Wanda’s café » : excessivement 80

Alan Rudolph, 1985, sortie DVD 8 juin 2009


Dans la série « Les Introuvables » éditée par Wild side vidéo, il y a quelques pépites (« Electra glide in blue », par exemple, sorti en DVD à la même date) et d’autres curiosités pour amateurs du genre, comme ce « Wanda’s café », tourné par celui qui fut l’assistant d’Alan Parker et aussi une fois son scénariste, Alan Rudolph. Partant d’une chanson pour écrire ses scénarios, ici Rudolph choisit « Trouble in mind » de Marianne Faithfull qu’on entend dès le générique. Pourquoi l’égérie des Stones du Londres des années 60 dans un film excessivement années 80 qu’on pourrait dater depuis la première image, pour la nostalgie, son come-back dans les années 80?
Quoiqu’il en soit, le film est stylisé, coloré, outré, très daté, hybride entre la comédie burlesque, un zeste de comédie romantique et des clins d’oeil lourdingues, myopes, au film noir, comme le choix du travesti Divine, connu plutôt chez John Waters, dans le rôle d’un caïd ou cette métamorphose de Keith Carradine de hippie triste en truand mi-clown mi-punk. Un film noir dénaturé à la lumière crue des eighties célébrant le profit et l’individualisme, l’anti-naturel et les teints livides maquillés à la truelle.

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photo Wild side vidéo

Dans le bar de la nostalgique Wanda (Geneviève Bujold), ancienne séductrice, se croisent tous les paumés de la terre, ainsi, Hawk (Kris Kristofferson), son ancien amant, ex-flic qui vient de sortir de prison, teigneux, ténébreux, sans scrupules. Pendant ce temps, un couple de hippies, Coop (Keith Carradine) et Georgia, décide de revenir en ville pour gagner de l’argent et élever correctement leur enfant. Coop va rapidement être embringué dans la maffia locale et subir une transformation physique grotesque, le beau hippie devient un punk d’opérette, maquillé un peu comme David Bowie pour « Ziggy Stardust », le trip décadent en moins, les cheveux gominés à la glue. Wanda recueille alors Georgia…
 


photo Wild side vidéo

Le film a un style qu’il faut aimer, ce serait même apparemment le but de l’entreprise, fabriquer un film stylé et stylisé, un film qui ne ressemble pas aux autres, un film hanté par l’univers de la musique, sans doute, avec ses néons et ses personnages irréels qu’on dirait tirés d’un livret d’opéra, d’opérette. Cette volonté extrême d’originalité gomme le sujet qui n’intéresse pas grand monde, pas plus le réalisateur que le spectateur, d’ailleurs, quel est-il excepté les errances des personnages, comme on dit, le passage des années 70 aux 80, des hippies aux dandys punks, des utopies libertaires au matérialisme, peut-être… Ni parodique ni réaliste, un peu tout et rien à la fois, le film mise sur le ton, l’ambiance, l’hyperstylisation, la forme, en deux mots.
 

DVD Wild side vidéo, collection « Les Introuvables » (disponible à la FNAC).
Bonus : regard sur le film par Jean-Baptiste Thoret (ça donne quelques pistes). Sortie 8 Juin 2009.

 

Notre note

(2 / 5)

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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