« Les Paradis artificiels » (« Paraisos artificiais ») : triple mélo à Rio

Marcos Prado, sortie 31 octobre 2012

Pitch

Après quatre années de prison, Nando retrouve son frère Lipe et ses souvenirs. Une rave party à Recife. Un boulot de dealer qui le conduit jusqu'à Amsterdam. Le retour où il se fait arrêter par la police à l'aéroport de Rio.

C’est un film qui a ostensiblement l’objectif de montrer à l’écran des sensations, des « trips » sous drogues diverses mais n’est pas Gaspar Noé (« Enter the void ») qui veut… D’autant que ce scénario des « Paradis artificiels » est un mélo qui tient plus de la Telenovela, avec rebondissements, amours brisées, retrouvailles, paternité ignorée, morts des proches, etc… que du drame.

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photo Damned distribution

 

Après quatre ans de prison pour avoir fait passer une livraison de drogue entre Rio de Janeiro et Amsterdam, Nando retrouve sa mère et son frère cadet dont il s’aperçoit aussitôt qu’il suit la même filière que lui plus jeune, le trafic de drogue, avec ses anciens copains : Patrick et Carlao. Le film navigue entre trois périodes, celle du retour de prison, aujourd’hui, celle quatre ans plus tôt se terminant sur l’arrestation de Nando à la sortie du vol Amsterdam-Rio, et celle, fondatrice, si l’on peut dire, encore deux ans auparavant (ce qui fait six ans), de la rave party à Recife dans le Nordeste du Brésil. 


photo Damned distribution
A défaut de réussir le projet d’un cinéma de la perception essayant de faire ressentir (en fait, d’une manière très artificielle) les trips des protagonistes au spectateur, le réalisateur tire parti de beauté naturelle (carte postale) des lieux, les somptueuses plages du Nordeste, les vues de Rio. Côté Telenovela, à Recife, Erika, future brillante DJ, donne son premier concert, en couple avec Lara. Les deux jeunes femmes, belles et hédonistes, tentent un peu toutes les expériences, drogues, sexualité de groupe, etc… Mais, ainsi que le Nando du début du film ne se remettra jamais d’avoir refusé d’accompagner son père à la pêche pour se rendre à Recife se défoncer en musique, Erika aura sur la conscience que c’est elle qui a demandé à Lara de lui organiser un plan à trois sur la plage après son concert car cette dernière n’en sortira pas, victime d’une overdose imputable à des mélanges de drogues (peyotl, ecstasy, cocaïne, GBL)… 



photo Damned distribution

 

Les deux filles, Erika et Lara, corps de rêve, sont sapées comme des top models posant pour « Vogue » sur une plage idyllique en tenue hippie chic… Le réalisateur voulant tout mixer en même temps, les scènes de défonce hallucinatoires (hyper-édulcorées) et les scènes d’amour sous défonce (idéalisées), ça donne un drôle de film à la fois fleur bleue, romantique, mais aussi moderne par certains côtés (sa manière d’aborder la sexualité de la jeunesse Carioca), sans illusions sur la nuit brésilienne d’aujourd’hui. Beaucoup trop lisse et peu crédible, le film n’est pas loin du conte mélo où tout le monde est beau et malheureux et plein d’amour si il n’y avait la méchante drogue servant de toile de fond pour faire réaliste « de son époque »… (dans certains plans sur la plage, on sent que le réal a trop vu « More » de Barbet Schoeder…) Finalement, ce qu’il y a de mieux, c’est la musique à laquelle le réalisateur semble s’intéresser en connaisseur. 

Notre note

(2 / 5)

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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