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« Danny Collins » à Deauville, le retour flamboyant d’Al Pacino

focus film Dan Fogelman, sortie?

Pitch

Star viellissante du Pop-rock guimauve, Danny Collins a tout sauf l'essentiel, las de cette vie artificielle. Quand on lui offre une lettre de John Lennon de 1971, il se souvient de ses rêves de jeunesse...

Notes

L’idée clé du scénario est piquante : 40 ans après une carrière de crooner star de Pop-rock guimauve, Danny Collins reçoit en cadeau d’anniversaire de son manager et meilleur ami, Frank, une lettre que John Lennon lui avait adressé à ses débuts en 1971, le mettant en garde contre les dérives de la célébrités. Dans le générique de fin, le réal donne ses sources, un article de journal sur une lettre de Lennon retrouvée 34 ans après sa mort, il est parti de là.

1971, le jeune Danny Collins donne une interview, lui, terrifié, le journaliste emballé qui lui promet la célébrité. 2014, rituel de Danny Collins avant d’entrée en scène : deux lignes de coke, de l’auto-bronzant sur le visage, du colorant sur des cheveux blancs, une ceinture abdominale pour effacer le ventre et un grand verre de scotch, tout est dit. Concert avec des chansons niaises comme son hit ‘Baby doll », vieilles dames surexcitées au premier rang, groupies qui ont vieilli avec lui, Danny Collins joue le jeu d’autant qu’il a train de vie fastueux, que ses tournées sont une machine a cash.

Retour chez lui dans sa somptueuse maison, sa future quatrième épouse, bimbo cocaïnée de 25 ans, le trompe avec un grand dadais de son âge.

Mais la lettre de Lennon a renvoyé Collins à ses rêves de jeunesse, 30 ans qu’il n’écrit plus ses chansons lui-même. Direction un patelin du New Jersey pour retrouver l’inspiration où il investit un petit hôtel Hilton dans une bourgade tranquille. Car le fils qu’il n’a jamais vu habite près de là…

Et aussi

On aurait pu traiter ce film comme un drame, ce qu’il est au superlatif, le naufrage de la vieillesse, le bilan d’une vide vide, la perte des illusions de jeunesse, les mariages ratés, une carrière de marionnette ridicule chantant ce qu’on veut entendre, un produit, voilà ce qu’est devenu Danny Collins. On y ajoute l’excès de maladies diverses qui affectent la famille retrouvée du fils abandonné, fruit d’une relation d’une nuit avec une fan dans les brumes de la défonce.

Tout est trop dans ce film, Al Pacino, en fait des tonnes mais il est génial quand même, on est dans une dramédie ultra-parodique. Pire, un drame qui devient conte de fée des retrouvailles, la relation de Collins avec une femme de son âge (manager de l’hôtel), sa rédemption en faisant le bien.

Mais la BO, c le nirvâna garanti : John Lennon d' »Imagine » (1971) à « Instant Karma » (1070) en générique de fin…

PS.

Je sortais de la salle quand le « tube » de Lennon m’a clouée sur place, tombé, sidérée, sur un fauteuil du premier rang, les yeux clos, projetée dans une autre vie : les mois de juillet à Southampton pour apprendre l’anglais, de la classe de quatrième a la terminale, cette intro majestueuse et énergique d' »Instant Karma » dans les boîtes de nuits non autorisées, les courses sur les docks pour échapper aux bandes skinheads, l’insouciance, l’inconscience, les virées à Carnaby St à Londres, la Mecque hippie, le paradis. Des seventies aujourd’hui cultes ( et pour cause, cette « parenthèse enchantée » fait rêver), pour ceux qui l’ont connue, on se s’en remettra jamais…

Notre note

4 Stars (4 / 5)

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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