« The Devil and Daniel Webster »: Faust aux champs

focus film William Ditierle 1941, sortie DVD 18 juin 2010

Pitch

Un jeune fermier à qui il arrive tous les malheurs, accepte de vendre son âme au diable en échange de sept années de fortune. Devenu le plus riche fermier de la région, cupide, adultère, l'échéance du pacte approche...

Jabez et Mary Stone, fermiers modèles, vivent modestement avec la mère de ce dernier quand les catastrophes naturelles se mettent à pleuvoir, les récoltes fichues, le cochon blessé, un renard dans le poulailler. Devant l’impossibilité de payer son loyer au propriétaire, Jabez accepte de vendre son âme au diable ou plus précisemment clame qu’il vendrait bien son âme quand le personnage du diable surgit pour lui proposer un pacte : son âme en échange de 7 années de fortune.

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photo Carlotta

Jabez signe et devient de plus en plus riche et cupide au fil des années, exploitant ses camarades fermiers devenus ses employés quand il a annexé leurs terres pour rembourser l’argent qu’il a fait mine de leur prêter. Le soir de la naissance de son fils, la domestique est remplacée par Belle, la fille du diable avec qui Jabez a une liaison, délaissant Mary, son épouse. Plus tard, Jabez construit une demeure superbe sur ses terres qu’il habite avec Belle tandis que Mary reste dans la petite maison.
 


Conte philosophique social, fantastique et poétique, on assiste à un drôle de mélange d’images issues de l’expressionisme allemand (d’un réalisateur allemand expatrié aux US) transplantées au sein du milieu rural, le thème de Faust à la campagne. Le fond patriotique, la déclaration d’amour à l’Amérique, pour le moins inattendus pour tenir compagnie à de ce mythe de Faust revisisté, prend les traits d’un homme politique populaire et humaniste, l’avovat Daniel Webster (qui a existé), en passe de devenir président de la république. A la fin du film, devenu carrément fantastique, sur le fond comme dans la forme, Daniel Webster plaidera la libération de Jabez de son pacte avec Satan devant un jury de damnés, fantômes de traitres et assassins prenant place dans un tribunal sous la férule du diable. L’argument qui convaincra les damnés de gracier Jabez sera le souvenir de l’amour de la patrie. Etonnant!
 

photo Carlotta

Wiliam Ditierle, réalisateur allemand, a fui l’Allemagne pour des raisons politiques, engagé socialement, il sera le porte-drapeau du mouvement anti-fasciste à Hollywood. Pour réaliser « The Devil and Daniel Webster », Ditierle crée sa maison de production en partenariat avec la RKO au même moment où Orson Welles tourne « Citizen Kane » (pour la RKO également). Les prises de position engagées de William Ditierle vont le conduire plus tard à figurer sur la « liste grise » du Mac Carthysme. Ruiné, il finira ses jours en Allemagne où il rentrera faire du théâtre. Pour interpréter Belle, la fille du diable dans « The Devil and Daniel Webster », William Ditierle engage la française Simone Simon, qui vient de tourner « La Bête humaine » avec Renoir et refuse « La Règle du jeu » pour  retourner à Hollywood où elle a déjà démarré une carrière auparavant, enchaînant ensuite avec « La Féline » (1942) de Jacques Tourneur. Le diable, lui, est interprété par le père de John Huston! « The Devil and Daniel Webster » changera plusieurs fois de nom (« Tous les biens de la terre », par exemple), de format, raccourci un peu, puis beaucoup (de plus de 20 minutes), on peut le voir aujourd’hui sur le DVD dans sa version intégrale.
 


photo Carlotta

 

DVD Carlotta, sortie 18 juin 2010.Bonus :
« Un Humaniste à Hollywood »
la version radiophonique de « The Devil and Daniel Webster »
« One against many » : film de William Ditierle (1956, 25′)

 

 

Notre note

(3 / 5)

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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