« The Blue dalhia » (« Le Dalhia bleu ») : l’ange blanc

Goerge Marshall, 1946
Johnny Morrison, aviateur démobilisé avec deux de ses camarades, veut faire une surprise à son épouse, Helen, en débarquant à l’improviste dans le luxueux bungalow d’une résidence hôtelière où elle donne une party dans les bras de son amant, Eddie Harwood, propriétaire du cabaret « Le Dalhia bleu »… L’épouse Helen est très stylisée, brune et sombre comme le péché, femme de pique, moulée à l’extrême dans une robe de satin assez vulgaire. Très vite, Helen, agressive, avoue à son mari que leur petit garçon est mort par sa faute à elle, qu’elle était ivre au volant et l’a tué involontairement dans un accident de voiture. Ecoeuré, Johnny quitte la maison et rencontre la nuit sous la pluie son contraire, l’ange blond, la mystérieuse inconnue (Veronica Lake) vêtue de blanc qui l’emmène dans sa voiture, le protège ou le manipule, on n’en sait rien.Pendant ce temps, les deux camarades de guerre de Johnny, George, l’avocat, et Buzz, gros nounours hagard qui a reçu un obus dans le crâne et se comporte comme un enfant colérique ou un amnésique démuni, l’attendent… Le retour de Johnny, le mari d’Helen, a donné l’occasion à Hartwood de mettre fin à une liaison avec une encombrante maîtresse qui envahit sa vie alors qu’il est toujours amoureux de sa femme disparue il ne sait où. Mais Helen, maîtresse répudiée et épouse quittée le même jour et par son amantet par son mari ne l’entend pas de cette oreille… Le lendemain, elle est assassinée…
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Bien que le scénario soit signé Raymond Chandler, ce film, dont l’ambiance film noir est ce qu’il y a de plus réussi dans le film, noire et désenchantée, très belles scènes sous la pluie la nuit, le pavé ruisselant, Buzz, handicapé, à la limite de la folie entendant des coups dans sa tête, ne supportant pas les cris, le bruit, la musique, donnant le ton inquiétant nécessaire au film, il y a quelque chose qui cloche… D’une part, de temps en temps, le film s’enlise, comme s’il changeait de cap, puis accélérait, ralentissait, commençait à creuser un sujet, puis laissait tomber, etc… D’autre part,  les personnages principaux, qu’il s’agisse de Johnny (Alan Ladd) ou de Joyce, la mystérieuse blonde (Veronica Lake), en vérité épouse démissionnaire de Hartwood, sont très peu caractérisés, il semble que le plaisir de les voir réunis (très beau couple) ait primé sur l’assise scénaristique de leurs personnages, très vagues, plus beaux que charnels, couple idéal éthéré. Au final, de changement de coupable à changement de méchant, on s’est un peu lassé…

Malgré ces restrictions, ce film mérite d’être vu pour ses particularités. D’abord, l’interaction du film noir avec les conséquences de la guerre (le personnage de Buzz, brisé), ce qui est assez rare, ensuite, autre rareté, la femme fatale rédemptrice, l’ange blanc dans un film noir. Et le plaisir de voir ce couple magnifique Alan Ladd et la ravissante Veronica Lake qui ne ressemble à aucune autre actrice ou peut-être un peu une Dominique Sanda avant l’heure… Avec cette coiffure tellement copiée à l’époque, cheveux mi-longs blonds et légendaire mèche crantée… Un film imparfait à l’ambiance vénéneuse, doucereuse de « Dalhia bleu » et  non pas létale de dahlia noir… Un film noir un peu atypique, à découvrir.

Ce film existe en DVD, éditions Bac films. 

Notre note

(3 / 5)

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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