballée...

Ce soir au Publicis sur les Champs Elysées avait lieu l’avant-première officielle de « Tête de turc » en présence de l’équipe et des partenaires du film : Pascal Elbé, Roschdy Zem, Ronit Elkabetz, Laure Marsac, Valérie Benguigui,  Florence Thomassin, Warner, producteur du film, Europe 1, sponsor principal, la fondation Diane et Lucien Barrière qui récompense un film chaque année depuis onze ans, ici sous la présidence du réalisateur Radu Mihăileanu. C’est d’ailleurs par le groupe Barrière que j’étais invitée à cette soirée passée en l’agréable compagnie de mon Voisin blogueur (« Tadah! blog »). 

Film à la fois choral et focalisé sur le destin d’un ado de 14 ans, Bora, qui déclenche une série d’événements dramatiques en lançant une bombe sur la voiture du médecin urgentiste de la cité lors d’affrontements avec la police, puis, affolé par ce qu’il vient de faire, descend de l’immeuble pour le sortir des flammes… Le médecin en question passant trois jours dans le coma, se réveillant avec le risque de rester paralysé, son grand frère, flic de son état, cherche le coupable.
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photo Warner

Ce double geste de Bora n’arrange personne, la police arrête un de ses voisins, la maire de la ville veut décorer l’ado pour calmer le jeu, les mères de famille se lamentent, l’une parce que son fils est en prison, l’autre parce que le sien veut se dénoncer. Pire, des casseurs saccagent l’appartement de la famille de Bora à la fois coupable impuni et héros. Pour couronner le tout, le business de la drogue ne marchant plus avec la cité truffée de flics, une bande impose à Bora de prendre son petit frère comme mule à transporter de la drogue dans son cartable d’écolier. Pendant ce temps, un homme désespéré (Simon Abkarian le plus convaincant de tous) par la mort de sa femme, la faute à l’absence de soins de la part du médecin urgentiste qui n’a pas pu se déplacer, veut à son tour se venger.
 


photo Warner

Ce polar social et familial joue dès le départ sur les antagonismes culturels, les deux frères, le médecin et le flic, sont arméniens, Bora est turc, quant aux acteurs, Roni Elkabetz (ici dans le surjeu), actrice israëlienne de premier plan, interprète une mère turque dans la tradition des mères italiennes de la période néoréaliste genre Anna Magnani, Roschdy Zem, beur, joue un arménien, Simon Abkarian, d’origine arménienne, ne joue pas un arménien, etc… Malgré quelques tentatives réalistes, le début avec une arrestation musclée dans la cité, la voiture qui prend feu, l’appartement saccagé, quelques bandes assez floues, le film croule sous les bons sentiments  jusqu’à incorporer une histoire d’amour naissante entre le médecin victime et la mère de Bora. Pour sentimentaliser les rapports entre les deux frères déjà au beau fixe, le flic introverti se comporte comme un papa poule pour son frère médecin parce que jadis on l’a tenu responsable  de la mort d’un petit frère noyé… Mais, finalement, tout s’arrange, les petits pardons des offenses à tous les étages, ou presque… car la fin étant bâclée, non achevée, on aura le loisir de la terminer soi-même.
 


photo Warner

le comédien Pascal Elbé dont c’est le premier film en tant que réalisateur s’applique à coller des effets, comme ces horripilants écrans blancs brillants en insert, ces passages d’une histoire à l’autre en un plan débouchant sur un autre en miroir ou à peu près, ses tentatives maladroites de filmer dans la vitesse les événements violents, couper le son quand un protagoniste n’entend pas, bricoler quelques ralentis. Il aurait mieux valu faire simple, filmer simplement, sobrement, la référence à James Gray dans le dossier de presse est louable mais ça s’arrête là…
Une violence très allégée à la portée de tous, une dimension sociale aseptisée, des relations humaines et familiales idéalisées, des trahisons qu’on rachète, des conflits qui trouvent leur résolution, des blessés qui guérissent, l

e film est pavé de bonnes intentions et de ménagements pour le spectateur qui n’en sortira certes pas traumatisé, cette forme light de polar pas trop noir, filtré tout public, pourrait bien plaire…

site officiel du film…

 

Notre note

(2 / 5)

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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