« Les Crimes de Snowtown » : la prédestination d’un criminel

Justin Kurzel, sortie 28 décembre 2011

Pitch

Dans les années 90, les relations troubles entre un adolescent paumé, vivant dans une banlieue australienne où règnent chômage et abus sexuels, avec un nouveau voisin affable, qui s'avèrera un des serial killers les plus dangereux du pays.

Ce film très violent, et d’autant plus violent qu’il est réaliste et crédible, est tiré d’une histoire vraie. Jamie et ses deux frères vivent avec leur mère dans une banlieue australienne lugubre minée par le chômage, la précarité et les abus sexuels sur les mineurs. En faisant la connaissance de son nouveau voisin John Bunting, Jamie va espérer y trouver une image d’un père qu’il n’a pas eu. Charismatique, charmeur avec leur mère, préparant des petits plats pour toute la famille, John Bunting se rend rapidement indispensable. Jusqu’à ce qu’il entraîne Jamie et les autres dans ses crimes. Car John Bunting est un des serial killers les plus dangereux d’Australie. Entre 1992 et 1999, la bande aurait commis onze meurtres, en général, des gens qui « n’intéressaient personne » comme le fait remarque John Bunting à Jamie.


photo ARP

Quand le film entraîne le spectateur dans l’intimité des tortures que Bunting et sa bande inflingent à leurs victimes, c’est insoutenable. L’initiation de Jamie au meurtre est insoutenable, l’adolescent semble être incapable de se soustraire à la demande de Bunting de participer aux meurtres, comme pour ne pas le décevoir, compte tenu que, paradoxalement, le serial killer lui donne, par ailleurs, des signes extérieurs d’affection. La perversité de Bunting dans ses relations avec les autres, qu’il enrôle quasiment malgré eux, au delà de son instinct de boucher sadique, est à vomir. Pour être tout à fait sincère, j’ai passé un bon quart d’heure vers la fin du film sans pouvoir regarder l’écran!

Le côté réaliste du film est choc en ce sens que tout et tout le monde est crade et dévoyé, comme prédestiné au malheur, subissant telle une fatalité l’enchaînement des horreurs ; Jamie, proie expiatoire par essence, accepte, écoeuré, tétanisé, incapable de dire non, de passer du statut de victime de viols de voisins pédophiles au statut de victime du serial killer qui le force moralement à tuer par une sorte de chantage affectif. Sans doute l’amitié du serial killer est à ce prix… L’angle de démonstration du film est comment un type comme John Bunting a pu convaincre d’autres personnes de commettre des crimes barbares avec lui. Jamie est-il « damné » dès sa naissance, perverti irréversiblement par son environnement?

le 21 mai 1999, 4 personnes ont été arrêtées et accusées de meurtres dits de Snowtown, petite ville située au nord d’Adélaïde. John Bunting, reconnu coupable de 11 meurtres, a été condamné à perpétuité. Jamie Vlassakis, qui avait plaidé coupable pour quatre meurtres, fut le seul de la bande à avoir témoigné contre ses co-accusés, ce qui lui vaut de purger une peine de 26 ans sous un faux nom dans un lieu tenu secret. La mère de Jamie, bien que complice passive, n’a pas été condamnée.

 

Notre note

(3 / 5)

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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