« Paradise lost » : Pablo Escobar, portrait, anti-portrait

focus film Andrea Di Stefano, sortie 5 novembre 2014

Pitch

Un jeune surfeur canadien rejoint son frère sur une plage en Colombie. Un paradis qui va virer à l'enfet quand il tombe amoureux de la nièce de Pablo Escobar.

Notes

Nick, surfeur canadien, qui a rejoint son frère en Colombie sur une plage paradisiaque, va tomber amoureux de Maria, la nièce de Pablo Escobar. Adoubé par ce dernier, il ne s’aperçoit de rien dans la première partie du film puisque PE sait se montrer paternel avec lui et généreux avec tout le monde. Il a fait fortune en vendant quoi? De la cocaïne mais c’est un produit du pays, de tout temps, on a mâché de la feuille de Coca en Colombie. Banalisation du narcotrafic, naïveté d’un personnage fade et amoureux qui préfère ne rien voir. Plus tard, PE teste Nick en l’incorporant à sa bande de tueurs qu’il appelle « sa famille » mais le tempérament parano d’Escobar l’obligera, peu à peu, à tuer ses comparses, par cercles successifs, pour se « couvrir », et, en particulier cacher un trésor pendant qu’il sera en prison. Car PE avait négocié avec le gouvernement d’aller en prison un certain temps, se « mettre au vert » pour laisser passer l’orage. Donc, Nick va s’apercevoir un peu tard de la folie meurtrière de PE, une fois qu’il n’a vraiment plus le choix de l’ignorer…

Et aussi

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Photos Pathé

Un film ambitieux, le premier film d’un ex-comédien, Andrea di Stefano. Pas mal de maladresses, de pesanteur, cependant, pour ce film louchant très clairement du côté du « Parrain » en traitant d’un criminel mafieux pratiquant le culte de la famille au superlatif, la plupart des scènes de la première partie du film le montrant chez lui, en famille, réceptions, jeux avec les enfants, nièce qu’il considère comme sa fille, la violence évacuée en off, en arrière-plan.

A propos de la première partie comparée à la seconde, le réalisateur a choisi de montrer Pablo Escobar d’abord (première partie du film) Robin des bois, construisant hôpitaux et maisons pour son pays, la Colombie, dont le niveau de pauvreté le révolte, et, ensuite (seconde partie du film), criminel sanguinaire, classé par le FBI dans les serial killers… Pourquoi cette dichotomie revendiquée? Pour nous expliquer l’étonnement d’un personnage naïf, extérieur à la Colombie, qui va découvrir le vrai visage de Pablo Escobar seulement en deuxième partie du récit. Car tel est écrit le scénario afin de faire la démonstration un peu lourde de PE ange et démon. Au lieu d’un biopic classique, le réalisateur a choisi un personnage de fiction comme révélateur de la double personnalité de PE.

Gêne aussi au sujet du faux rythme du film qui réfute le film d’action et dilue les scènes, incorpore une histoire d’amour catalyseur de la découverte de Pablo Escobar intime. Benicio Del Toro est le grand atout du film (on sait qu’il est un comédien génial et on mise presque tout sur lui) mais n’est-ce pas aussi un handicap tant le réalisateur semble fasciné par son acteur qui prend toute la place, un peu comme PE, bien entendu (top départ sur le corps obèse de Pablo Escobar, multitudes de gros plans)? Malheureusement, le  film n’est pas du niveau du magistral « Carlos » (autre « monstre » incarné par Benicio Del Toro) avec Assayas aux commandes.

Quel sera le public de ce film pas assez action movie pour les amateurs, trop ou pas assez violent pour les autres, n’appartenant finalement à aucun genre? (à la fois biopic, polar mafieux, love story). A noter que Pablo Escobar est colombien, le réalisateur italien mais le film 100 % français.

Notre note

(3 / 5)

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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