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«Plaire, aimer et courir vite» SO/compétition #Cannes 2018

focus film / festival Christophe Honoré, sortie 11 mai 2018

Pitch

En 1993, Arthur, étudiant en cinéma à Rennes, rencontre par hasard Jacques, écrivain renommé mais condamné à court terme par la maladie...

Notes

C’est l’histoire d’un premier amour pour Arthur qui veut monter de Rennes à Paris et d’un dernier amour pour Jacques, écrivain renommé venu donner une conférence à Rennes, dont les jours sont comptés. C’est l’histoire d’un amour fou qui n’aura pas lieu, faute de temps… d’autant plus beau qu’il aurait pu l’être, si…

Etudiant en cinéma à Rennes en 1993, Arthur a une petite amie le jour mais préfère les hommes la nuit, il n’est pas dans la duplicité et le mensonge mais il se cherche, comme on dit. Sa rencontre météore à Rennes avec Jacques, va agir comme un détonateur, il tombe aussitôt amoureux de cet homme et réciproquement. Les deux hommes s’écrivent et cet amour condamné va surtout se vivre par défaut, vite et à distance, le plus souvent par écrit, après tout Jacques est un écrivain confirmé. Mais quand Arthur monte à Paris, Jacques est sous perfusion, soudainement, le SIDA, qu’il jugulait à peu près jusque là, s’est radicalisé, les infections opportunistes* qu’il redoutait tant l’ont rattrapé. 

Photo Ad Vitam

Photo Ad Vitam

* le système immunitaire étant au plus bas chez les malades du SIDA, on parlait à l’époque d’infections opportunistes. Il faut bien se souvenir qu’en 1993, la découverte et l’utilisation des trithérapies permettant de vivre avec le virus du SIDA n’est pas encore au programme, le taux de mortalité des patients contaminés approche alors 100/100. 

Et aussi

C’est sans doute le film le plus personnel de CH. Lui-même, étudiant en cinéma à Rennes, est monté à Paris au début des années 90 en espérant devenir un grand cinéaste. À cette époque, la fête est finie depuis environ dix ans, le virus du Sida, identifié la première fois vers 1981 à San Francisco, ne sera officiellement découvert que vers 1984/1985 ; dans le milieu homosexuel, premier concerné (on saura beaucoup plus tard que la maladie touche aussi les hétérosexuels), c’est l’hécatombe. De grands artistes comme Koltes ou Guibert (cités dans le film) ou Mapplethorpe en sont morts vers 30 ans et des poussières. La psychose de la maladie se répand dans la population. Les associations œuvrent à faire connaître le seul moyen de se protéger : les préservatifs.

Ce film, certainement le meilleur du réalisateur (dont je n’etais pas ultra-fan jusqu’à hier!), est bouleversant. Son élégance, son humour, son absence de pathos dans le drame inéluctable qui se déroule sur l’écran, vous serre le cœur et les larmes ne sont jamais loin (et c’est extrêmement rare que je pleure au cinéma…).

Photo Ad Vitam

Photo Ad Vitam

L’interprétation est exceptionnelle : Vincent Lacoste est d’un naturel sidérant, à 23 ans, son personnage, Arthur, plein de vie et de projets, fonce quand Jacques freine malgré lui. Pierre Deladonchamps (révèlé par «L’Inconnu du lac»**, un thriller glaçant) qui interprète Jacques, cet écrivain au seuil de la mort, qui a pourtant encore tant de vie en lui, possède un charme irrésistible et un talent rare. Denis Podalydes dans le rôle d’un voisin de Jacques, personnage bougon et sensible, dont le comportement perpétuellement grincheux donne quelques touches comiques bienvenues au récit, parfait ce casting nickel. Et rien ne manque à la reconstitution des années 90 comme incontournables cabines téléphoniques à cartes, qu’on a tant utilisées avant l’invasion des téléphones cellulaires, dont on vient de fermer la dernière en 2018…

Un film magnifique. Si ce film-là n’est pas au Palmarès…

**

« L’Inconnu du lac » : malgré ou à cause du danger?

Notre note

5.0 Stars (5,0 / 5)

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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