« Comme un homme » : un rapt pour deux

focus film Safy Nebbou, sortie 15 aout 2012

Pitch

Deux lycéens kidnappent leur prof d'anglais que l'un d'eux avait menacée en cours lors d'une altercation. Menacé de renvoi du lycée, ce dernier meurt dans un accident mortel laissant son copain en tête à tête avec la victime.


Une succession de situations toutes plus dramatiques les unes que les autres, une surenchère de « coups » d’éclat, enlèvement, viol, mort, etc… Mais, entre les pics dramatiques, quasiment rien. On est dans un cinéma hyper-factuel où sont interdits toute psychologie, voire même la caractérisation des personnages. Lors des rares échanges entre eux, on apprendra d’un mot, d’une phrase, d’une vieille coupure de journal, les faits marquants de leur courte existence.
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photo Diaphana

Quand Greg rapporte une voiture au garage, cette voiture avec laquelle ils ont kidnappé une jeune femme (la première scène montre deux garçons très jeunes au volant d’une voiture, la nuit, la pluie, un râle en provenance de la banquette arrière, générique!), on se rend compte que le garage appartient à son père. Quand Louis, le copain qui donne un coup de main en prêtant un cabanon dans les bois où ils ont enfermé et ligotté la jeune femme, rentre chez lui, l’absence de femme est flagrante, un père élève tout seul son fils. Mais au lycée, on note que le père de Louis est aussi le proviseur du lycée.
Avec ce minimum minimaliste d’infos, on enchaîne les catastrophes, les scènes « choc », le lendemain du rapt, Greg viole la jeune femme dans le cabanon, le surlendemain, il n’en a plus l’occasion car il est dans le coma, suite à un accident mortel. Reste Louis, plus humain, qui donne à manger à l’otage, l’habille avec les vêtements de feu sa mère. La mère morte de Louis, c’est sans doute le sujet du film, sa rancune à l’égard de son père qui conduisait la voiture (une coupure de journal nous informe du fait), sa culpabilité d’avoir survécu à l’accident, eux et pas elle.

Mais ne sachant que faire de son sujet de départ, un rapt, deux copains, l’un disparaît, l’autre pas, on meuble avec les relations (filiformes) entre Louis et son père, Louis et la mère de Greg (Mireille Perrier), Louis et la prof d’anglais avec laquelle il a une relation ambivalente : il tente de l’empoisonner, change d’avis, elle s’échappe, il lui tire dessus, puis, la secourre, etc…


photo Diaphana

Beaucoup de gros plans, de la musique classique, et la pluie, la forêt, la route, la nuit, pour tenter de créer une ambiance. Le tout n’est pas mal filmé, il y a même une certaine maîtrise, mais, hormis passer une heure et demi à additionner les violences isolées en silence afin que Louis puisse au final se rapprocher de son père (
qu’il se comporte « comme un homme »), où est le corps du film tellement épuré qu’il semble n’en rester que le squelette?Deux Berling pour le prix d’un : Charles Berling (le proviseur, père de Louis), Emile Berling (Louis). Aussi étonnant que cela puisse paraître, le film est une adaptation du roman « L’Age bête » de Boileau-Narcejac (« d’après »…)

 

Notre note

(2 / 5)

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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