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« Gangster squad » : LA superficial

Ruben Fleischer, sortie 6 février 2013

Pitch

LA 1949. La ville est sous l'emprise du truand Mickey Cohen qui contrôle les paris clandestins, la drogue, la prostitution. Une unité d'élite du LAPD va attaquer Cohen avec ses propres méthodes en se comportant comme des gangsters.


En deux mots, le casting est magnifique mais le film est trop lisse sous les habits du polar noir dont il n’a que les signes extérieurs. Un simili-film noir qui n’a pas intégré les bons codes internes, fut-ce pour les détourner. Le choix du ludique « de temps en temps » alternant avec des pics de violence isolés, eux-mêmes en antagonisme avec les bons sentiments (double happy-end) de personnages stéréotypés, le côté chorégraphié des gunfights (avec ses ralentis parachutés dans le film), tout cela nuit non seulement au sujet mais au style ; d’ailleurs, malgré le soin apporté aux décors, aux costumes, à l’esthétique, il n’y a pas vraiment de style, encore moins d’atmosphère.
Car on était en droit d’attendre une atmosphère plus vénéneuse, des personnages plus ambigus. On est bien loin de l’ambiance délétère d’un « Dalhia noir » se passant à la même époque avec un LA corrompu, cité du vice, où vont se fracasser les rêves des apprenties actrices, où les acteurs comme Sinatra copinent avec la mafia. Quelques tentatives pourtant sur le mirage à deux faces de la cité des anges, comme cette jeune femme, voulant faire du cinéma, victime de la traite des blanches (au début du film), ou la maîtresse du caïd qui avait débarqué à Hollywood pour devenir une star.
——
L’histoire : celle de Mickey Cohen, gangster mégalo, sanguinaire, transfuge de Chicago, qui, dans un délire de pouvoir, voulait posséder LA autant qu’amasser de l’argent. Le film démarre en 1949, Mickey Cohen, ancien bras droit de Bugsy Siegel, règne sur la ville, la police de LA, corrompue par ses soins, le couvre. Les gangsters ayant déjà sous contrôle New York et Chicago, restait à conquérir Los Angeles sous le soleil. Le film raconte l’affrontement entre les gangsters de Mickey Cohen (Sean Penn) et une unité d’élite du LAPD essayant de nettoyer la ville. Mandaté par son chef Parker (Nick Nolte), le sergent John O’Mara (Josh Broslin) est chargé officieusement de consituer une brigade de choc, la « Gangster squad », une unité spéciale destinée a combattre Mickey Cohen sur son terrain avec ses propres armes, soit que les flics vont se comporter comme des voyous.
 


Avec Sean Penn dans le rôle de Mickey Cohen, la partie est semi-gagnée, s’inspirant des acteurs des films noirs des années 40/50, il livre une composition stupéfiante de psychopathe, irascible et cyclothymique, engoncé dans des costumes de luxe et des chemises, cravates en soie, l’oeil torve, le rictus mauvais, la voix d’outre-tombe, la gestuelle saccadée, une femme trop belle à son bras. C’est là où ça se gâte côté scénario. Le sergent Jerry Wooters (Ryan Gosling), ancien accolyte de O’Mara pendant la seconde guerre mondiale, policier nonchalant et séducteur, tombe amoureux de Grace, la maîtresse de Cohen. Enrôlé par le sergent O’Mara dans la « Gangster squad », Jerry joue avec le feu, passant ses nuits avec Grace sous le nez de Mickey Cohen. Mais tout finira bien..
.Dans le genre, je préfère « LA Confidential » qui jouait le jeu du neo-noir ou « Les Incorruptibles » de Brian de Palma. Malgré tout, grace aux acteurs, au rythme soutenu, au montage à la rescousse de la mise en scène, on passe un bon moment 100% endorphines car quelle volupté de voir évoluer Sean Penn, Ryan Gosling, Josh Broslin, super-sapés, coiffés d’un Borsalino, trop beaux.

 

Notre note

3 Stars (3 / 5)

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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