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« Borgia », la série choc de la rentrée 2011 Canal+ : un pape, « parrain » de la Renaissance

diffusion Canal+ le 10 octobre 2011

Pitch

1492, L'Italie est divisée en 10 états qui se font la guerre (Milan Naples, Rome, etc..), l'ensemble sous la menace de la France et des musumans de Turquie. le pape Innocent VIII n'en a plus pour longtemps. Le cardinal Borgia, vice-chancelier du Vatican, père de nombreux enfants illégitimes, espère prendre sa place.


J’ai pu visionner les 4 premiers épisodes de la série « Borgia » (vivement la suite!) qui risque bien de frapper fort à la rentrée sur Canal+, un peu comme « Les Rois maudits »

en leur temps (on trouve encore le DVD de la série d’origine avec Jean Piat) mais avec une liberté de ton et de ce qu’on peut montrer qu’on n’avait pas autrefois. Le scénariste Tom Fontana  a comparé dans une interview la vie du clan de Rodrigo Borgia, élu pape Alexandre VI en 1492, à la saga du « Parrain », les intrications mafieuses et familiales avant l’heure…. avec, en plus, les magouilles politiques et les moeurs violentes et dépravées de l’époque, soit le début de la Renaissance… Une précision : oui, il y a deux séries sur la famille Borgia, l’une, « Borgia », est une création originale française de Tom Fontana produite par Canal et Lagardère, l’autre, « The Borgias »*, une production américaine de la chaîne Showtime qui avait notamment produit la série « Les Tudors ». Etrangement, il semble que Canal, bien que diffusant « Borgia » pour ses abonnés en octobre 2011, ait également acheté les droits de la série américaine pour une diffusion ultérieure sur une chaine du groupe. Revenons donc à la série française réalisée en anglais avec un casting international.
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Episodes 1/2 : « 1492 » et « Ondate di calore »

Cesare Borgia, élève séminariste à Pise, se flagelle au pied d’un autel. Ange et démon, Cesare n’a de désir que pour Rome, rêvant de diriger un jour Rome afin de lui redonner son lustre d’antan, obligé par son oncle, le cardinal Rodrigo Borgia, de devenir prêtre. Un oncle qui est en vérité son père et le père de 7 enfants parmi lesquels Cesare, Juan et Lucrèce dont il a répudié la mère

, Vanozza Catanei, qui fut sa maîtresse dix ans durant. Apprenant qu’un autre de ses fils illégitimes a été assassiné en Espagne, Borgia, d’origine catalane, qui s’entendra traiter toute sa vie à Rome de « catalan », d’étranger, est accablé. Il demande à Lucrèce d’habiter avec lui sous le toit d’Adriana, la mère de sa nouvelle et très jeune maîtresse, Giula Farnese (elle aurait eu 15 ans et Borgia 58 ans), mariée à un homme de la seule branche désargentée du clan Orsini qu’on expédie en province. Car les familles Orsini, Colonna, ennemies mortelles, règnent sur Rome et Borgia veut que sa famille en soit aussi.Afin de faire nommer son fils Juan Borgia duc de Gandie pour succéder à son fils assassiné, Borgia manigance : il fait d’abord nommer cardinal, qui siègera avec lui au Vatican, un séminariste ami de Cesare à Pise, le jeune Giovanni de Medici, 16 ans, ce qui lui permet de faire voter le consistoire et pour Juan et pour la nomination de Cesare comme archevêque de Valence malgré son âge. Mais les débuts de Juan et Cesare sont un fiasco : le premier couche avec la femme du patriarche Colonna qui la tuera ensuite en la battant à mort en représailles, le second, irascible et sanguinaire, ne contrôle pas sa violence. Une affaire va les réunir : déjouer un complot contre le pape dont on a modifié le testament sur manigances de son fils et le cardinal Borgia veut qu’il vive assez longtemps pour retrouver le précédent testament qui lui est favorable.

Une vague de chaleur, une épidémie de fièvre, une sorcière prédit à Cesare Borgia qu’il va avoir 5 morts proches de lui. Lorenzo de Medici, père du petit cardinal de seize ans, meurt le premier, puis, le pape… Giula Farnese, jalouse de Lucrèce, demande à Borgia de la marier pour l’éloigner, on lui présente Don Gaspare, un aristocrate espagnol qu’elle trouve d’abord arrogant. Un certain Castanea, l’homme de main payé pour empoisonner le pape, est éxecuté sur la place publique au lieu des vrais coupables, la scène est d’une violence extrême.

Borgia a un ennemi de poids au Vatican : le cardinal della Rovere qui le déteste, les deux hommes en viennent aux mains dans l’enceinte-même du Vatican.


photo Canal+

 


La série prend son temps pour présenter les nombreux personnages, leur parenté, légitime ou non, entre eux, et, surtout, brosser le portrait psychologique des enfants du cardinal Borgia : Cesare Borgia « la bête et l’archange », comme il se définit lui-même, Juan le séducteur trivial, Lucrèce, la révoltée romantique. Les moeurs de l’époque ne sont pas occultés : les cardinaux ont des enfants, s’étripent entre eux, les femmes mariées des amants sous le nez de leurs maris, on tue, on massacre sur un coup de colère, on se goinfre, on partage les prostituées pour traiter une affaire. Pas plus que les fils des grands ont la vocation pour entrer de force dans les ordres, les filles n’ont d’inclination pour les  maris qu’on leur impose, tout est contrat et intêret (un homme ne vaudra jamais son poids en or »), la vocation et l’amour seraient donc des créations contemporaines?
 


Episodes 3/4 : « A Sacred wow » et « The Wisdom of Holy spirit »
Les deux épisodes suivants racontent l’interminable conclave pour élire le nouveau pape après la mort d’Innocent VIII dont on découvre qu’outre sa vie dissolue, son fils installé à demeure au palais pontifical, il vendait des postes de cardinaux pour renflouer ses caisses. Borgia, vice-chancelier, nomme alors pour le conclave des cardinaux électeurs avec son ennemi juré, le cardinal della Rovere, chacun essayant de caser des noms qui leur seraient favorables, les deux espérant être élus pape.

C’est assez passionnant de participer, comme de l’intérieur, aux tractations et tentatives de corruption des uns envers les autres, chacun représentant en sous-main un des dix états italiens qui se détestent… Enfermés, coupés du monde, les cardinaux électeurs se déchirent et se vendent au plus offrant, Borgia, fin stratège, n’arrivant pas à convaincre ses pairs qu’il sera un futur pape réformiste et vertueux, finira par y laisser toute sa fortune pour payer son élection. En parallèle, Cesare est retourné au séminaire de Pise où, violent, parano, terrorisé par la colère de son père, il commet un infanticide. Lucrèce, amoureuse de son fiancé Don Gaspare, est expédiée à la campagne pour ne pas nuire à l’élection de Borgia, tombant malade, sa mère l’enlève et la ramène à Rome pour la soustraire à un exorcisme. L’invasion de Rome par Naples donne un coup d’accélérateur à l’élection du pape, Rodrigo Borgia, élu à l’arraché après multe tours de scrutin, choisit le nom d’Alexandre. Tout est à présent en place pour le règne scandaleux du pape Alexandre VI.


photo Canal+

 

Diffusion :
« Borgia », série créée par Tom Fontana
sur Canal+ à partir du 10 octobre 2011 en prime time/20h50
12 épisodes de 52′
 


Cesare Borgia (1475-1507)

* « The Borgia »s, production US diffusée actuellement sur la chaîne américaine payante Showtime, met en scène le comédien Jeremy Irons qui interprète Rodrigo Borgia.

 

Notes (d’après Wikipédia) :Rodrigo de Borja, né le 1er janvier 1431 à Xàtiva (Royaume de Valence, Espagne), mort le 18 août 1503, est devenu Rodrigo Borgia après son arrivée en Italie, élu pape sous le nom d’Alexandre VI de 1492 à 1503.

Rodrigo de Borja est le neveu et fils adoptif du pape Calixte III (Alphonse de Borja). En 1456, âgé de vingt-cinq ans, il est nommé archevêque titulaire de Valence et cardinal par son oncle puis, l’année suivante, fait vice-chancelier de l’Église romaine (le poste le plus élevé du Saint-Siège après le pape, jusqu’alors il n’y avait pas de chancelier). En 1468, douze ans plus tard, il est ordonné prêtre. Le 11 août 1492 il est élu pape à la majorité canonique des deux tiers des cardinaux réunis en conclave.

En 1494, un parti de prélats, à la tête duquel se trouve le cardinal Giuliano della Rovere ( le futur pape Jules II), tentera, sans succès, de faire déposer le pape Alexandre VI.

 

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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