« Le Pont des espions » : la guerre froide selon Spielberg

focus film Steven Spielberg, sortie le 2 décembre 2015

Pitch

En pleine guerre froide, un espion russe, infiltré depuis des années aux USA, est démasqué et arrêté. Afin de lui octroyer un procès équitable, on fait appel à un avocat de Brooklyn qui se met en danger pour le défendre...

Notes

« Le Pont des espions » raconte l’histoire d’un avocat, James Donovan (Tom Hanks), qui est affecté à la défense d’un espion russe, Rudolf Abel (Mark Rylance), débusqué aux Etat-Unis dans les années 50, en pleine guerre froide. Donovan, avocat expert en assurances, à Brooklyn, avait été autrefois substitut du procureur au procès de Nuremberg. Bien que conscient qu’il va mettre en danger sa tranquillité et celle de ses proches, que s’afficher avec un « rouge » est particulièrement mal vu aux USA, voire dangereux, conséquence de la guerre froide avec l’URSS, Donovan accepte de défendre Rudolf Abel. Pourquoi accepte-il? Afin qu’un accusé, quel qu’il soit, puisse bénéficier d’un procès équitable, parce que Donovan, homme simple et altruiste, croit à la démocratie et aux droits de l’homme.

Rudolf Abel, habitant NY depuis des années, était chargé de faire passer des messages codés en URSS, quand Le FBI l’arrête, il refuse de coopérer et de trahir son pays (la Russie lui en sera-t-elle reconnaissante? On verra cela vers la fin du film…), il est alors enfermé dans une prison fédérale américaine en attente de son procès.

La CIA imagine ensuite, avec pour négociateur James Donovan, un échange (qui se passera à Berlin, il y aura in fine un double échange, il voit voir le film…) avec un aviateur américain, Francis Gary Powers, dont l’avion, en mission de reconnaissance, avait été abattu en Russie. Une histoire vraie qui avait frappé le jeune Spielberg qui a grandi durant la guerre froide, les Etats-Unis alors en pleine paranoïa, redoutant une attaque soviétique.

photo Fox

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Et aussi

On a affaire à un film classique où l’intérêt réside surtout dans le traitement des personnages et la restitution de l’esprit tourmenté de la guerre froide : les liens que vont nouer Donovan et Abel sont de l’ordre de l’humain et Spielberg se débrouille pour que le spectateur, non seulement ne diabolise pas Rudolf Abel, mais finisse vers la fin du film par se faire du souci pour son avenir (suivant ainsi les sentiments développés par James Donovan). Car la tâche de Donovan se complexifie encore quand il va falloir organiser un échange entre Abel et Powers (en deux mots), le film se transporte alors à Berlin. Un Berlin Est ravagé, les immeubles désossés, le mur de Berlin en construction, un paysage de désolation très bien filmé par Spielberg qui semble nettement plus inspiré dans la seconde partie du film, très différente de la première partie (le réalisateur lui-même évoque un « second film »).

On regrette une fin surnuméraire « commerciale » et morale alors qu’une superbe scène sur le pont de Glienicke lors de l’échange des hommes aurait été une fin très classe. Mais il faut moraliser les USA et montrer indéfiniment l’image du pays des libertés, et au passage, offrir un happy end au spectateur qui n’en demandait pas tant.

photo Fox

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Notre note

(3,5 / 5)

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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