« Les Hommes libres » : héros malgré lui

Ismael Ferroukhi, sortie 28 septembre 2011

Pitch

Dans le Paris de l'occupation, la métamorphose d'un jeune immigré algérien, sans culture politique, qui passe du traffic au marché noir à l'engagement militant dans la résistance française.

Après « L’Armée du crime » de Robert Guédiguian qui parlait des immigrés arméniens dans la Résistance avec le réseau Manouchian, encore un volet méconnu de l’histoire la Résistance dont traite le film « Les Hommes libres »: l’engagement des travailleurs immigrés algériens dans la Résistance française durant la seconde guerre mondiale. Le film choisit l’angle de la métamorphose d’un jeune immigré algérien, sans aucune préoccupation politique, qui va passer des combines du marché noir à la lutte armée pour la liberté.
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Paris, 1942, occupé par les allemands, Younes un jeune immigré algérien, arrivé en 1939, vivote en faisant du marché noir. Arrêté par la police française chez son cousin Ali, homme engagé, résistant, ce qui il ignore, dont il partage le logement, Younes (Tahar Rahim) accepte, en échange de sa remise en liberté immédiate, d’espionner ce qui se passe à la Mosquée de Paris pour le compte de la police. Mais les responsables de la police française soupçonnent Si Kaddour Ben Ghabrit (Michael Lonsdale), le recteur de la Mosquée de Paris, de cacher des juifs et des résistants dans le sous-sol de la mosquée, pour lesquels il fait fabriquer de faux-papiers et même de fausse tombes de leurs parents au cimétière musulman de Bobigny.

 

Une rencontre coup de foudre va faire basculer Younes : le chanteur algérien Salim Halali dont il apprend qu’il est juif. Touché par sa voix, séduit, Younes devient aussitôt son ami, il tourne alors le dos à la police avec les risques que cela comporte. Une scène très furtive montre un homme sortant de la chambre de Salim que surprend Younes, effleurant la dimension homosexuelle enfouie des relations entre Younes et Salim, du moins de l’attirance du premier pour le second. Cette rencontre catalyse alors la mutation de Younes, au départ sans culture politique, sans autre centre d’intérêt que de gagner de l’argent, qui s’engage activement dans la résistance. Le cousin Ali à qui Younes repliquait au début du récit que cette guerre ne le regardait pas lui avait répondu « on se bat pour la liberté, aujourd’hui ici en France et demain chez nous en Algérie ».

 

Le film est très intéressant bien que sur la forme il soit un peu plat, sans aspérités, manquant de crescendo dans le récit, mais avec une belle reconstitution du Paris occupé, de la Mosquée de Paris à l’époque, porté par l’interprétation nickel de Michael Lonsdale et Tahar Rahim.

 

Notre note

(3,5 / 5)

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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