« 500 Days of Summer » (« 500 Jours ensemble ») : calendrier en bleu

Marc Webb, sortie 30 septembre 2009
J’ai vu ce film en juillet que j’avais trouvé particulièrement toc, et quel n’a pas été mon étonnement de voir que ça devenait, chemin faisant pendant l’été, le film tendance de l’année « emblématique d’une génération » comme j’ai pu le lire ici et là dans la presse… Du coup, je n’ai pas publié cette critique écrite en juillet, à quoi bon aller en sens inverse de la marche… Comme le film sort cette semaine, allons-y de ce contre-avis…

 

    


Que tirer de ce film, catalogué hâtivement comédie romantique, que j’ai trouvé non seulement d’un vide  abyssal mais surtout gnan-gnan (ça se dit encore gnan-gnan?) au point que ça en devient de la provoc… Sur le fond, une idée unique pas bête car en phase avec l’époque : la comédie romantique à l’envers (ça devient un drame sentimental), le sujet n’est pas la rencontre mais la rupture. Sur la forme, une seule idée omniprésente : le calendrier aléatoire qu’on va supporter tout le long du film avec affiché le jour n° tant, donc, un calendrier qu’on ne va pas feuilleter dans l’ordre chronologique mais qu’importe… puisque le sujet m’échappe… hormis la complaisante complainte autobiographique d’un homme plaqué par une petite amie qui l’avait prévenu dès le départ qu’elle ne croyait pas à leur histoire.
Posé le coup de foudre, les relations unilatérales (surtout des conversations), il l’aime à la folie et elle l’aime bien, c’est tout, le reste est du remplissage avec beaucoup de cabotinage. Apparemment, on mise sur le regard rond et bleu de Zooey Deschanel qui me fait penser à une certaine Shannen Doherty de la décennie précédente, mignonne tout plein et pas trop de dons pour le métier d’actrice à proprement parler, son partenaire, Joseph Gordon-Levitt, n’étant pas tellement plus naturel (je ne l’avais même pas reconnu, ne l’ayant vu auparavant que dans le film choc aux antipodes « Mysterious skin »). Ce qui frappe dans ce film, si l’on peut dire qu’on soit frappé… c’est l’absence de naturel, les plaisanteries sont surlignées, genre ici humour on rit, les copains font de la figuration, les acteurs se la jouent sans jouer juste. Cerise sur le plat gâteau, soudain, non, on ne cauchemarde pas, la première dame de France sur la BO, Carlo Bruni-Sarkozy en français dans la VO psalmodie quelqu’un m’a dit, SOS!!!
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photo Fox

Pitchons : un jeune architecte confiné dans une entreprise de cartes de voeux tombe amoureux d’une ravissante nouvelle recrue, Summer. Cet été indien va durer 500 jours (titre du film) pendant lesquels leur principale activité est le bavardage pour ressasser, lui, qu’il l’aime, elle, qu’elle n’y croit pas, du moins avec lui. Pendant ce temps, les copains transparents ricanent ou compatissent, la petite soeur surdouée donne des conseils (sans doute le désir de reproduire la géniale petite fille de « Little miss sunshine »).
 


photo Fox 

J’ai revu récemment sur le câble « Sans Sarah, rien ne va », une comédie ne payant pas de mine, plutôt formatée, mais dont je me disais pendant la projection hier de ces 500 Jours que, par comparaison, voilà un film qui avait un solide scénario, deux comédiens désopilants, beaucoup d’auto-dérision, de l’action, du rythme, sur exactement le même thème : la rupture, elle s’en va, il en bave. Je ne pensais pas porter un jour aux nues cette comédie américaine sans prétention que commerciale, mais quelle différence de moyens et pas seulement matériels!Pour ceux qui prisent les gros plans de Zooey Deschanel, son regard bleu (le film focalisé sur le bleu serait destiné à la mettre en valeur, d’après ce que j’en ai lu), son sourire, et tout le reste, que le seul mot rupture met immédiatement en position d’identification et d’empathie avec le sujet, pourquoi ne pas y faire un tour ruminer sous la clim du cinéma un jour de canicule, pour ma part, une seule chose m’a amusée, la dédicace du générique du début du film…

 

A noter que ce film, qui a certainement des qualités cachées, a été présenté au festival de Sundance et au festival du cinéma américain de Deauville du 4 au 13 septembre 2009. 

 

     
Shannen Doherty années 90, Zooey Deschanel années 2000
 


 

Notre note

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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