« La Petite Dorrit », la série au 7 Emmy awards d’après le roman-fleuve de Dickens

focus series Diffusion sur Arte à partir du 27 novembre 2014

Pitch

Emprisonné depuis des années à la Maréchaussée, le père Dorrit, inconsolable, est dorloté par sa fille Amy. Bientôt, grâce à Arthur, fils de l'énigmatique Mrs Clennam, les Dorrit vont sortir de prison et mener la grande vie, devenant la proie naïve des parasites et des financiers.

Notes

Amy Dorrit a été élevée à la Maréchaussée, une prison pour dettes de Londres, un univers clos se comportant comme une petite ville en soi. Le père Dorrit a été ruiné autrefois par des escrocs, il y est détenu depuis des années, sa fille, Amy, prend soin de lui. Amy à qui on propose de gagner un peu d’argent en exécutant des travaux d’aiguille pour la riche et cruelle Mrs Clenmam, vivant cloîtrée, paralysée, dans une maison sombre et inquiétante en compagnie d’un majordome à la mine patibulaire, Flintwinch, et de son épouse qu’il maltraite. Au même moment, le jeune Arthur Clennam revient à Londres après quinze ans de voyage en mer avec son père qu’a banni sa mère mais qui lui a confié, agonisant, une mission floue d' »arranger les choses ». Une mère qui refuse de le revoir quand il lui annonce qu’il ne reprendra pas les affaires familiales.

Les Clennam auraient-ils une responsabilité dans la ruine des Dorrit? Arthur le subodore et va se mettre en quatre pour que la famille Dorrit retrouve sa fortune. Miraculeusement, le père Dorrit va se voir attribuer un gros héritage qui finira par le tuer tant il s’épuisera à avoir l’air et les manières d’un aristocrate et nier son passé de prisonnier. Devenu riche, le père Dorrit devient grotesque et pathétique, ses enfants n’étant pas de reste, la soeur d’Amy, Fanny, par exemple, ancienne danseuse, demi-mondaine. Seule Amy ne change pas et garde le contact avec Arthur Clennam qu’à présent le père Dorrit ne veut plus fréquenter, ne le trouvant plus assez noble, et qu’elle aime en secret…

photos Arte/BBC

photos Arte/BBC

Et aussi

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Sur fonds de magouilles financières de l’Angleterre Victorienne où chacun peut être riche ou ruiné du jour au lendemain, Dickens, tout comme dans « De Grandes espérances » (diffusé par Arte l’année dernière), retrouve un thème de prédilection : les variations de l’âme humaine selon que l’on est riche ou misérable, comment l’argent peut changer un homme, l’ambition, la cupidité, la veulerie rodant partout.

Dickens multiplie les personnages et les intrigues secondaires et l’adaptation de la BBC de son roman fleuve est un régal. Tandis que le couple Amy et Arthur, proches et séparés tout le long de la série, traversent les épreuves, seuls personnages intègres, on croise des personnages secondaires comme il n’en existe plus aujourd’hui : Rigaud, le serial killer qui tue aussi vite que son ombre, Flintwinch, la majordome de Mrs Clennam, ancien voyou lié à Rigaud, Flora, l’ancienne fiancée d’Arthur qu’on a empêché d’épouser, devenue une grosse dame s’empiffrant de sucreries, le fils du portier de la Maréchaussée, amoureux transi d’Amy, Merdle, un banquier mystérieux ayant tout Londres à ses pieds sauf son épouse qui le méprise.

Procès de l’administration avec le ministère de Circonlocutions, labyrinthe administratif peuplé d’employés oisifs où on ne retrouve jamais un dossier. Procès de l’argent roi menant le monde, faisant et défaisant les existences ; en choisissant comme toile de fonds le monde impitoyable de la finance, Dickens (dont le père avait été brièvement emprisonné à la Maréchaussée) dénonce un époque pas tellement éloignée de la nôtre.

Arte diffuse cette adaptation de Dickens en 8 épisodes, adaptée pour la BBC par Andrew Davies, adaptateur hors pair des grands classiques anglais du XIXe siècle, de Jane Austen à Dickens en passant par George Eliot. Sa grande réussite : avoir su préserver le caractère foisonnant du roman-fleuve de Dickens, la cohorte des piquants personnages secondaires, et le fil rouge d’amour et de mystère structurant tout le récit. Dans les rôles des deux héros, Claire Foy (Amy) et Matthew Macfadyen (Arthur)

 

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« J’étais l’homme le plus riche du monde, l’or m’a ruiné » (‘Blaise Cendrars)

Diffusion

ARTE

ARTE + 7 (reprise)

Les jeudis soirs à 20h50 à partir du 27 novembre 2014

2 épisodes les jeudis 27 novembre, 4 décembre, 11 décembre et 18 décembre 2014

Notre note

3.5 out of 5 stars (3,5 / 5)

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Posted by:

zoliobi

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