Rencontre avec Alan Parker et Hugh Hudson à Paris : Cinéastes des années 80 sur OSCTV

focus TV diffusion OCSTV, à p. 18 avril 2015

Pitch

Rencontrer Alan Parker "en vrai", le réalisateur d'"Angel heart", un de mes films préférés, c'est waouuu! J'ai bafouillé quelques mots en anglais lors du cocktail qui a suivi la projection pour le remercier d'exister (#fan)...

Notes

Hugh Hudson et Alan Parker

Hugh Hudson et Alan Parker

Dans le cadre de OCS TV « Signature, département des créations fiction ou doc, avait lieu jeudi soir au cinéma Etoile Saint Germain un évènement important pour tout cinéphile qui se respecte : la présence de deux cinéastes culte, Alan Parker et Hugh Hudson, venus spécialement de Londres, pour lesquels le réalisateur Jean-Pierre Lavoignat a réalisé deux doc, deux portraits, les premiers d’une série de dix. Dans les années 80, il étaient 5 cinéastes anglais venus de la pub et exportés à Hollywood : Alan Parker (« Midnight express »), Hugh Hudson (« Les Charriots de feu »), les frères Tony Scott (« Les Prédateurs ») et Ridley Scott (« Alien »), Adrian Lyme (« 9 Semaines et 1/2 ») avec ce handicap de justement venir de la pub, ce qui ne mettait pas en valeur leur CV pour les Studios. Les critiques français, notamment français, les ont pendant longtemps démolis…

Néanmoins, quand Hugh Hudson tourne son premier film, « Les Charriots de feu » (1981) sur une musique de Vangelis, il reçoit l’Oscar du meilleur film… L’ascension immédiate, il ne pourra que descendre… Hugh Hudson et Alan Parker n’avaient pas les mêmes origines sociales, le premier, grand bourgeois de Chelsea, le second né dans la banlieue ouvrière, même si aujourd’hui tous les deux anoblis par leur reine (Sirs).

Hugh Hudson a été plus intransigeant qu’Alan Parker, il n’a jamais fait de concessions, pour son « Greystocke » (1983), il impose Christophe Lambert dans le rôle de Tarzan au lieu de Viggo Mortensen, l’acteur est petit, maigrelet, pas musclé, mais Lambert lui plait à cause de son regard myope insondable. Glenn Close veut le rôle féminin, il lui préfère Andy Mc Dowell qu’il faudra doubler (par Glenn Close!) car, néophyte, elle ne sait pas jouer. Enfin, « Révolution » (1987) devait être le chef d’oeuvre d’Hudson, le film lui tenait à coeur, trop peut-être, mais les conditions de tournage sont difficiles, le split-creen utilisé dans le film ne plait pas, bref, à la sortie, comme « La Porte du Paradis » de Cimino, c’est un échec commercial, Al Pacino, l’acteur principal, qu’il a mis des jours à convaincre (Gere et Stallone voulaient le rôle), ne tournera plus ensuite durant quatre ans et de Nastassja Kinski, il garde un mauvais souvenir « she was crazy! ». Après un détour par méconnu « Lost angels » (1989) avec Donald Sutherland, Hugh Hudson envisage un grand projet avec son réalisateur vénéré, David Lean, le film, « Nostromo », d’après un roman de Joseph Conrad, ne se fera jamais malgré huit ans de travail et Hudson prend l’eau, passe de mode, si l’on peut dire…

 

"Shoot the moon"

« Shoot the moon »

Et aussi

[caption id="attachment_10201" align="aligncenter" width="385"]Alan Alan Parker à Paris, février 2015[/caption]   Alan Parker a été plus prolifique, fasciné par "l'american dream", après son "Midnight express" (1978) démoli par la critique (dommage qu'on n'en dise absolument rien dans le doc mais c'est deux ans avant 1980), il explose avec "Fame" (1980), un film générationnel culte aujourd'hui très daté. En 1982, il tourne un doc quasi-expérimental "Behind The Wall" sur les Pink Floyd, Roger Waters (de Pink Floyd) qu'il trouve odieux le terrifie, les drogues le mettent mal à l'aise, etc... "Birdy" (1984) avec Matthew Modine et Nicolas Cage reçoit le prix du jury à Cannes, il prédisait une carrière de star au premier, ce sera Cage qui deviendra célèbre. Puis, vient un de mes films préférés, un de plus grands "Néo-Noirs" comme on appelle les films noirs d'après les années 55/58 dont ils adoptent les codes : "Angel heart" (1987) avec le duo Robert DeNiro (dans le rôle du diable) et Mickey Rourke au sommet de son art (il vient de tourner "L'Année du dragon" de Cimino et "9 Semaines et 1/2" de Lyme) dans le rôle d'un ancien soldat traumatisé à la recherche de son identité, errant dans le sud Vaudou de l'Amérique, Parker signe un chef d'oeuvre, thriller noir satanique, pseudo-horrifique. De Niro est obsessionnel du moindre détail, Rourke est instinctif, généreux, donnant tout sur une scène. Pour l'anecdote, Alan Parker souligne qu'après ce film, Rourke commence à mal tourner et à se prendre pour une star avec une cour de parasites tout en détestant les stars, ce sera le début de sa descente aux enfers. L'année suivante, Parker réalise "Mississipi burning" (1988) avec Gene Hackman et Willem Dafoe mais l'Amérique n'est pas prête à regarder son histoire en face, la ségrégation, le Ku Klux Klan , le film se voulait un thriller, il devient un pamphlet politique, échec... Parker avait également connu plus tôt un échec commercial pour un petit film intimiste, le seul autobiographique "Shoot the moon"(1982) avec Diane Keaton et Albert Finney (encore aujourd'hui, il semble déçu), que se serait-il passé si Parker avait persisté dans cette veine intimiste? Si aujourd'hui Parker préfère la peinture au cinéma, il a quand même réalisé ensuite encore plein de films dont "La Vie de David Gale" (2003) avec Kevin Spacey que j'aime tout particulièrement. Mais le doc s'arrête là car la commande OCSTV, le thème étant "Cinéastes des années 80".   [caption id="attachment_10204" align="aligncenter" width="385"]"Angel Heart" "Angel Heart"[/caption] J'ai adoré regardé ces deux doc, le premier "Hugh Hudson, l'insoumis", le second "Alan Parker, le franc-tireur", bien que la réalisation soit très classique avec trois parties identiques pour chacun des deux doc, une interview bien menée (JP Lavoignat, co-fondateur du magazine "Studio", est un des grands journalistes ciné des années 80/90), des extraits de films, des photos d'archives, tout cela est très sage mais le sujet est tellement captivant, tiens! on aurait pu en faire une série de livres!

Diffusion

Diffusion :

« CINEASTES des années 80 »

Sur OSCTV Géants

Tous les jeudis à partie du 18 avril 2015

@ocstv

 

18/04 – Hugh Hudson

25/04 – Adrian Lyne

02/05 – Alan Parker

09/05 – John Landis

16/05 – Roland Joffe

23/05 – David et Jerry Zucker & Jim Abrahams

30/05 – Joe Dante

06/06 – John Carpenter

13/06 – Walter Hill

20/06 – Barry Levinson

Notre note

4 out of 5 stars (4 / 5)

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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