« La Possédée » (« Exponerad ») : drame érotique 71 à Stockholm

Gustav Wiklund, 1971, sur Cinécinéma Club le 24 juin 2010

Pitch

Tandis que ses parents sont en vacances, Lena, fiancée à Jan, est tourmentée par le souvenir de ses relations avec un homme pervers plus âgé qu'elle et quitte la ville pour la campagne afin de le fuir..

Comme des lecteurs du blog ont pu le remarquer, j’ai étoffé ma rubrique CinéTV en la rendant périodique : ainsi, je présenterai une ou deux fois par mois des films de fiction ou documentaires à découvrir que j’ai pu voir avant leur diffusion à la TV, comme ce fut le cas dernièrement avec « Grey gardens » et « Amore Roma, les années Dolce vita ».Ce n’est pas « La Possédée » (1947) de Curtis Bernhardt avec Joan Crawford mais un autre type de « Possédée » (« Exponerad » en VO), film suédois de  Gustav Wiklund, qui est programmé sur CinéCinéma Club en juin. Un film érotique soft présenté en 1971 au festival de Cannes mais censuré ensuite dans de nombreux pays à l’époque à cause de scènes osées.

—–Première scène du film qu’on va reprendre indéfiniment, une séance photo d’un genre un peu particulier où Lena pose nue pour un homme qui la traite durement, des photos pas franchement SM mais orientées vers la soumission. Clic, clic, les photos se figent en noir et blanc. Lena, obsédée par le souvenir de cette séance photo, s’en va dans une maison de campagne vide dont on comprend ensuite qu’elle appartient à Jan, son fiancé. Sur la route, elle rencontre un couple libre, comme il y en avait pléthore dans les années 70, qu’elle installe dans le jardin. Baignades nues et soirées arrosées, investissement de la maison par le couple libertin, cette intimité de fortune est interrompue par l’arrivée de Jan qui vire les deux inconnus repartant à la hâte leurs vêtements sur les bras.


Retournée à Stockholm, Lena, réconciliée avec Jan, ne veut plus revoir Helge, l’homme des photos. Pourtant, Lena, qui travaille dans un musée de biologie est piégée un jour par la visite surprise de Helge qui lui déclare son amour et veut la revoir, elle lui réclame ses photos et le négatif des photos qu’elle détruit…
 


L’intrigue filiforme, le récit évolue en alternatif, les périodes d’insouciance, de sexualité libre années 70 en Suède, et  régulièrement en  insert  le souvenir obsédant de la séance photo sur une musique stressante annonçant le drame. Les micro-évenements, les rencontres, les relations entres les gens, comme le retour des parents, sont filmés de manière ordinaire, un peu artificielle. Car l’attention est focalisée sur le corps de Lena, brune à forte poitrine au regard inexpressif et rouge à lèvres rose nacré, dont on essaye de tirer le parti qu’elle serait possédée physiquement par les fantasmes de cet homme lui ayant révélé une sexualité qu’elle a essayé d’oublier en retrouvant l’innocent Jan… Le blondinet Jan, le ténébreux Helge et le 90F de Lena (Krista Lindberg) dans une ambiance très datée, c’est à peu près tout ce qu’on retient du film avant une fin qui ose, rachètant la pauvreté de l’ensemble. On peut le voir comme un document sur les films érotiques de l »époque et surtout des moyens dont on disposait pour les réaliser avec un essai de dramatisation du récit assez réussi compte tenu de l’ensemble.
 


première diffusion sur CinéCinéma Club le 24 juin 2010 à 20h40. Voir les jours et horaires des rediff…
 

Notre note

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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