«Once upon a time…in Hollywood» : 69, année…

focus film Quentin Tarantino, sortie 14 août 2019

Pitch

Un acteur de séries et sa doublure évoluent dans un Hollywood en pleine mutation...

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Après lui, les autres films vont nous paraître bien mièvres… Plongeant le spectateur en immersion totale 1969, l’année du Summer of love et du début de la fin de l’insouciance à Hollywood précipitée par l’affaire Charles Manson*.

QT nous livre ici son meilleur film : 1 voyage jouissif et nostalgique au cœur d’un cinéma révolu qui l’a nourri et qu’il n’a jamais cessé d’aimer. Nous aussi. 2h40 d’un trip cinéphile orgasmique. Le réalisateur préparerait une version de 4 heures du film, on y sera… 

* Les premières tueries de la Manson family, dont celle de Sharon Tate et ses amis au 1001 Cielo Drive à Hollywood, eurent lieu le 9 août 1969, une semaine avant Woodstock dont on fête le le cinquantenaire…

1969, Hollywood, Rick Dalton, un acteur de séries rêvant de cinéma mais pas loin d’être un has been, et Cliff Booth, sa doublure charismatique (ami et coach), sillonnent la ville de LA sans se douter que c’est le début de la fin d’un système… Tous les matins, dès que Cliff Booth a déposé Rick Dalton au studio dans la limousine blanche de ce dernier, il reprend le volant de sa vieille voiture. Alors, chacun vit sa vie, ce qui permet, Intelligence du scénario, à Leo DiCaprio et Brad Pitt de livrer des prestations bien différentes dans les rôles de Rick et Cliff. Le premier habite une superbe maison avec piscine sur Cielo Drive, voisin du couple Polanski qui vient d’emménager, ce qui le fait rêver de cinéma d’auteur… Rongé par l’angoisse, il boit trop en apprenant ses répliques du lendemain. Le second se contente d’une modeste caravane où il vit avec son chien d’attaque qu’il adore. 

Les deux acteurs principaux explosent de naturel, tellement habités, voire amusés, par leurs personnages qu’il nous feraient presque oublier leur statut de stars internationales… D’ailleurs, durant 2h40, je l’ai oublié. À noter un léger point de plus pour Brad Pitt dans son rôle de beau mec trop cool mais le rôle de Leo Caprio est sans doute plus complexe : comme lors d’un tournage où il doit jouer l’acteur qui joue faux, flippé d’oublier ses répliques et affublé d’une immense moustache ridicule.

Pour ma part, je ne suis pas une inconditionnelle de Tarantino… Cependant, ce film génial est loin d’être une simple transcription de la fin des années 60, comme je l’ai lu de quelques rares détracteurs qui attendaient un nième Tarantino survolté dans la veine des précédents.

1969 est une année où tout va exploser car tout est en place : c’est la fin des films de studios, ceux qui ont nourri le réal et les cinéphiles, un cinéma mal en point, concurrencé par la télévision ; Se profile déjà le  «Nouvel Hollywood» sur la base de la contre-culture élaborée lors des années 60. L’été 69 est à la fois l’apex du flower power, (le Summer of love, Woodstock), et son crépuscule. Le sujet du film, c ce crépuscule, le deuil de cette translation sans retour du cinéma, en corrélation avec le changement de société. Le rythme parfait du film, sa mise en scène spectaculaire, sa BO idéale, son casting en or, sa reconstitution nickel des mœurs de l’époque (sans parler des décors, des costumes, un sans faute), plongent le spectateur en immersion totale 69. Superbe déclaration d’amour à un cinéma révolu, c’est un film nostalgique et pudique qui peut dérouter les fans du réal qui leur offre pourtant une fin qui porte sa signature. 

« One Upon a Time… in Hollywood » est le chef d’œuvre de Tarantino qui a toujours dit qu’il ne réaliserait que dix films et celui-ci est le neuvième. Mais que pourra-t-il donc faire ensuite pour son dixième film? 

Notre note

(5 / 5)

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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