« The Big knife » (« Le Grand couteau ») : drame hyperthéâtral

Robert Aldrich, 1955, sortie DVD 10 juin 2009
Pendant l’année 1955, Robert Aldrich tourne pas moins de quatre films dont « Kiss me deadly » (« En Quatrième vitesse »), son chef d’oeuvre, mais aussi « Vera Cruz » et « The Big knife » (« Le Grand couteau »). Adapté d’une pièce de théâtre, le film ressemble crucialement à… une pièce de théâtre, le jeu des acteurs, l’unité de lieu, les dialogues remplaçant l’action, les allées et venues des personnages jusqu’au coup de théâtre final larmoyant. Grande déception que ce film que je me faisais une joie de regarder, étant fan de « En Quatrième vitesse » et « What ever happened to Baby Jane? ».

Une star de cinéma, Charlie Castle, ne veut pas renouveler son contrat avec son cruel producteur Stanley Hoff, d’autant que son épouse Marion qu’il veut reconquérir l’a prévenu qu’elle divorcerait s’il rempile pour 7 ans avec Hoff. Idéaliste qui s’est vendu tout en conservant ses rêves, Charlie Castle veut retrouver sa liberté. Mais Stanley Hoff fait du chantage en menaçant de révéler au grand jour un drame du passé de Castle où, ivre au volant d’une voiture,
il a tué un enfant, l’acteur signe alors le nouveau contrat la mort dans l’âme.
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photo Carlotta

On voit bien où Aldrich veut en venir : taper un très grand coup sur le système Hollywoodien en décrivant la construction et l’éxécution d’une star de Hollywood, un trop grand coup sans doute car on nage dans le pathos et les états d’âmes tragiques de personnages brisés, alcooliques, déchus en proie à la logique impitoyable de profit des studios. Pour Stanley Hoff, Castle est une mine d’or, peu lui importe de briser son mariage, d’ailleurs le sien l’est aussi. L’agent de Castle, dépressif, est flanqué d’une épouse cupide et nymphomane. Marion Castle a quitté le domicile conjugal, hésitant entre se remarier avec le meilleur ami de son mari ou rentrer au bercail. Survient une pauvre fille trop bavarde, qui ressemble un peu à Castle dans le sens où elle veut dire la vérité que tout le monde cache, à la différence qu’elle est une actrice ratée, servant surtout d’escort girl aux studios qui vont essayer de l’éliminer….Le casting est décevant, Jack Palance et Ida Lupino (Charles et Marion Castle) sont assez ternes avec un jeu appliqué, très théâtral, formant un couple sans charisme. Seuls quelques seconds rôles sont brillants : Rod Steiger en producteur odieux blond platine et Shelley Winters en actrice ratée condamnée par sa sottise. Lourd et théâtral, le film aux arguments à la dynamite, n’explose jamais en explosant tout le temps et la tragédie finale laisse de marbre.

PS. Outre les deux soeurs ennemies de « What ever happened to Baby Jane? »

en 1962, Aldrich reprendra le sujet du cinéma à Hollywood en 1968 avec le magnifique et troublant « The Legend of Lylah Clare » avec Kim Novak. DVD éditions Carlotta avec présentation par Marc Cerisuelo. Sortie le 10 juin 2009.

 

Notre note

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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