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« Hit&Miss » : série anglaise atypique avec Chloë Sevigny

diffusion Canal+ à partir 21 février 2013

Pitch

Mia, tueuse à gages transexuelle, accumule les contrats pour pouvoir financer son opération. Soudain, Mia reçoit une lettre de son ancienne compagne, Wendy, morte d'un cancer. Cette dernière lui confie dans son testament la garde de ses quatre enfants. La vie de Mia va alors être bouleversée.

 


Episodes 1/2

Quand Mia apprend qu’elle a eu un fils de Wendy, sa compagne dans son ancienne vie, elle est bouleversée et son existence va l’être encore davantage. Mia exécute des contrats, en tant que tueuse à gages, pour Eddie, son boss,

sexagénaire affable, débonnaire, qui fait aussi office de confident car lui seul est au courant des projets d’opération de Mia pour changer définitivement de sexe. Autrefois Ryan, Mia, trentenaire, apprend que son fils de 11 ans, dont elle elle ignorait l’existence, s’appelle aussi Ryan. Mia débarque alors à la campagne dans la famille en deuil de Wendy qui avait en tout 4 enfants : Riley, 16 ans, ado fragile et agressive, se comportant en mère de la fratrie, Levi, 14 ans, faisant un peu office de père, qui, peu à peu, fera des petits boulots pour Eddie, Leonie, une fillette de 5 ans, rêveuse déboussolée par la mort de mère, Ryan, 11 ans. Mia ayant tabassé John, l’odieux propriétaire de la ferme, alcoolique, violent et infidèle, son épouse enceinte, abusant régulièrement de Riley comme il profitait de Wendy, sa mère, ce dernier décide, pour se venger, de mettre la maison, une ferme isolée, en vente. Mia tente alors de racheter la ferme à John avec les économies qu’elle destinait à son opération, ce qu’il refuse. Ben, le plus beau mec du village, a craqué pour Mia, et réciproquemment, mais elle redoute de lui avouer son identité sexuelle compliquée.

 


photo Canal+

Les épisodes 1 et 2 mettent en place la situation de tous les personnages et l’arrivée de Mia dans une famille qui ne veut pas d’elle dans un premier temps, puis, accepte son aide. Dans les épidoses 3 et 4, on s’attarde sur les problèmes psychologiques des uns et des autres, leur questionnement, leur fragilité. Mia, accidentée, se retrouve confrontée à l’hôpital aux autres hommes, obligée par l’infirmière d’aller dans les toilettes pour hommes, elle s’échappe. Ben est désorienté par la révélation de Mia qu’elle était autrefois un homme, ne se sentant pas homosexuel, comme il le lui dit, le jeune homme ne comprend plus rien à son attirance pour Mia d’autant qu’elle possède toujours un corps d’homme sous une apparence de femme, prenant des hormones tous les jours, coiffée et habillée de manière très féminine. Riley se rend compte qu’elle est enceinte de John qui veut la forcer à avorter. Eddie, le patron de Mia, s’inquiète pour ses affaires des conséquences de l’implication de Mia dans la famille de Wendy, dans cette ambiance déstabilisante, la « faute professionnelle » de louper un contrat n’est pas loin. Les épisodes 5 et 6 vont beaucoup plus loin, on accélère et le drame et le traitement du drame, et c’est trop, exit la mesure des quatre premiers épisodes, on n’est pas loin du virage horrifique : John, abattu par Riley, est découpé en morceaux, on retrouve sa tête dans un sac poubelle!, Mia est scalpée par son frère qui l’agresse quand elle va revoir leur mère, Riley procède à ses séances d’auto-mutilation. Et l’image aussi a changé, trop colorée, rougie, vascillante, parfois, cauchemardesque, la série n’y gagne pas. La fin ouverte est conçue pour une saison 2 qui n’aura pas lieu.

  
photo Canal+

Le réalisateur, qui avait au départ comme projet de raconter la vie d’une mère transexuelle avec ses 5 enfants, a voulu corser les choses en faisant de son héroïne une tueuse à gages mais était-ce jouable sur la durée? Pendant longtemps, les exécutions de Mia sont des scènes isolées, l’image classique du tueur à gages solitaire, sous contrôle, sans sentiments, ici, un personnage à double vie, soit. Mais que le drame familial, dimension qui intéresse le réalisateur infiniment plus que le côté polar, interfère (de plus en plus, chemin faisant) avec le métier sanguinaire de Mia (son boss, Eddie, a acheté la ferme, engagé Levi, il donne un coup de main, elle n’est jamais inquiétée par la police, personne ne connaît l’adresse secrète où elle s’entraîne, entrepose ses armes, etc…), et, là, c’est peu crédible.
Mais est-ce bien là une série ou un film? 6 épisodes, on peut parler d’une mini-série atypique et originale, elle le serait à moins. Le vrai sujet n’est certainement pas le polar, ce n’est pas non plus franchement l’identité sexuelle, bien qu’on pénètre dans l’intimité de l’héroïne (ses difficultés au quotidien de « ne pas exister » civilement et physiologiquement en tant que femme), en fait, c’est surtout la filiation et la famille : pas celle d’origine mais la famille qu’ont choisi de former ensemble un groupe d’individus, plus ou moins rejetés par la société, qui s’entraident et s’aiment, et, comme le dira Mia vers la fin, « la vraie famille à n’a rien à voir avec le sang ».

Chloë Sevigny, l’icône du cinéma indépendant (« Kids » de Larry Clark, « The Brown Bunny » de Vincent Gallo, primée en 2001 pour « Boys don’t cry »), est magnifique, comme toujours, on pourrait dire. Sa physionomie énigmatique donne beaucoup d’épaisseur à son personnage double, homme et femme, aimante et tueuse : regard bleu marine, corps de rêve, allure sophistiquée, on la découvre immédiatement dans sa dualité, remettant du rouge à lèvres après avoir exécuté un contrat, tué un homme.

Le scénariste créateur de la série « Hit&Miss », Paul Abbott, avait déjà créé en 2004 « Shameless » en Angleterre (11 saisons), adapté actuellement aux USA (2 saisons, 3ième saison renouvelée), une série à grande audience qui mettait déjà en scène une famille nombreuse avec un père problématique.

 

Diffusion

Diffusion Canal+ à partir de jeudi 21 février 2013 : tous les jeudis à 22h40, 1 épisode par soirée
Série en 6 épisodes de 60 minutes

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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