« La Fabian », le doc, + cycle Françoise Fabian janvier/Ciné+

focus TV Ciné+ Classic, doc le 2 et 21 janvier + du 7 au 28 janvier 2016

Pitch

Françoise Fabian d'hier à aujourd'hui, du théâtre au cinéma, de la France à l'Italie, deux docs, quatre films...

Notes

« LA FABIAN » doc de Dominique Besnehard

Le documentaire de Dominique Besnehard a plusieurs strates, il interviewe la Fabian d’aujourd’hui qui dit en conclusion « Je n’ai peur de rien ». Dans un autre doc diffusé aussi par la chaîne (beaucoup plus artisanal), FF dit une chose très touchante, jeune, elle ne se rendait pas compte de sa beauté, elle en a pris conscience quand sa beauté s’est fanée…

Revenons à « La Fabian », d’abord le parcours, née à Alger d’un père catalan et d’une mère franco-russe, ses grand-parents maternels propriétaires de ‘L’Hôtel de France » à Tipaza, « sa ville ». A 17 ans, elle part seule tenter le concours du conservatoire d’art dramatique à Paris, sa promo est « mortelle », comme on dirait aujourd’hui : Belmondo, Marielle, Annie Girardot, Pierre Vernier, etc… Contrairement aux idées reçues (les miennes, par exemple), FF, élevée dans la littérature et la lecture des grands classiques, ne rêve que de théâtre disant « au théâtre, j’avais chaud, au cinéma, j’avais froid » ou dans le même esprit qu’elle avait le trac au cinéma mais pas au théâtre, craignant cette caméra qui vous « vole » des choses intimes à votre insu. Bien que le conservatoire l’oblige à entrer ensuite à la Comédie française, elle déserte et s’en va jouer plusieurs pièces dans le cadre du théâtre privé, le Port-Royal, le plus souvent.

Ensuite, les rencontres avec les deux hommes de sa vie. Elle épouse Jacques Becker dont elle a une fille, ce dernier ne l’aide pas dans sa carrière, lui interdisant notamment de jouer dans « La Dolce vita » de Fellini… Veuve très jeune, FF reste sans le sou mais des amis lui viennent en aide comme Gabin (« Maigret voit rouge » avec un certain Marcel Bozzuffi). Marcel Bozzuffi, l’homme de sa vie, qu’elle appelle « Bozzu », va l’engager dans son seul film en tant que réalisateur « L’Américain » (1969) mais là aussi, il lui donne un second rôle. Veuve une seconde fois, FF aujourd’hui dit qu’elle rêve de « Bozzu » toutes les nuits.

Mais surtout, il y a les rôles cultes, inoubliables :  « Ma nuit chez Maud » (1969) d’Eric Rohmer avec JL Trintignant (qu’elle retrouvera dans « L’Américain », un film unique dont je reparlerai…), Rohmer ou le tournant auteuriste, qui lui vaudra d’être en lice à Cannes pour le prix d’interprétation, « Raphaël et le débauché » (1970) de Michel Deville avec son ami Maurice Ronet, « La Bonne année » (1973) de Claude Lelouch avec Lino Ventura. Elle rencontre Louis Malle qui, mal conseillé, lui préfère Marie Dubois, elle accepte pourtant un second rôle. En revanche, d’habitude passive, elle intervient activement pour rencontrer Bunuel qui lui donne dans « Belle de jour » le rôle d’une des prostituées de la maison close de Madame Anaïs (méconnaissable, ayant pris 9 kilos, portant une perruque courte). Plus tard, Just Jaeckin l’engage pour jouer « Madame Claude » (1977).

Carrière intermittente mais dense en Italie où elle devient « La Fabian », paresse d’apprendre l’anglais pour faire carrière à Hollywood, retours incessants au théâtre, FF est une hédoniste qui n’a jamais sacrifié sa vie privée et son amour inconditionnel du théâtre à l’ambition d’être la star du grand écran qu’elle aurait pu/dû être. Découverte au cinéma dans « Ce sacré Amédée » (1955) ou « Cette sacrée gamine » (1956), où débute aussi Brigitte Bardot, elle estime être là « comme en vacances », choisie uniquement parce-qu’elle était jolie fille… Lucide, humaine, sans ambition autre que de réussir sa vie au sens large, FF a préféré au star-system une existence réelle et un parcours de comédienne respectant son art, s’en est-elle même rendu compte tant elle a toujours fait ce que son coeur lui dictait?

Il y a dans ce doc les interviews de FF aujourd’hui, nombreuses, mais aussi, plus rares, les interviews d’autrefois, les extraits de quelques pièces de théâtre et de ses films les plus connus du public y compris sa prestation de la grand-mère excentrique de Guillaume Gallienne dans « Les Garçons et Guillaume, à table! ». Le réalisateur s’efface devant son sujet, « La Fabian », et a la délicatesse en filmant la comédienne de la ramener au présent même si le sujet était au départ qu’elle raconte ses souvenirs.

S’en suivra un cycle Françoise Fabian dont une nuit spéciale le jeudi 21 janvier 2016.

 

 

 

Et aussi

« La Fabian », documentaire de Dominique Besnehard

samedi 2 janvier à 19h50 ET soirée du 21 janvier 2016 à 22h25.

CINE+ CLASSIC…

CYCLE

« Salut l’artiste » d’Yves Robert

samedi 7 janvier à 20h45

 

« L’Américain » de Marcel Bozzuffi

jeudi 14 janvier à 20h45

 

NUIT FRANCOISE FABIAN

jeudi 21 janvier à partir de 20h45

« Raphaël ou le débauché » de Michel Deville

« La Fabian »

« Ma nuit chez Maud » (programmé également le jeudi 28 janvier à 20h45)

 

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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