« Cowboys & aliens » (« Cowboys & envahisseurs ») : un téméraire mariage des genres

Jon Favreau, sortie 24 aout 2011

Pitch

en 1873 en Arizona, un hors la loi dont la tête est mise à prix se retrouve seul dans le désert, amnésique, un étrange bracelet au poignet. Bientôt, des événements inquiétants font craindre à la population de la ville d'Absolution une menace d'ennemis venus d'ailleurs.

Pitch.
en 1873 en Arizona, un hors la loi dont la tête est mise à prix se retrouve seul dans le désert, amnésique, un étrange bracelet au poignet. Bientôt, des événements inquiétants font craindre à la population de la ville d’Absolution une menace d’ennemis venus d’ailleurs.
Ce qui m’a tentée dans ce film : Daniel Craig en haut de l’affiche et la dimension western, le volet aliens me passant au dessus de la tête. Mais j’ai été agréablement surprise car le film (surtout la première partie) prend un parti très avisé : ne pas faire du western parodique mais « y aller à fond » dans le western et ça le fait. Un homme se réveille dans le désert, blessé, amnésique, un bracelet métallique au poignet, 3 cow-boys à cheval viennent le titiller, il leur fait mordre la poussière en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Savoureuse première scène, on comprend qu’on va passer des bons moments… D’autant que cet homme est un cow-boy solitaire virilissime, brute bornée aux muscles sculptés hâlés et regard bleu glacier, il s’appelle Jake Lonergan (Daniel Craig), sa tête est mise à prix, sauf qu’il ne se souvient plus de son nom. Et il arrive en ville, à Absolution, un nom prédestiné…
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photo Paramount

Arizona 1873, l’austère ville d’Absolution vit dans la crainte d’un grand propriétaire de bétail, le colonel Dolarhyde (Harrison Ford), homme cruel et brutal dont le fils Percy est un fruit sec qui frime en ville en tirant sur tout ce qui bouge, provoque Doc, le patron du saloon, par méchanceté, oisiveté. Mais avec l’arrivée de Lonergan à Absolution, Percy va plonger, évidemment… Ne sachant pas à quoi sert son bracelet, ne pouvant pas le retirer, Lonergan fait avec. Mais une jeune femme étrange, trop jolie, va le repérer et tente de se rapprocher de lui… Cette femme, c’est le lien improbable avec les improbables aliens que va mettre en scène le film mais ce sera pour plus tard. Des évènements étranges se produisent, sous l’impulsion d’un vaisseau spatial ou assimilé qui émet des éclairs, le bétail du colonel prend feu, par exemple. Malgré leurs antagonismes, après pas mal de péripéties, Lonergan et le colonel vont partir ensemble en croisade pour lutter contre les aliens. C’est la seconde partie du film, beaucoup plus casse-gueule car on va montrer à l’écran ces fameux aliens aux allures d’insectes obèses visqueux, pas terrible, mais à ce point du film le spectateur est suffisamment « chaud » pour prendre le virage et accepter cet accouplement contre-nature (idée aussi insensée que de trouver un lien entre les soucoupes volantes et les profanateurs de sépultures dans « Plan 9 from outer space » d’Ed Wood) : des ET dans un western.
 


photo Paramount

Tous les éléments incontournables du western sont en place, le shérif, le saloon, le gros propriétaire de cheptel, le hors la loi charismatique dont la photo est placardée « Wanted » avec la promesse de prime, la bande de pilleurs de digilences. De surcroît, ici, on a pas hésité à mettre le paquet en affublant Lonergan
d’une femme aimée qu’il a perdue, comme on avait osé dans « ses » James Bond (la première fois qu’un James Bond tombait amoureux et vengeait sa femme, c’était dans les deux films avec Daniel Craig « Casino royale » et « Quantum of solace »). C’est d’ailleurs de la femme aimée que viennent les ennuis de Lonergan dans « Cowboys & aliens » : pour l’amour de sa fiancée, Lonergan avait plaqué sa bande de voleurs, dérobant leur dernier butin… Il ne s’en souvient plus mais des images de la jeune femme lui reviennent en flashes. Pendant une grande partie du film, hormis quelques catastrophes inexpliquées, seul le bracelet en métal de Lonergan (et la femme étrange qui lui tourne autour, semblant, seule, savoir à quoi il sert) annonce la menace des ET. Là où c’est vraiment too much, c’est d’avoir osé rajouter des indiens, en contre-emploi, qui vont aider les cowboys à combattre les ET, trop c’est trop… Quand on a affaire à la triplette cowboys/aliens/indiens, on est tombé en plein délire scénaristique assumé mais le rythme du film, son habile crescendo, son casting haut de gamme, fait passer l’impossible mariage à trois, l’indigeste cocktail. Osé et ludique à une époque où Hollywood s’en tient frileusement à tourner des suites de succès patentés… 


photo Paramount


PS. Film vu en projection presse le 21 juillet/embargo demandé  par le SP jusqu’au 29 juillet.

 

Notre note

(3 / 5)

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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