« No pain, no gain » : quand la fin justifie les (pires) moyens

focus film Michael Bay, sortie 11 septembre 2013

Pitch

Un coach sportif, qui a pour seule religion l'effort et la musculation, se laisse tenter par le rêve américain d'avoir une belle maison, des belles voitures, des belles femmes. Pour cela, avec deux compères, il kidnappe un de ses clients milliardaire.

Notes

Si il y a un film qui n’a pas de chance s’agissant de son impact auprès des bloggers, c’est bien celui-ci car la projection presse avait lieu le même jour (jeudi dernier dans le très compassé hôtel Royal Monceau) que le soir celle de « Pacific rim » qui a suscité, à la sortie de la projection de 20h, un moment d’extase générale bloguesque sur Twitter. Détestant la 3D, je n’en étais pas… (j’avais préféré faire un tour à l’expo Roy Lichtenstein, mauvaise idée en fait… une véritable foire d’empoigne pour se serrer comme des sardines dans une boite dans des salles exigues du 6° étage du Centre Pompidou). Et, en plus, le film sort un 11 septembre, il ne faut pas ête superstitieux…

Concocté par Michael Bay qui n’est pas Tarantino et encore moins les frères Coen, cette comédie à vocation déjantée est d’une vulgarité ostensible et assumée avec pourtant quelques moments où l’on s’amuse. Certainement pas à la fin où le film a sombré dans la cacophonie et les excès au superlatif.

A Miami, Daniel Lugo, coach dans une salle de gym pour sexagénaires et septuagénaires fortunés, n’a foi que dans la musculation. Quand lui vient l’idée d’être riche, lui aussi, comme Victor Kershaw, ce client fanfaron qui a fait fortune avec une chaîne de sandwisherie. Son plan, kidnapper ce riche client et lui voler sa vie. Pour cela, il va enrôler deux complices aussi barges que crédules, Paul Doyle et Adrian Doorball, peu enthousiastes au départ. Le cocasse, c’est qu’il s’agit d’une histoire vraie qui démarre par la fin : le 17 juin 1995, la police de Miami arrête Daniel Lugo qui faisait des abdos le long de la façade d’un immeuble…

Et aussi

Evidemment, il y a des situations amusantes comme Victor, le client kidnappé, Colombien, qui avait fui son pays à cause des kidnappings ou cette réunion de « voisins vigilants » quand Lugo, devenu citoyen modèle durant quelques temps, s’est installé dans la maison de sa victime, voire des dialogues sympa (le parti pris étant de faire faire des actes atroces à des types plutôt sympa). Evidemment, les faits sont réels mais faut-il montrer toutes ces tortures infligées au milliardaire enlevé (on lui roule sur le visage en voiture, par exemple, plus tard, on fait frire des mains!, second exemple…)

On aura compris que de la manière la moins subtile possible, tentant le pari de la « comédie noire » (genre très délicat où on marche sur des oeufs…), Michael Bay fait le procès du rêve américain avec sa religion d’être « un battant » dans l’unique objectif de posséder les signes extérieurs de richesse dans un monde sans autres valeurs que l’accumulation des biens matériels (« avoir » pour « être », si l’on veut…) Les acteurs sont très bien, si Mark Whalberg en fait des tonnes, c’est dans son emploi, et Dwayne Johnson, transfuge du catch (« The Rock »), lui même habitant Miami dans la vie, est parfait dans le rôle de la brute empreinte d’humanité (c’est bien le seul).

Une phrase dans le DP résume bien le sous-texte du film « …une partie du problème de nos vie dans un monde consumériste est qu’il est difficile de savoir quantifier le moment où l’on en a assez… Malheureusement, cette culture nous amène à nous comparer sans cesse à notre voisin et si ce voisin semble avoir plus que nous, on en arrive toujours à ses demander « pourquoi lui et pas moi?… »

Les marchands l’ont bien compris qui font appel à des publicitaires dont le boulot consiste à créer de la frustration et des faux besoins. Oui, en fait, le dossier de presse (le projet, l’intention), est plus intéressant que le film…

Notre note

(2 / 5)

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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