« The Lady » : love-story politique

Luc Besson, sortie 30 novembre 2011

Pitch

L'histoire d'amour du couple que formait la dissidente Birmane Aug San Suu Kyi, prix Nobel de la paix, et son mari Michael Aris qui sacrifieront leur vie de famille à la lutte politique.

On a ici typiquement le film dont j’entendais Ruquier dire samedi soir qu’il est « un film utile », ce qui n’a aucun sens du point de vue cinéma, soit un sujet noble et un film plongé dans le pathos avec l’émotion pour fonds de commerce. De la vie de Aug San Suu Kyi, Luc Besson a choisi un seul angle : l’amour et le couple idéal et idéalisé qu’elle formait avec son mari Michael Aris. Installé à Londres, le couple Aris et leurs deux fils mène une vie heureuse. Un coup de téléphone annonçant à Aug San Suu Kyi que sa mère est en train de mourir leur fait prendre un avion pour la Birmanie en 1988. Pour Aug San Suu Kyi, ce sera un aller simple.

En Birmanie, Aug San Suu Kyi, fille du général Aug San, leader de la libération Birmane, abattu quand elle était enfant, devenu un martyr pour son peuple, renoue avec son pays. En 1990, la junte militaire au pouvoir organise des élections qu’elle remporte, fondatrice et candidate de la Ligue nationale pour la Démocratie (LND)

. Alors qu’elle s’apprête à devenir premier ministre, la junte militaire invalide son élection et l’assigne à résidence. Elle y passera quinze ans. Son mari, Michael, ne pourra venir la voir qu’une seule fois, ensuite, il n’obtiendra plus de visa. En 1991, Aug San Suu Kyi obtient le prix Nobel de la paix, son mari et ses fils iront à Stockholm à sa place. Emporté par un cancer de la prostate en 1999, ce mari plus que parfait, non seulement soutiendra sa femme dans son combat pour la démocratie depuis Londres mais agonisant, la confortera dans sa décision de ne pas venir le voir en Angleterre car si elle avait quitté la Birmanie, elle n’aurait jamais plus été autorisée à y revenir. La force de caractère de celle qu’on appelait souvent « the iron orchid » fera le reste et aujourd’hui Aug San Suu Kyi, libérée en 2010, n’a pas cessé la lutte.


photo Europacorp

Luc Besson semble avoir été surtout fasciné par la preuve d’amour exceptionnelle que donna Michael à sa femme en sacrifiant tout afin qu’elle puisse défendre sa cause : l’avènement de la démocratie dans son pays. Le scénario lui a été apporté au départ par l’actrice Michelle Yeoh qui pressentait que cela serait le rôle de sa vie. Mais en se focalisant sur l’histoire intime du couple Aris, leur séparation, leur courage, leur stoïcisme, en montrant une famille angélisée, un couple rêvé, une femme évanescente, on est pas loin du conte de fées plongé dans l’eau lacrymale du mélo. Le film est lourd, surligné, la scène de massacre initiale du père de Aug San Suu Kyi et son équipe complètement loupée, l’avant-dernière image avec la Rolex au poignet de l’héroïne qui salue, no comment… Démonstration que le sujet le plus politique, abordé avec l’âme d’une midinette, peut donner une love story tire-larmes pour faire pleurer dans les salles obscures.

Notre note

(2 / 5)

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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