BOWIEZIGGY

soirée spécial Bowie sur Arte : Life on Mars for Bowie

focus TV diffusion Arte, soirée du 14 mars 2015

Pitch

En marge de l’exposition "David Bowie" is" à la Philharmonie de Paris, le king du glam rock enfile ses plus beaux costumes dans deux documentaires sur Arte. De Ziggy à "Let's dance, la mutation d'un artiste d'avant-garde en chanteur commercial.

Notes

J’ai visionné les deux documentaires qu’Arte va diffuser lors d’une soirée spécial Bowie le samedi 14 mars en marge de l’expo « David Bowie is » installée à Paris depuis quelques jours.

« Dr Bowie et Mr Jones »

David Bowie (David Robert Jones) vient d’une banlieue populaire de Londres, la working class, comme il le dit, sa mère est ouvreuse de cinéma, son père travaille dans un foyer d’enfants.

Il débarque dans le centre de Londres et participe à diverses formations. Inspiré du Velvet underground et du théâtre japonais Kabuki (il porte souvent des kimonos, a pour couturier souvent Yamamoto), il démarre en 1969 avec l’album « Space oddity », explose en 1972 avec « Ziggy Stardust », en 1973 avec « Aladdin sane ». Le personnage de Ziggy derrière lequel il se cache finira par le dévorer tant il suscite un succès immense, voire une dévotion. Bowie dit qu’il autant musicien que peintre mais qu’il est surtout bon dans la conceptualisation, il se définit comme un conceptualiste. Ses costumes, son maquillage que tous vont recopier, ses cheveux orange, rien n’est dû au hasard. Pas plus que les musiques, il s’entoure des meilleurs et leur fait des demandes précises, on le voit quand, voulant quitter le personnage de Ziggy (« Ziggy was a monster »), il va aux USA.

Periode USA : à NYC, tournant le dos au Glam rock qui l’a rendu célébrissime, à la recherche de funk, de soul, il engage des musiciens à Harlem à « L’Apollo » mais même aux meilleurs, il donne des indications, ils s’en souviennent encore, comment il « pervertit » les accords, casse le tempo des musiques (tendance rock décadent). Question look, en 1974, aux USA, il a abandonné le make-up, les cheveux orange et les tenues excentriques pour une mise plus simple en costume (pas classique pour autant, un pantalon immense) et Borsalino, cheveux peroxydés, platinés. Mais ces années US deviennent un cauchemar quand il émigre à LA, la cocaïne, la défonce, les zombies des années 70 dans les rues de LA , le plongent dans la dépression. En 1977, il sort « Diamond dogs », un album sombre, il pousse l’androgynie jusqu’à s’habiller en femme, on a tous en tête cette émission de TV où, habillé en femme, Bowie passe sa main sur sa nuque et ôte sa perruque, wow!

Il s’en sortira en allant à Berlin, troisième période. Il a quitté les USA, a divorcé d’Angie (elle a inspiré « Angie » des Stones), et pour la première fois depuis longtemps, peut sortir dans Berlin en anonyme sans se déguiser. A Berlin, Bowie collabore avec Brian Eno, produit des albums pour des artistes sur la touche car trop défoncés, ses idoles, Iggy Pop, Lou Reed (du Velvet). En 1977, il sort « Heroes », auto-critique de la célébrité.

Mais le vrai virage se passe en 1983 quand il sort le tube commercial « Let’s dance » : il passe alors du statut de l’artiste d’avant-garde à la star commerciale qui se produit dans des stades gigantesques et amasse les millions (auparavant, il avait été exploité par les producteurs). Parallèlement, en 1980, Oshima le fait débuter au cinéma dans « Furyo », il enchaîne avec « L’Homme qui venait d’ailleurs » de Nicolas Roeg (« Performance »), « Les Prédateurs » de Tony Scott avec Catherine Deneuve. Le documentaire se veut exhaustif jusqu’à nos jours mais les dernières années sont moins intéressantes, il a épousé Iman, eu un second enfant avec elle, ramasse la légion d’honneur, monte son site internet, etc…

« Il n’y a pas de futur, c’est nous qui le créons »

« Nous sommes les créatures de nos créations »

 

"Les Prédateurs" (1983)

« Les Prédateurs » (1983)

 

 

Et aussi

« Bowie en 5 actes »

Plus artisanal, le deuxième documentaire donne la parole à beaucoup de témoins et colaborateurs proches de l’époque. Comment David Bowie est-il passé de l’underground au statut d’idole mainstream ? Bowie en 5 périodes clé de 1971 à 1983, le doc n’est pas exhaustif, comme le précédent, mais efficace pour expliquer la mutation de l’artiste.

acte 1. 1971/1973

« Ziggy stardust and the Spiders from Mars » , le personnage de Ziggy finira par vampiriser Bowie.

Fusion avec le guitariste Mick Ronson avec qui il partage beaucoup sur scène (de 1970 à 1974).

1969

1969 « Space oddity »

1972

1972 « Ziggy Stardust »

1973 Aladdin Sane

1973 Aladdin Sane

 

acte 2. 1974/1975

A « L’Apollo » à Harlem, il rencontre les meilleurs musiciens de soul music

Tournée US « American youngs »

« Fame » (procès de la célébrité qui « vous emmène là où tout est creux »)

« Station to station »

Le personnage du « Thin white duke »

Bowie n’est plus travesti mais il est drogué, pèse 45 kg, entouré de parasites et oisifs, il devient parano et quitte les USA

1975 US "Wrong americans"

1975 US « Wrong americans »

1976 "Station to station"

1976 « Station to station »

acte 3. 1976/1977

Bowie en Europe, Paris, puis, Berlin, rencontre avec Brian Eno

« Low », premier album de la trilogie Berlinoise

Finalement, Bowie cherche autre chose, il réclame du « rock saignant », ce sera « Heroes », album de la rédemption, on peut survivre au pire. Pour la première fois, Bowie se rend compte qu’il peut composer sans drogues

1977 "Low"

1977 « Low »

1977 "Heroes"

1977 « Heroes »

acte 4. 1979/1980

« Scary monsters »

Bowie tourne un des premiers clips réalisés, déguisé en clown

« Ashes to ashes »

« Fashion »

(« On est une bande de crétins qui débarque en ville », provocation)

Bowie revient à la figure sinistre du « Major Tom »(« Space Oddity », « Ashes to ashes »)

 

1980 "Scary monsters"

1980 « Scary monsters »

1980 "Ashes to ashes"

1980 « Ashes to ashes »

acte 5. 1982/1983

Londres, le retour, l’hôtel Claridge. Afin d’en finir avec ses troubles identitaires, Bowie choisit d’être un performer

C’est ici que Bowie, l’avant-gardiste, devient Bowie, la star mainstream qui remplit les plus grands stades, un contrat de 5 ans signé avec EMI et le tube interplanétaire « Let’s dance » qui déçoit les puristes, les fans du début, tout comme la chanson « China girl ». Bowie tente d’être moins nihiliste, plus humain car les paroles des premier albums étaient étonnantes : lucides, engagées, pessimistes, provocatrices, presque politiques. Ici, des mélodies simples et de paroles banales, Bowie, plus joyeux dans sa vie, est devenu un chanteur grand public!

1983 "Let's dance"

1983 « Let’s dance »

Annexe

 

1970 "The man who sold the world"

1970 « The man who sold the world »

Diffusion

Spécial « David Bowie » Samedi 14 mars à partir de 22.35 sur ARTE

Le roi du glam rock enfile ses plus beaux costume dans deux documentaires « Dr Bowie and Mr Jones » et « Bowie en 5 actes », un numéro spécial de « Personne ne bouge ! », et un épisode de « Tout est vrai (ou presque »)

Exposition « David Bowie is » à partir de mars à la Philharmonie de Paris

Bande annonce

Notre note

4.5 Stars (4,5 / 5)

Mots clés: , ,

Partager l'article

Lire aussi

Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

Laisser un commentaire

Votre email ne sera pas publié. Remplissez les champs obligatoires (required):

Back to Top