« Bonjour tristesse » / sortie DVD

focus DVD Otto Preminger, 1958, sortie DVD 23 novembre 2016

Pitch

Un an après un été dans le sud dont elle garde un souvenir merveilleux, Cécile s'étourdit à Paris, le cerveau assombri par un passé coupable.

Notes

Une adolescente odieuse et capricieuse, un père immature et séducteur, Cécile (Jean Seberg) et Raymond (David Niven), américains installés à Paris, s’étourdissent, en tenue de soirée, de conquêtes faciles et de sorties, boîtes de nuit, dîners, soirées. Complicité, qu’on trouverait aujourd’hui très ambigüe, du père, veuf depuis deux ans, et de sa fille, à qui il passe tout. Puis, l’été, on se déplace dans le sud, luxueuse maison de location au bord de l’eau avec service, voisins aussi riches qu’eux. Pour tous la vie est une fête effrénée où l’on se fait croire qu’on s’amuse, où l’on se persuade d’aimer quelqu’un qu’on quitte pour un autre le lendemain. Une seule peur fédère tous ces protagonistes qui les fait courir sans cesse : celle de l’ennui. Soudain, la meilleure amie de la mère de Cécile débarque. Raymond s’en éprend, chassant de son lit sa conquête du moment. La fête est finie et Cécile, jalouse, va provoquer un drame…

"Bonjour tristesse" (photo Carlotta)

« Bonjour tristesse » (photo Carlotta)

Et aussi

Portrait d’une micro-caste désœuvrée qui s’épuise à faire semblant de s’amuser, courant de fêtes en dîners et vernissages le soir à Paris ; les mêmes passant leurs vacances dans le sud (on voit ici le port de Saint Tropez et le casino de Monte-Carlo ou Nice), à mimer le repos le jour, entre gueule de bois, bronzage et ski nautique, mais enchaînant vite les sorties nocturnes, les virées au casino  les dîners en terrasse et les aventures avec les mêmes protagonistes qu’à Paris transportés sur la côte d’azur. En filigrane, le spectre de la fin de la jeunesse insouciante pour Cécile, préparant mollement son bac, orpheline, élevée par un père immature et séducteur qui se comporte en copain et qu’elle appelle par son prénom.

"Bonjour tristesse" (photo Carlotta)

« Bonjour tristesse » (photo Carlotta)

Le surjeu est de rigueur : à la demande du réalisateur? Voulait-il faire une parodie, voire un procès, de ce microcosme horripilant en mettant des points sur les i de manière à ce que le spectateur ait du mal à supporter tous ces personnages caricaturés à l’excès? Hormis Deborrah Kerr, au rôle austère qui l’autorise à livrer une prestation conventionnelle (à peu de choses près), tous les acteurs surjouent et minaudent. Le film est plus démodé plus que daté, figé, sophistiqué, sans aucune nuance. Comme tout le monde connaît le livre de Sagan et admire Preminger, on en vient à se demander pourquoi on est l’objet de cet agacement de chaque minute?

Preminger sait filmer ces paysages si photogéniques et ces robes trop habillées ; cette scène sur le port de Saint-Tropez, envahi par les invités d’une fête (ou d’une boîte de nuit en plein-air), où tout le monde danse ensemble comme dans une comédie musicale est sans doute la clé des intentions foncièrement non réalistes du réalisateur. Leur vie est une fête… Triste et alcoolisée…

 

 

 

Notre note

(2 / 5)

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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