« Time out » : time is money + bonus : conférence de presse avec Amanda Seyfried et Justin Timberlake à Paris

Andrew Niccol, sortie 23 novembre 2011

Pitch

Dans un monde où les individus sont génétiquement modifiés pour rester jeunes, après 25 ans, il faut gagner du temps pour survivre, une frange d'ultra-riches accumule le temps tandis que les pauvres meurent dans le ghetto, faute de temps.

 

  
Amanda Seyfried et Justin Timberlake à Paris (04 nov. 2011)

Sous le manteau d’un film d’anticipation où le temps a remplacé l’argent, le réalisateur nous livre un constat glaçant du monde d’aujourd’hui avec une petite frange d’ultra-riches possédant des millions d’années à vivre et un ghetto de pauvres pour qui le coût de vivre une heure de plus augmente tous les jours.
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photo Fox

Will Salas vit avec sa mère, Rachel, il a 28 ans, elle en a 50 mais ils ont l’air d’avoir exactement le même âge. Et pour cause : dans ce monde-là, le vieillissement du corps stoppe à 25 ans. Au delà de 25 ans, il faut lutter pour survivre, se débrouiller pour acheter du temps supplémentaire, gagner du temps de vie, gagner sa vie au sens premier du mot. Ce qui est représenté ici par un compteur de vie que chacun possède imprimé sur le bras. Si à New Greenwich, le quartier huppé, les riches ont des centaines d’années imprimés sur les bras, cela en fait d’eux en retour des proies qui risquent le racket, le kidnapping.

A la mort de sa mère par manque de temps, Will devient un Robin des bois des temps modernes. Auparavant, il a sauvé de l’agression un certain Henry Hamilton qui traînait dans un bar mais l’homme n’était pas là par hasard, cherchant à en finir. Au matin, l’homme a transféré tout son temps dans le bras de Will et s’est jeté dans le fleuve. Will, son compte temps rempli de centaines d’années, va alors à l’abordage de New Greenwich, le quartier chic, et fait la connaissance de Sylvia Weis, la fille d’un riche banquier, qui meurt d’ennui dans le sillage de son père et ses gardes du corps. Accusé de meurtre, à tort, Will Salas prend Sylvia Weis en otage.


photo Fox

Le film va loin dans l’organisation de la répartition des richesses en temps qui s’apparente point par point au monde d’aujourd’hui, il suffit de remplacer le mot temps par dollar. Les bandes de casseurs appelés les « Minute men » ne s’attaquent qu’aux pauvres, ayant compris qu’il fallait rester loin des beaux quartiers de New Greenwich pour qu’on les tolère. Les « Time keepers » (« garde-temps »), milices privées, confisquent le temps quand ils estiment qu’il n’est pas bien attribué, c’est ainsi qu’ils vident le temps du bras de Will qu’ils soupçonnent de meurtre d’Henri Hamilton. Le père de l’héroïne, pauvre petite fille riche, Sylvia, possède les banques du temps qu’il gère en misant sur la pénurie, comme à Wall Street. 
Dans le ghetto, les banques affichent « Time out » (« en rupture de temps ») et les cadavres des pauvres n’ayant plus de temps, jonchant les trottoirs, ont ceux des SDF chez nous. Les kidnappings des ultra-riches sont déjà légion dans des villes comme Sao Paolo où les milliardaires, craignant qu’on prenne leurs voitures d’assaut, ne se déplacent qu’en hélicoptère du toit d’un immeuble à l’autre.Tous les sujets des aspirations du monde contemporain, sans autre valeurs que l’argent et la jeunesse éternelle, sont abordés très simplement : l’homme riche que rencontre Will au début du film n’en peut plus de vivre si longtemps, centenaire, éternellement jeune, riche, beau, il se suicide mais la police n’y croit pas, il avait tout… Un petit groupe de mortels ultra-riches en temps sont-ils destinés à devenir immortels sur le dos des pauvres en temps du ghetto qui s’épuisent à trouver du temps de survie?


photo Fox

Le film emprunte des références un peu partout : Will/Robin des bois va faire équipe avec Sylvia Weis qui fait un peu penser à la fille du magnat Hearst (Patricia Hearst), enlevée dans les années 70, devenue terroriste, en empathie avec ses ravisseurs, devenant des Bonnie and Clyde pour la bonne cause : redistribuer le temps aux plus pauvres. Et puis, Darwin à la rescousse, comme d’habitude, la sélection « naturelle » où seuls les plus forts survivent.
Beau casting masculin : Justin Timberlake (Will Salas), Vincent Kartheiser (Philippe Weiss), qu’on suit depuis 4 saisons dans « Mad men », Cillian Murphy (Raymont Leon, le chef des garde-temps), déjà remarqué dans « Inception ». Mais Amanda Seyfried, pourquoi est-elle si côtée? Mystère… les gambettes maigrichonnes comme des tiges, les yeux riboulants, ici flanquée d’une perruque rousse à frange façon Anna Karina, le jeu plat, c’est l’actrice américaine lambda énergique comme il y en a cent avec plan de carrière plus solide qu’un autre, sans doute… (elle devrait interpréter Linda Lovelace, actrice du film X culte « Deep throat » (1972),  dans un prochain biopic).

Le réalisateur : Andrew Niccol, néo-zélandais ayant déjà réalisé « Lord of war » (2006), « Simone » (2002).

La conférence de presse vendredi 4 novembre 2011 à Paris, instants…

      

  

  

 
Hier après-midi en bonne compagnie de deux consoeurs blogueuses*, nous prenons le thé à l’hôtel Bristol, non! ça, c’est après la conférence de presse, happée par la vision d’un cake pistache-chocolat sur une table roulante, la présence de Geoffrey de Peyrac (alias Robert Hossein) dans l’espace-bar…  Il faut dire que l’endroit est d’un luxe épais, opaque, mais non ostentatoire, tranquille, avec le gros chat blanc soyeux de l’hôtel occupant un fauteuil de jardin dans le patio (un peu le chat du méchant dans les James Bond), qui n’a rien à envier à New Greenwich, le quartier des ultra-riches dans le film « Time out » que sont venus présentés Amanda Seyfried et Justin Timberlake à l’occasion d’une conférence de presse organisée par la Fox.« Time out », récit allégorique de la société d’aujourd’hui avec une frange d’ultra-riches possédant tout le temps de la planète et un ghetto de pauvres survivant d’heure en heure dans un monde où le coût du temps augmente tous les jours, a plusieurs cordes à son arc, comme l’a souligné Justin Timberlake : volets sociétal, politique, mais aussi film d’action non stop où on est maintenu en haleine, on y réfléchira ensuite car le film pose des questions existentielles majeures ; ça c’est lui qui le dit, car, personnellement, je préfère la première partie du film, l’analyse sociétale, engagée, sous l’habillage du film de genre anticipation, que la course-poursuite de Will/Robin des bois et la fille du banquier Weis dans la seconde partie du film, sans oublier l’histoire d’amour.

Justin Timberlake rappelle que le réalisateur Andrew Niccol, bien que le fim ait été tourné en 2010, avait écrit ce scénario prémonitoire depuis des années ; la science-fiction a toujours été un miroir de la société sauf qu’ici le réalisateur mixe la provocation et le divertissement.Un peu seuls au monde hier dans cette salle de conférence du Bristol, posés dans deux fauteuils pourpre sur une estrade, face à la salle, la traductrice assise en contrebas, Amanda Seyfried en petite robe noire ajourée, jambes nues, et Justin Timberlake en pull, chemise ouverte, le réalisateur absent à qui on aurait eu beaucoup plus à demander qu’aux acteurs, compte tenu du poids politique du message. Amanda Seyfried dit que depuis ce film, elle a une conscience différente du temps et des valeurs essentielles de la société (dans le film, les personnages courent tout le temps à la recherche de temps). Quels sont leurs films de référence, est-ce qu’ils regardent des films français? Elle cite un film avec Marion Cottilard que presque personne n’a vu (« Jeux d’enfants »)… Justin Timberlake cite « Citizen Kane », « Reds », « ET », aucun film français…

Ils avaient été à l’affiche tous les deux du film

« Alpha Dog » mais avaient peu de scènes en commun, Amanda Seyfried s’anime, plutôt intimidée tout le long, « Do you remember me? » lance-t-elle à Justin Timberlake? Quand on leur a demandé si ils trouvaient ça enviable de cesser de vieillir à 25 ans comme dans le film, il a pris les devants : il a 30 ans et elle 25 ans, il aurait donc du recul… Bien qu’on sente un humour pince-sans-rire chez Justin Timberlake, il semble lassé par l’exercice, possible qu’il ne communique beaucoup avec sa partenaire dans la vie, après la dernière question, et la conférence de presse est courte, le nouveau séducteur file vers la sortie.La question qui met tout le monde d’accord : comment fait Amanda Seyfried pour courir comme une dératée  sur 12 cm de talons? Réponse/Aveu : elle court sur 6 cm de talons, des chaussures de cascades, mais c’est très fatiguant quand même…

 

Notre note

(3 / 5)

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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