"Lakeview terrace" ("Harcelés") : les joies du voisinage

Neil Labute, sortie le 1er octobre 2008

Pitch

Un couple de jeunes mariés va se trouver en proie au harcèlement d'un voisin un peu particulier : un policier tyrannique qui va user de tous les stratagèmes pour les faire déménager...

Des nouveaux voisins emménagent en face de la villa d’un policier noir autoritaire et raciste, il s’agit d’un couple mixte, un homme blanc et une femme noire. Aussitôt, Abel, le policier, supporte mal ce couple qu’il trouve choquant et se met en quatre pour leur pourrir la vie, espérant les pousser à partir. Veuf depuis trois ans, Abel élève seul et sévèrement ses deux enfants, son épouse morte dans un accident de voiture dont on verra plus tard que ce drame a quelque chose à voir avec sa haine des nouveaux voisins qui réactivent chez lui des souvenirs cauchemardesques.Les effets de miroir sont dans les deux camps, le jeune marié ne s’entend pas mieux avec son beau-père qu’avec son voisin, les deux considérant qu’elle aurait mieux fait d’épouser un noir comme eux, quant au voisin, le traumatisme des circonstances de la mort de sa femme lui est rappelé douloureusement par la présence de ce nouveau couple face à ses fenêtres, d’autant qu’ils n’ont pas meilleure idée que de le provoquer sans le savoir en s’ébattant dans leur piscine le soir de leur arrivée sous le nez de ses enfants, Abel n’oubliera pas…
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photo Sony pictures

Tant que son travail où il se surinvestit l’occupe à temps plein, Abel contrôle à peu près son harcèlement des voisins qu’il dose, sachant faire des pauses, voire des petits gestes presque amicaux. Du jour où il est mis à pied pour une faute professionnelle qu’il ne pense pas avoir commise, l’injustice de cette situation lui fait définitivement perdre pied, toute la rancoeur accumulée d’une vie est alors reportée sur son délirant combat contre les voisins intrus. Il est impossible de détester le méchant Abel tant Samuel L. Jackson lui insuffle de l’humanité, trop sans doute pour qu’on s’apitoie sur le sort de ce couple lisse préoccupé de propriété et de contrôle des naissances quand le policier, qui s’est épuisé à travailler jour et nuit pendant des années pour satisfaire sa femme, a désormais tout perdu. On n’est pas loin d’avoir de l’empathie pour le harceleur et de l’indifférence pour les harcelés…
 

Dans ce film de genre, on a pu entendre à la conférence de presse au dernier festival de Deauville, où le film a été présenté en avant-première, le parti pris du réalisateur Neil Labute : celui d’aller au delà du film de genre, de diminuer l’aspect catastrophe et d’épaissir la psychologie des personnages, par exemple, mettre l’accent sur les effets pervers du métier de policier sur la vie privée d’Abel. Parallèlement, ce qui est intéressant, c’est la mauvaise santé du couple mise en valeur par le harcèlement du voisin policier mais réelle et que la mort du méchant ne guérira pas. 

photo Sony pictures

Allant dans le même sens de ce souci de réalisme, ce qui est bien vu, ce sont les conditions de vie réelles à LA, la réalité de la menace des catastrophes naturelles, comme cet incendie
montré à la télé tout le long du film  et se rapprochant peu à peu des habitations des protagonistes, sur l’inquiétant fond sonore des canadairs dans le ciel pour éteindre le feu, au fur et à mesure que la tension monte dans l’affrontement entre Abel est ses voisins, le prix de à payer de ce climat de rêve californien… 

Encore un film, plutôt mieux conçu qu’un autre dans le même genre, qui ne marquera pas grand monde…

 


Samuel L. Jackson à la conférence de presse du film à deauville en septembre 2008,
voir les autres photos sur www.cinemaniacadeauville.fr…
 

Notre note

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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