« Balle perdue » : été meurtrier

Georges Hachem, sortie 23 novembre 2011

Pitch

Fin de l'été 1976, Beyrouth. Noha est sur le point d'épouser un homme qu'elle n'aime pas afin de ne pas rester vieille fille. Mais Noha aime toujours Joseph. Quinze jours avant ses noces, elle change d'avis et décide de ne plus se marier.


Ce film décrit une période d’accalmie au Liban quand les habitants croient, espèrent, que la guerre est finie. une guerre qui occupe cependant toutes les mémoires, on le verra dans une scène où, soudain, alors que rien ne s’y prête, chacun se met à raconter ses souvenirs traumatiques de la guerre. Bien que le film soit d’abord un portrait de femme dans une société où il n’est pas de bon ton de rester vieille fille. Noha en sait quelque chose que sa famille presse de saisir « une dernière chance » de se marier avec Jean, un homme assommant qu’elle n’aime pas ; une famille traumatisée par le célibat de la soeur aînée, Leila, provoqué par une colère de leur frère, Assaf, qui a découragé le prétendant. Mais Noha aime toujours Joseph qui s’est laissé convaincre par une mère abusive de renoncer à elle. Pourtant, Noha revoit Joseph en cachette quelques jours avant la date du mariage.
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photo Cinéclassic

Cette rencontre entre Noha et Joseph aboutit à un drame, ce dernier arrêté dans la campagne par une milice et on touche là aux carences d’un film qui a trop peu de moyens, on apprend vers la fin d’une phrase par hasard ce qu’est devenu Joseph mais pendant tout le reste du temps, il a disparu du champ. Une fin de film un peu « rajoutée », sans doute pour radicaliser la tragédie de Noha, qui n’est pas sans rappeler la fin de « L’Eté meurtrier » avec Isabelle Adjani. Car d’une ambiance assez légère, toutes proportions gardées (Noha avec une amie, ses nièces, les discussions entre femmes), le récit bascule (chute) brusquement dans le drame absolu, sans fluidité, un récit lacunaire où « il manque des morceaux ».
 


photo Cinéclassic

En contrepoint de ce portrait de femme pleine de vie et volontaire, fauchée par une somme d’événements qu’elle ne peut pas affronter, on a le portrait du frère, homme colérique et tyrannique, qui fait le malheur des siens en croyant faire son devoir. Nadine Labaki (« Caramel ») est magnifique et ce film émouvant (donnant une idée de l’état d’esprit d’une société ébranlée par la guerre qui essaye de vivre malgré tout), mais trop court, bancal, un peu « bricolé », lui doit beaucoup.
 

Notre note

(3 / 5)

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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