« Miel » : à cause des abeilles

focus film Ours d'or Berlin 2010, Semih Kaplanoglu, sortie 22 septembre 2010

Pitch

Dans un village perdu d'Anatolie, un apiculteur est obligé de partir chercher des abeilles loin du foyer. Son fils de 6 ans qui l'admire et l'assiste dans son travail n'a pas pu l'accompagner...


Ce film « Miel » (« Bal ») est le troisième volet d’une trilogie après « Lait » (Süt) et « Oeuf » (« Yumurta »). Si on est féroce et borné, on peut résumer le film en une scène de départ (avant le générique) d’un homme qui va tomber d’un arbre, accroché à une branche, suspendu dans le vide, et 1h30 après, l’homme tombe de l’arbre, mais le film n’est pas tout à fait fini pour autant. Pour être plus précis, le film ressemble un peu à un pseudo-documentaire sur la vie rurale en Anatolie avec un parti pris hyperpictural (superbe dans le style des tableaux flammands) prenant toute la place.
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photo Bodega
 

Le récit squelettique est l’observation du quotidien d’une famille villageoise, le père, la mère et le petit garçon de 6 ans. Le père et la mère ne se parlent jamais, le père chuchote avec son fils, à l’école, c’est plus vivant mais le gamin n’arrive pas à apprendre à lire, devenant la risée de la classe. Pourtant Yusuf rêve d’obtenir la récompense du maître d’école, un insigne rouge conservé dans un bocal. La campagne est rude, on s’y tue au travail, comme le père, Yakup, cet homme qui va tomber de l’arbre, apiculteur, obligé d’aller chercher des abeilles loin de son village. 


photo Bodega

Un village en Anatolie, c’est le contraire de notre société consumériste, les objets nécessaires sont comptés et antiques, les biens superflus n’existent pas, le gamin a une seule paire de chaussures et le père fait fabriquer une corde par un collègue de travail qu’il va récupérer religieusement comme on passe ici au garage chercher sa voiture. Quand Yusuf éclabousse son cahier en rentrant de l’école dans la campagne trempée, il le fait sécher devant l’âtre. Les valeurs qui n’existent plus existent encore dans ce village, Yusuf admire son père et se démène pour l’aider à installer ses ruches, les voisins sont solidaires, à l’école, chacun veut se distinguer, on s’y rend en habit du dimanche.
C’est très beau mais fortement soporifique… Que dire d’un cinéma austère sur un sujet aride qui ne vise en rien à distraire le spectateur mais, au contraire, se positionne en vision radicale d’un artiste sur un monde dont il se souvient?


photo Bodega
 

 

Notre note

(3 / 5)

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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