« I love you Phillip Morris » : update de la love comedy

Cannes 2009, Quinzaine des réalisateurs, John Requa et Glenn Ficarra, sortie 10 février 2010

 

C’est un film qui a un peu le même culot que son héros Steven Russel, arnaqueur professionnel chronique, voire challenger de l’arnaque, tombé amoureux transi d’un codétenu rencontré en prison, le blond Phillip Morris, pour lequel il va se dépasser. Tiré d’une histoire vraie, le film raconte ce coup de foudre, un peu avant, beaucoup après. C’est sans doute le petit reproche qu’on peut faire au film, focalisé sur l’histoire d’amour entre Steven et Phillip, on passe les étapes de sa vie antérieure, pourtant piquante, au pas de course, on ralentira ensuite pas mal, car le récit vise une démonstration nette et simple : jusqu’où on peut aller par amour… (alors que Steven est un personnage complexe, risque-tout, sa rencontre avec PM amplifiant sa témérité naturelle).Marié à Debbie, Steven Russel, père et mari exemplaire, policier modèle, démissionne de la police dans laquelle il s’était engagé uniquement pour retrouver sa mère biologique qui vient de lui claquer la porte au nez… Le couple s’installe au Texas où Steven se spécialise en arnaques à l’assurance. Un violent accident de voiture va soudain décider Steven, ensanglanté sur son brancard, à faire son coming-out et vivre son homosexualité au grand jour. Engagé dans une grande entreprise, Steven, immergé dans une escroquerie interne, finit en prison. C’est dans cet univers carcéral qu’il fait la connaissance du délicat et sensible Phillip Morris qui vit en marge des autres détenus pour éviter l’agression.
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Ewan Mac Gregor et Jim Carrey, photo Europacorp

Grâce à un détour dans la Floride des années 80, Steven a découvert la culture gay et changé de look, il y a rencontré son premier compagnon : Jimmy Temple qui mourra ensuite du SIDA, une maladie dont Steven ira jusqu’à recopier les symptômes des années plus tard,
ne reculant devant rien pour récupérer Philipp Morris, l’homme de sa vie… C’est ainsi qu’on découvre Steven Russel, agonisant sur un lit d’hôpital avec des flash-backs sur sa vie… C’est l’exemple le plus probant de la hardiesse de ce film, à l’image de celle de son héros, qui ose rire et faire rire de tout.La première partie du film est trépidante, grinçante et drôle, on essore sans ménagement le rêve américain, ensuite, on passe de la comédie satirique à la comédie romantique plutôt classique où le sujet véritable est l’audace exceptionnelle d’un individu qui a quelque chose à prouver (l’enfant adopté), son histoire d’amour absolu agissant comme démultiplicateur de cette audace. On remarque d’ailleurs que les réactions enthousiastes de l’épouse et celles de Phillip sont souvent les mêmes quand Steven se pose en ange providentiel, en sauveur convaincu que tout est possible (outre que les deux sont des faux fragiles un peu enfantins, des êtres qui inpirent à Steven de les protéger.


Jim Carrey et Leslie Mann, photo Europacorp

Si il est acquis que Jim Carrey (Steven Russel) livre une superbe composition, cela ne m’a pas étonnée, le show-man avait déjà participé à quelques films en contre-emploi, comme « The Truman show », en revanche, j’ai été bluffée par la finesse de jeu d’Ewan Mc Gregor (Phillip Morris) que j’ai trouvé particulièrement touchant avec le minimum d’effets. Quant à Rodrigo Santoro (Jimmy Temple, le premier amour de Steven), ce n’est rien de dire qu’il est hot, à suivre…  Pour l’anecdote, le vrai Steven Russel est en prison à vie pour 144 ans, enfermé dans sa cellule 23h/24h, il ne verra pas le film, en revanche, Ewan Mc Gregor a pu rencontrer le personnage qu’il interprète, Phillip Morris, conseil sur le film.
 


Rodrigo Santoro et Jim Carrey, photo Europacorp

Les scénaristes John Requa et Glenn Ficarra réalisent ici leur premier film avec le français Luc Besson comme producteur exécutif devant la frilosité des américains à produire un film où deux superstars masculines du box-office US forment un couple amoureux. Le film vient, je crois, tout juste de trouver un distributeur aux Etats-Unis, ce qui n’était pas le cas quand il a été présenté à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes. En France, ce film devrait ramasser la mise!Voir aussi la critique de notre Voisin Blogueur qui l’a vu avant tout le monde lors de sa présentation à Cannes…

 

Notre note

(4 / 5)

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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