« Kill list » : auto-contrat

focus film Ben Wheatley, sortie 11 juillet 2012

Pitch

Un tueur à gages, ancien soldat, encore traumatisé par une mission à Kiev, 8 mois plus tôt, se voit contraint d'accepter un nouveau contrat : un étrange client leur donnent, à lui et son partenaire, une liste de personnes à éliminer.

C’est un film très dur à regarder qui, dans sa construction, fait le choix de ruptures de ton, de genre : ça démarre de manière très réaliste, quotidienne, genre film social, un couple se disputant sans cesse, Jay, un ancien soldat, devenu tueur à gages, et Shen, son épouse. Elle le pousse à recommencer à travailler, son ancien associé, Gal, aussi. Le motif? L’argent, il est au chômage, elle fait des dépenses, comment payer les traites de la maison. Dans la seconde partie, l’exécution des contrats est assez épouvantable, ça va crescendo dans la violence extrême, on est dans le polar sanglant, à l’écran les intitulés des « contrats » : « le prêtre », « l’archiviste », etc… On arrivera ainsi jusqu’au « Bossu », et là, le film a opéré un virage net sur le film d’horreur.
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photo Wild side films/Le Pacte 


Un client étrange a donné à Jay et Gal une liste de personnes à éliminer. Quand ils voudront stopper, le client les menacera de mort, ils poursuivront. Jay va mal depuis une mission à Kiev huit mois plus tôt, dans l’éxécution de ses contrats, il règle des comptes avec la société, il va trop loin. Ce n’est plus une série de contrats mais une croisade (voir l’éxécution du réseau pédophile)…
Le signe avant-coureur du film d’horreur, qui va se réaliser vraiment dans la troisième partie, est le personnage de Fiona, aussi brune et désagréable à regarder que Shen est blonde et belle. Petite amie de Gal, Fiona est une sorcière qui écrit dès le premier jour un signe cabalistique derrière un miroir de la salle de bains quand ils vont dîner, Gal et elle, chez Jay, Shen et leur fils.

Le film est hermétique, le réalisateur dit dans une interview qu’il n’aime pas tout comprendre dans un film! Il sème les indices et, lui, sait où il va, on s’en rend compte quand le film est fini, tout est maîtrisé. Jay sombre dans la paranoïa, sa plongée au coeur des ténèbres passe de la boucherie au registre horrifique sophistiqué ; quand Jay devient sa propre proie, mentalement ou pas (?), on verse dans l’horreur des messes noires érotisées avec rituels sataniques, sacrifices, disciples nus et masqués (pas sans rappeler un tantinet la scène d’orgie blanche de Kubrick dans « Eyes wide shut »…) Cauchemar ou réalité? Si la réalité est telle qu’on la perçoit, le cauchemar n’en finit pas… Dans une certaine mesure, avec ici une violence inouïe, ce film penche du côté de « The Wicker man » (la première version de 1973 du réalisateur Robin Hardy, depuis, Neil Labute a fait en 2006 un remake de « The Wicker man »).

Présenté au dernier festival du film policier de Beaune, le film sort en salles avec une interdiction aux moins de 16 ans, pour une fois, on comprend…

 

Notre note

(4 / 5)

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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