« Les Maudits » : un aller simple

René Clément, 1947, sortie DVD 23 septembre 2010

Pitch

A quelques brasses de la fin de la seconde guerre mondiale, un médecin est kidnappé par un groupe de fuyards nazis embarqués dans un sous-marin à destination de l'Amérique du sud.

   

Pitch.
A quelques brasses de la fin de la seconde guerre mondiale, un médecin est kidnappé par un groupe de fuyards nazis embarqués dans un sous-marin à destination de l’Amérique du sud.
Aux derniers jours de la guerre, à Royan en 1945, un médecin de ville écrit son histoire… A bord d’un sous-marin, ont embarqué à Oslo huit personnages pro-nazis qui font semblant d’espérer encore la victoire de l’Allemagne : Von Hauser, un général de la Wehrmacht, Forster, un responsable de la Gestapo flanqué de son homme de main, Willy (Michel Auclair), le couple Garosi, lui, industriel italien débordé, elle, Hilde, la maîtresse du général allemand, Ericksen, un savant compromis, et sa fille Ingrid, Couturier, un journaliste français collabo. Le sous-marin a mis cap sur l’Amérique du sud mais Hilde Garosi se blesse et tombe dans le coma, on décide de faire un arrêt à Royan afin de trouver un médecin. Le Docteur Guilbert (Henri Vidal) est alors kidnappé et contraint de faire le voyage avec les nazis à bord du sous-marin.
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photo Gaumont

On connaîtra René Clément mieux inspiré sur un bateau en mer quand il réalisera « Plein soleil » en 1960. « Les Maudits », réalisé en 1947, est film approximatif du point de vue mise en scène et regard sur la déchéance des perdants de la seconde guerre mondiale, sans le recul nécessaire, sans doute. Les personnages sont très caricaturaux, monolithiques, l’ambiance, dont on devine le désir du réalisateur qu’elle soit claustrophobique et angoissante, est quasiment banale, ce ramassis de crapules est jugé d’entrée comme tel, aucune vraie tension dramatique malgré la mort des uns ou des autres. Le film s’anime un peu quand les passagers maudits arrivent à terre. Les dialogues signés Henri Jeanson sont surécrits, pas très naturels. Pourtant, ce film obtint le Grand prix du film d’aventure et policier au festival de Cannes en 1947.  Il faut voir ce film comme un document en ayant en tête le contexte de sa réalisation juste après la fin de la guerre. Belle prestation de Michel Auclair très jeune en petite frappe ambiguë.
 

 

René Clément réalisera ensuite un des gros succès français de l’époque « Jeux interdits » (1952) et des films très divers comme « Plein soleil » (1960) et « Les Félins » (1963) avec Alain Delon, »Paris brûle-t-il » en (1966) ou « Le Passager de la pluie » (1970) avec Marlène Jobert et Charles Bronson (un film étonnant et choquant, que j’ai revu il y a quelques temps, démarrant sur le viol d’une jeune femme séduisante seule chez elle qu’on présente en mini-robe blanche aguicheuse… qui tue son agresseur et n’ose rien raconter ni à la police ni à son mari ensuite).L’acteur Henri Vidal, au physique de jeune premier, épousera ensuite Michèle Morgan en 1950, puis, toxicomane sévère n’arrivant pas à décrocher, il mourra en 1959.

   


DVD et Blu-ray Gaumont. Sortie le 23 septembre 2010.
Bonus : « René Clément ou le cinéma de l’épure »

 

ET
dans la même collection, sortant également en DVD le 23 septembre 2010 :
« Nosferatu, fantôme de la nuit » de Werner Herzog avec Klaus Kinski et Isabelle Adjani.
   

 

    

Notre note

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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