"Where danger lives" ("Voyage sans retour") : polar noir médical

focus film John Farrow, 1950, sortie DVD 16 septembre 2008

Pitch

Un jeune médecin hospitalier tombe amoureux d'une femme fatale qui vient de tenter de se suicider. A sa sortie de l'hôpital, la belle désespérée se débrouille pour l'impliquer dans la mort de son mari...

 

Le mythique Howard Hugues, alors à la tête des studios RKO, veut depuis longtemps lancer sa protégée Faith Domergue, comme il l’a fait pour Jane Russel, par exemple, d’ailleurs les deux actrices ont le même type… de femme… Mais l’actrice ne passera pas à la postérité, et en voyant ce « Voyage sans retour », on comprend pas mal pourquoi : face à Robert Mitchum, Faith Domergue est bien transparente, en femme fatale, elle est sans mystère, peu séductrice, encore moins inquiétante, d’autant que son personnage au bord de la folie aurait mérité une interprétation à la Vivien Leigh… Outre les réserves sur l’actrice principale, le film n’est pas un chef d’oeuvre, d’abord, le sujet est gratuitement over-médicalisé : un médecin aimant son métier, vivant quasiment dans son service à l’hôpital, tombe amoureux d’une suicidée amenée en urgence. Plus tard, le médecin, sujet à une commotion cérébrale, énumèrera ses symptômes pendant une bonne moitié du film tandis qu’il se rendra compte que la femme fatale relève de la psychiatrie… Et la fin du film se passera également à l’hôpital avec cette fois ci le médecin alité… Ca fait beaucoup…
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photo éditions Montparnasse


Ensuite, la rencontre du médecin plein d’avenir avec la vénéneuse Margo Lannington est expédiée, on passe directement d’un premier rendez-vous que donne la jeune femme au médecin dans sa superbe maison (elle vient de sortir de l’hôpital après sa tentative de suicide) à une liaison considérée comme acquise et ayant fait son chemin sans qu’on en ait rien vu, on dirait qu’il manque des scènes…  La suite est une sorte de road-movie d’amants maudits tentant de gagner le Mexique, les migraines de Robert Mitchum occupant beaucoup de place… L’intrigue classique en avait pourtant sous le pied, une inconnue tentant de se suicider, se disant la fille d’un milliardaire, va piéger son nouvel amant comme les précédents, comme son mari, pour une seule raison obscure qu’aucun ne pourra déceler a priori : ne pas être considérée pour ce qu’elle est, gommer son passé, passif, supprimer tous les témoins qui l’auraient démasquée… De l’homme solide, Le docteur interprété par Mitchum, il ne reste rapidement qu’un pantin sous l’emprise de la femme fatale…

Dans l’ensemble, on a l’impression que personne ne croit vraiment à cette histoire, ni le réalisateur ni les acteurs, mais un film noir années 50, l’ambiance et l’image noir c’est noir et Robert Mitchum jeune empêtré dans sa blouse blanche, ça ne se refuse pas…
Dans la dizaine finale de DVD RKO parus le 16 septembre, je penche naturellement pour le noir, au rayon polar, « Fini de rire » du même John Farrow et « Mêmes les assassins tremblent » de de Dick Powell, pour le film noir un  Nicholas Ray inédit en DVD (on a pu le voir il y a quelques temps sur le câble) « Born to be bad » et encore « La Vie facile » de Jacques Tourneur. Pour fêter la parution des 100 DVD de la collection RKO, on peut toujours essayer de gagner la collection complète en jouant ici…. 

Lire aussi ma dernière critique sur « La Septième victime » de Mark Robson paru précédemment en DVD.

Notre note

(2 / 5)

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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