« This property is condemned » (« Propriété interdite ») : un exemple (rare) d'une adaptation ratée de Tennessee Williams

Sydney Pollack, 1966, reprise le 20 février 2013

Pitch

Pendant la crise économique des années 30, un agent des chemins de fer est envoyé à Dodson, Mississipi, avec pour mission de fermer une large partie des activités ferroviaires, principale source de revenus de la ville.

Ce film, adapté d’un livre de Tennessee Williams, était destiné à John Huston, Sydney Pollack prendra le relais et le résultat est fort mièvre… De la chaleur du sud tellement oppressante dans un film comme « Reflets dans un oeil d’or » 

réalisé par Huston (d’après le roman de Carson Mc Cullers), ici (ça se passe dans le Mississipi), on n’en ressentira rien et ce n’est pas le glaçon que Natalie Wood, cabotinante, se passe dans le cou (largement décolleté), assorti de quelques remarques par ci par là sur la chaleur, qui y changera grand chose… Tout comme cette tentative de créer une atmosphère sur le pouvoir obsédant de l’absente, cette manière que tous ont de parler d’Alva avant qu’elle n’apparaisse à l’écran, les ficelles sont épaisses, et c’est encore loupé. Disons le tout de suite, si Natalie Wood tient le haut de l’affiche, c’est son partenaire, Robert Redford, peu mis en valeur à l’époque de la sortie du film (1966), qui sauve (un peu) le film.

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photo Paramount
Willie, une adolescente délurée, se souvient de sa soeur aînée, Alva, devant la pension Starr fermée, propriété interdite comme l’était sa soeur, plus ou moins prostituée par sa mère. Flash-back sur la grande époque de séduction d’Alva Starr, principale attraction de la petite ville de Dodson. Owen Legate, employé des chemins de fers, arrive en ville avec pour mission de fermer certaines lignes de train, c’est la grande dépression des années 30, quinze employés vont être licensiés. Or, le fonds de commerce de la mère d’Alva, c’est cette pension Starr avec pour clients tous les cheminots. Et dans ces clients, un plus riche que les autres qu’elle destine a Alva qui n’en veut pas. Objet de tous les désirs masculins, Alva est convoitée par J.J., l’amant de sa mère, qui feint de l’ignorer pour le garder ; jeune femme rêvant d’évasion, oisive, lascive, Alva aguiche et rejette, tour à tour, les uns et les autres. Jusqu’à ce qu’elle tombe amoureuse d’Owen Legate qui ne la regarde pas, venu louer une chambre à la pension Starr.

photo Paramount

 

Malgré l’insupportable cabotinage de Natalie Wood qui tente une prestation casse-gueule à la Marilyn Monroe (l’unique), cette première partie se tient à peu près, l’ambiance transgressive Tennessee Williams est respectée avec ce couple mère-fille dévoyé, le fantôme d’un père disparu qu’on idéalise, le déni de la réalité de l’héroïne, Alva, la fronde des employés licensiés qui veulent se venger. Mais qu’arrive la seconde partie d’une love story classique entre Alva et Owen, réunis à la Nouvelle Orléans, et c’est l’impasse. Seul un final tragique peut redresser la barre, il arrive mais téléphoné et on revient poussivement à la première scène, Willie, dans la robe trop large de sa soeur Alva, qui marche en équilibre sur la voie ferrée.En regardant ce film, on comprend mieux pourquoi avec Sydney Pollack à la réalisation, FF Coppola co-scénariste d’après Tennessee Williams (dont les adaptations sont souvent excellentes), Natalie Wood, Robert Redford et Charles Bronson au casting, ce film soit néanmoins tombé dans les oubliettes : il est vraiment raté.

 


intéressant la relégation de Redford au second plan et le texte raccoleur de l’affiche de 1966 

PS. En cherchant des infos, je suis tombée sur l’annonce de la reprise de ce film en salles en version restaurée le 20 février 2013 alors que je l’ai regardé sur le catch up d’OCS par hasard…

 

Notre note

(2 / 5)

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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