Gwyneth Paltrow et James Gray sur Les Champs Elysées pour l'avant-première de "Two lovers"

mardi 4 novembre, James Gray, compétition Cannes 2008, sortie 19 novembre 2008
Grâce à Dvdrama/Excessif (qui a fait une critique élogieuse du film), l’ayant loupé au festival de Cannes, j’ai pu assister ce soir à l’avant-première de « Two lovers » de James Gray  au cinéma Publicis sur les Champs Elysées. On savait que Joaquim Phoenix serait absent, comme à Cannes en mai dernier, pour cause de démission, d’après les rumeurs, il cesserait sa carrière d’acteur pour se consacrer à la musique, à suivre… En revanche, on annonçait sa partenaire Gwyneth Paltrow pour accompagner James Gray, elle est donc venue… Immense, longiligne, le regard bleu océan, moulée dans une improbable robe courte blanche à plastron noir sur des bottines de créateur à hauts talons, des brillants au oreilles, le chignon soigneusement décoiffé, c’est un sculptural top model qui arrive sur la scène du Publicis emboitant le pas de son réalisateur, il parlera, elle ne dira pas grand chose, mais souriante, appliquée, hyperpro. 

Gwyneth Paltrow, James Gray 

Comment ai-je pu penser l’impensable pendant la projection de « Two lovers »? Alors que des gens sensibles, des cinéphiles qui ont un coeur avaient pendant ce film l’oeil humide et le mouchoir à la portée de la main, je me suis ennuyée ferme… Que je me sois ennuyée, quelle importance, des goûts et des couleurs… Mais enfin, qu’est-ce qui fait que j’avais adoré « The Yards », un poil moins « La Nuit nous appartient » et que soudain Gray ne m’emporte plus nulle part sauf à regarder la pendule du cinéma? Bien entendu, on change de registre : on passe du polar maffieux à la comédie romantique qui ne ferait pas rire, une comédie tragique d’amours jamais synchrones, d’adultes inadaptés à la société sans en avoir l’air ou pas trop. Le scénario est mince, ça tient en deux mots : au sortir d’une tentative de suicide pour cause de perte d’une fiancée, un trentenaire, sur le point d’accepter un mariage arrangé par ses parents, tombe amoureux de sa nouvelle voisine qui lui ressemble moralement, aussi immature et farfelue que lui.
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Le récit est réduit au minimum syndical utilisant surtout ses deux acteurs principaux, l’histoire, c’est le couple Leonard (Joaquim Phoenix)/Michelle (Gwyneth Paltrow), leur physionomie et leurs dialogues d’une exceptionnelle banalité dont on soupçonne qu’ils ont été écrits ainsi à dessein pour faire vrai. De la même manière, leurs scènes sont en faux temps réel, on tend vers le vrai, on le voudrait, du moins. Nouvellement voisins, Leonard et Michelle ont fenêtres sur cour commune, ce qui leur donne l’occasion de se parler à distance, il habite chez ses parents qui le collent nuit et jour, elle est logée par son employeur et amant, un homme marié qui paye le loyer dans son quartier natif de Brooklyn où sa mère à lui habite toujours. Les parents de Leonard lui présentent Sandra, la fille unique trop sage de leurs meilleurs amis, il lui préfère Michelle, leur électrique nouvelle voisine.
Dans les deux cas, ce sont des amours à sens unique, Sandra aime Leonard qui aime Michelle qui aime son amant… Pourtant chacun acceptera d’essayer de se forcer à aimer celui qui lui fait du bien mais qu’il n’aime pas d’amour fou. Amour passion ou mariage de raison, les deux écoles ont leur part de souffrance.Le style Gray est là, la manière de filmer aussi, on a même la scène de boite de nuit en immersion comme celle de « La Nuit nous appartient » sauf qu’ici, rien de ludique qu’une furtive plage de danse sous ecstasy qui finira mal, elle malade, lui à la porte. Pour ma part, je suis restée également à la porte de cette histoire.

Dans ce film, seul l’arrière-plan familial m’a paru crédible, un environnement axphyxiant, maladroit mais généreux. Gwyneth Paltrow est souvent théâtrale, voire scolaire, Joaquim Phoenix, lui, est juste, comme toujours, mais, au delà de l’absence d’une partenaire à sa mesure,  son rôle ne lui va pas plus que le film n’est fait pour un James Gray, les deux semblent égarés dans ce  projet de raconter l’intime, de jouer l’indicible, dans un film taillé trop petit pour eux tel un costume trop cintré emprunté à la teinturerie familiale.



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cinéma Publicis sur les Champs Elysées

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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