US Deauville 2010, l’année des nouveaux séducteurs? Chace Crawford pour « Twelve », début de la compétition/ »Welcome to the Rileys » (+critique)

36° Festival du cinéma américain de Deauville, dimanche 5 septembre 2010
   

Si l’on a pu tiquer à la lecture du programme pointant une pénurie de stars à Deauville cette année, il est possible que cela soit par méconnaissance des nouvelles stars occupant le terrain. Les nouveaux séducteurs existent et les plus jeunes les connaissent bien parce que, contrairement à leur prédécesseurs, la plupart d’entre eux viennent des séries TV et ce n’est pas par hasard si Deauville a intégré pour la première année les séries dans son calendrier (lors de ce premier WE). Hier, Thomas Dekker pour « Kaboom » de Gregg Araki, de la série « Heroes ». Aujourd’hui, provoquant les premiers frissons sur les Planches, fans brandissant des photos de leur idole à dédicacer, l’heureux élu plaisant autant aux filles qu’aux garçons, le beau gosse de « Gossip girl » qui ne l’est pas moins « en vrai » : Chace Crawford. La projection de « Twelve » de Joel Schumacher, dans lequel Chace Crawford interprète un dealer taciturne vendant aux gosses des quartiers chics de Manhattan les drogues qu’il ne prend pas, était comble, les photographes groupés en bas de l’estrade du CID bien plus nombreux que pour les autres projections (alors qu’il y avait déjà eu un photocall pour CC vers midi).  lire la critique du film… 

Une semaine qui devrait se terminer en apothéose de la génération montante US avec la venue très attendue d’un jeune nouveau séducteur déjà patenté qui, lui, doit sa notoriété subite au cinéma (avec le succès fulgurant des « High school musical ») tout en tournant dans des séries TV : Zac Efron viendra présenter samedi 11 septembre son dernier film « Charlie St Cloud ».
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photo de droite : Mireille Ampilhac   / sortie 8 septembre 2010

« Twelve » de Joël Schumacher : sortie le 8 septembre 2010
« Welcome to the Rileys » : sortie le 10 novembre 2010
« Welcome to the Rileys » de Jake Scott (compétition)
   
Kristen Stewart, photo Bac Films        SORTIE 10 NOVEMBRE 2010

Pitch.
Quatre ans après la mort accidentelle de leur fille qui les a démoli, un couple s’attache à une jeune fille paumée du même age, strip-teaseuse et prostituée à la Nouvelle Orléans, tentant de remplacer ainsi leur fille disparue.
S’il y a un film qui m’a exaspérée, c’est bien le démago et puritain « Welcome to the Rileys » qui mise sur l’empathie naturelle du spectateur, avec comme sujet principal la perte d’un enfant par un couple qui n’arrive pas à remonter la pente, pour dérouler un récit tellement moralement correct que ça en devient un concentré de puritanisme noyé sous un déluge de bons sentiments.Doug et Lois sont mariés depuis trente ans, il fume enfermé dans le garage en pleurant, elle ne sort pas de chez elle, même pas pour aller chercher son courrier dans la boite aux lettres. Dans la maison, une pièce vide, celle de leur fille disparue, entre eux le silence, les non-dits. Doug a une maîtresse, Vivian, la serveuse d’un fast-food, Lois ferme les yeux. A l’occasion d’un congrès à la Nouvelle Orléans, Doug va s’attacher à une strip-teaseuse, Mallory, qui lui rappelle sa fille disparue, il s’installe chez elle.

Mais quand Doug rencontre Mallory, c’est quasiment contre sa volonté, il entre dans un bar à putes, elle lui propose un strip privé et il refuse ; si le vertueux Doug finit par accepter, c’est pour échapper à des collègues de congrès qui poussaient eux aussi la porte du bar. Mais au premier étage, Doug ne veut pas toucher Mallory même de loin… Installé chez elle dans un squatt miteux, Doug, qui possède une entreprise de plomberie, va jouer Blanche-Neige chez les 7 nains en s’improvisant réparateur, homme de ménage et cuisinier pour Mallory. De temps en temps, la jeune fille, qui continue à se prostituer, embringuée dans une galère avec un client, l’appelle à l’aide, il paye les factures et paterne (et au rayon moralement correct, passons sur l’interdiction à Mallory par Doug de dire « fuck », sur son refus à elle de la sodomie avec ses clients sur lequel on insiste, etc…)


photo Bac Films

Mais on n’a encore rien vu… Voilà que l’épouse de Doug, Lois, qu’on présentait comme droguée aux psychotropes divers depuis quatre ans pour tenir le coup, sort de chez elle et fait le trajet d’Indianapolis à la Nouvelle Orléans en voiture et sans plus prendre aucun médicament!!! Ce sevrage magique est assorti d’une sexualité retrouvée illico avec son mari (Vivian, la maîtresse ayant eu le bon goût de mourir d’une crise cardiaque) aussitôt qu’elle va habiter aussi avec lui chez Mallory dont elle devient la maman. La scène où Doug demande à Lois si elle a pris ses comprimés anti-migraines pour recoucher avec Bobonne est d’une finesse… (à moins que ça ne soit censé être de l’humour…) Une fausse famille se reforme, ils vont acheter ensemble au supermarché des grandes culottes blanches avec des dessins pour Mallory… 
On a gardé le pire pour la fin : un happy-end où Doug et Mallory sont tellement guéris de leur malheur qu’ils en ont arrêté de fumer TOUS LES DEUX, c’est pas beau ça comme fin porteuse d’espoir? C’est assez insupportable dans les films américains récents que toute personne qui fume une cigarette soit la cause de dialogues hypocrites à n’en plus finir où les autres le lui reprochent, la mettent en garde des dangers du tabac. Ici, Doug peut fumer enfermé dans le garage parce qu’il est désespéré, ça n’empêche pourtant pas les remarques acides de son épouse… mais qu’il aille mieux et il n’en est plus question évidemment!

Kristen Stewart, l’actrice qui monte (« Twilight »), annoncée dans un premier temps sur les Planches, absente au final, tient le rôle principal de ce film où elle se défend correctement malgré la niaiserie du scénario, on l’a vue également sur l’écran du CID avec la projection hier de « The Runaways », hors compétition, nettement plus réussi.

 

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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