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« Tab Hunter Confidential » / sortie DVD

focus DVD Jeffrey Schwarz, sortie DVD 24 février 2017

Pitch

Tab Hunter, star et sex-symbol du Hollywood des années 50, "gendre idéal" au physique d'archange, à toujours été obligé de cacher son homosexualité...

Notes

Tab Hunter, né en 1931, fut sans doute chassé d’Hollywood davantage par la razzia du « Nouvel Hollywood » et la nouvelle vague déferlant sur les studios à la manière de « Easy rider » que par la révélation de son homosexualité en 1951 par le magazine « Confidential » qui fut à l’époque contrecarrée par Warner qui « tenait » la presse people. Star dans les années 50, sex-symbol adulé par les femmes, il représentait, tout comme Rock Hudson et même davantage, le gendre idéal, l’archétype de la virilité aryenne grâce à son physique parfait de surfeur Californien à la blondeur absolue. Sa grande erreur fut de claquer la porte des studios Warner. Comme il le dit lui-même, c’était un suicide et il ne retrouvera plus de rôles au cinéma. Il fut pourtant pressenti pour jouer le rôle de James Dean auprès de son amie, Natalie Wood, dans « La Fureur de vivre ». Mais, avec le recul, on voit bien que l’époque était à l’émergence des acteurs ambigus comme Brando et Dean qui allaient tout ensevelir sur leur passage, que les années 50 et les films de studios de l’âge d’or Hollywodien furent enterrés par les années 60.

Car, si le doc nous présente Tab Hunter aujourd’hui, serein et apaisé, il effleure à peine ses colères qui devaient être plus extrêmes qu’il ne le confesse. Son ambition aussi mais pas assez sans doute et pas pour les mêmes raisons que ses collègues de Hollywood, ainsi, son amant le plus célèbre, Anthony Perkins, plus amoureux de lui que lui, le plaquera néanmoins à la demande des studios… Tous ces acteurs étaient prêts à tout pour réussir à devenir une movie star mais Tab était différent. Quand il rencontre un agent de cinéma par hasard, il veut être le meilleur, son objectif est de bien faire, voire d’être le meilleur mais surtout que sa mère soit fière de lui. Car toute sa vie, Tab Hunter est hanté par sa mère, son juge suprême, et son frère aîné, son modèle. Dans son enfance, sa mère, allemande, divorce de son mari violent qui la maltraite et éleve seule ses deux fils, s’épuisant à la tâche, cumulant plusieurs boulots. Austère et sévère, elle les nourrit à la pratique du catholicisme et Tab, qui sera ensuite également chanteur à succès, adore chanter à la chorale pendant la messe.

"Tab Hunter confidential" (photo Outplay Films)

« Tab Hunter confidential » (photo Outplay Films)

Tab était un type bien que sa beauté insensée dérangeait plus qu’elle ne le servait au cinéma, le condamnant à des rôles de héros au physique angélique. Toute sa vie, il a été gêné d’être obligé de cacher son homosexualite qui était punie par les lois de l’époque, il a joué le jeu en se taisant, sans pour autant accepter un mariage blanc. En vérité,  ses soucis majeurs étaient d’ordre familial : rongé par la folie de sa mère qui, épuisée, est internée en HP, puis, la mort de son frère au Vietnam, il accepte tous les rôles pour survivre financièrement. Il sera « repêché » beaucoup plus tard dans les films trash du réalisateur John Waters.

Et aussi

Le documentaire est de facture très classique, Tab Hunter raconte et on passe des photos, des extraits de films et de chansons. Ce qui est captivant, c’est plutôt ce récit illustrant l’inconvénient d’être trop beau dans ce monde du paraître où l’on devient aussitôt une proie, l’objet des désirs de tout le monde, des femmes comme des hommes, exploité en tant que tel comme une machine à cash par les studios, calculette greffée au cerveau. Une beauté qui finit par devenir un handicap…

"Tab Hunter confidential" (Photo Outplay Films)

« Tab Hunter confidential » (Photo Outplay Films)

Ce film a le mérite de nous faire connaître cet acteur oublié (qui a enfin trouvé la paix, plus âgé, débarrassé de cette beauté parfaite, auprès d’un compagnon fidèle et d’un élevage de ces chevaux qu’il a aimé toute sa vie). On aimerait bien voir les deux films qu’il a tourné avec Natalie Wood dont Robert Wagner, son mari d’alors, témoigne dans ce doc qu’elle l’adorait.

 

Diffusion

Outplay films

sortie DVD collector 24 février 2017

 

Notre note

3.5 Stars (3,5 / 5)

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Posted by:

Camille Marty
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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