« La danseuse » : la performeuse et la danseuse

focus film Stéphanie di Giusto, sortie 28 septembre 2016

Pitch

La vie et la la carrière de Loïe Fuller, performeuse américaine, considérée comme danseuse, au début du siècle dernier...

Notes

Le sujet est intéressant : la vie de Loïe Fuller, américaine excentrique qui conquit le Paris Art Nouveau avec un show de plus en plus sophistiqué où elle se mettait en scène dans des kilomètres de tissu blanc éclairés par des spots de couleur. Harassée par le poids du tissu et du dispositif, la rétine brûlée par les lumières, consciente qu’elle n’est pas une vraie danseuse même si elle finit par se produire à l’opéra de Paris, la salle pleine, sous les ovations. Quand une intrigante nommée Isadora Duncan vient faire partie de son « corps de ballet », la performeuse reconnaît immédiatement la vraie danseuse. Malgré que le spectateur puisse y voir une relation masochiste quand elle l’engage, (le Comte qui l’a lancée et que, ruiné, elle entretient, lui dit « vous ne pourriez pas vous faire plus de mal »), Loïe Fuller aime Isadora Duncan pour deux raisons : son admiration sincère pour la danse, la vraie, et son attirance pour les femmes, la beauté gracile de sa rivale, sa façon de se mouvoir,  l’ont séduite.

"La danseuse"

« La danseuse »

 

 

 

 

Et aussi

On peine à imaginer ce qu’un Xavier Giannoli aurait tiré d’un sujet pareil, lui qui a fait de « Marguerite », sur un thème un peu similaire, une chanteuse qui qui chante faux et s’obstine toute sa vie jusqu’à en mourir, un chef d’œuvre…

http://www.cinemaniac.fr/marguerite-passion-sans-retour/

Ici, c’est laborieux et douloureux pour la fausse danseuse comme pour le spectateur, le scénario est bancal et Soko, dans sa performance extravertie d’actrice-interprète, ne peut pas porter tout le film sur ses épaules, c’est le cas de le dire. Isadora Ducan qui eut elle-même un destin tragique est à peine effleurée, interprétée par la jeune Lili-Rose Depp, transparente. Demeurent deux très bons acteurs, Gaspard Ulliel (le comte) et la subtile Mélanie Thierry (l’assistante de Louïe), tout en retenue et en expressivité si « parlante ».

C’est peu dire qu’on s’ennuie, les lenteurs du film en rajoutant, et ce sont pas les 4 saisons de Vivaldi, utilisées par la plupart des répondeurs téléphoniques, dénaturées, pas plus que le confort des fauteuils en cuir blanc de l’hôtel Royal Monceau (projection bloggers organisée par l’agence Waytoblue) qui vont réveiller le spectateur qui le verra en salles…

Curieux : la plupart des bloggers invités ont aimé ce film dont certains l’avaient déjà vu à Cannes où il était sélectionné cette année dans la section Un Certain regard.

Annexe

Loïe Fuller

Loïe Fuller. La vraie…

image

Isadora Duncan. La vraie…

 

Notre note

(1,5 / 5)

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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