« La Barra » : l’étranger et le village

Oscar Ruiz Navia, sortie 19 janvier 2011

Pitch

Un homme débarque dans un village de pêcheurs en Colombie, fuyant son ancienne vie. Mais les pêcheurs sont sortis en mer et il ne peut pas trouver de bateau à louer. L'étranger reste avec les villageois et partage leurs préoccupations.

C’est un petit film contemplatif et comportemental, si l’on peut dire, on n’y explique rien, on montre, on filme ce qui s’y passe, c’est à dire pas grand chose, des comportements, des relations humaines. Un événement : l’arrivée d’un homme jeune qui, visiblement, fuit la ville, veut changer de vie, chercher à louer un bateau pour on ne sait où. Mais tous les pêcheurs  du village sont sortis en haute mer et tardent à revenir. L’homme de la ville, l’étranger, Daniel, a un contact : Cerebro, le chef de la communauté, qui accepte de lui louer une chambre en échange de petits travaux, ramasser les détritus et les branches d’arbres sur la plage. La Barra, un village de fait, la communauté s’est formée naturellement mais les terrains appartiennent à tous et à personne. Un homme en profite pour tenter de faire des affaires, en installant un hôtel, en aménageant la plage, en diffusant de la musique nuit et jour, ce qui empêche Cerebro de dormir.
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photo Arizona films

Chez Cerebro, il y a Jazmin,
sa séduisante nièce, qui vient tous les jours faire la cuisine et arrondit son budget en cachette en accordant ses faveurs au patron de l’hôtel. Car le crucial manque d’argent est omniprésent, Lucia, une petite fille pas farouche, suit Daniel comme une ombre en le suppliant d’aller manger chez sa mère qui gagnerait ainsi un peu d’argent. Faute de poisson, on ne mange que du riz et chaque portion de riz est payante. Lucia a découvert le secret de Daniel, une photo de lui avec une jeune femme du passé dont il ne parle jamais. Petit a petit, Daniel s’intègre, prend le parti des habitants qui luttent contre la modernité que représente le futur hôtel auquel ils n’ont aucun moyen légal de s’opposer. Mais les choses sont plus compliqués, les jeunes du village s’ennuient, rêvent de partir pour la ville, Daniel, lui, a fait le chemin en sens inverse.

photo Arizona films


Premier long-métrage de Oscar Ruiz Navia, jeune réalisateur colombien, c’est un film quasi-documentaire avec une petite trame de fiction : la figure de l’étranger qui arrive dans un village avec des traditions rurales séculaires en train de subir l’assaut des promoteurs, la Barra, le lieu, représentant le point de collision entre tradition et modernité. Le film n’a rien de très original, il y a eu beaucoup film dans cette veine, mais les images sont belles, les personnages attachants, très naturels, les paysages magnifiques, on peut y faire une halte à l’occasion.
PS. Ce film, programmé et primé dans de nombreux festivals, représente la Colombie pour l’Oscar du meilleur film étranger 2011. 

Notre note

(3 / 5)

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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