19 - 01
2010
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En 1963 à Los Angeles, la dernière journée d'un professeur d'université tentant de faire son travail de deuil après la mort de son compagnon, incapable d'imaginer l'avenir sans lui... Mais comment envisager le futur sous le poids du passé?
Je ne sais plus depuis combien de temps, d'années, il est quasiment systématique de démarrer par un flash-back et quand ce même flash-back revient deux heures plus tard, cela veut dire qu'on approche du générique de fin. Cela n'a pas échappé à Tom Ford qui fait donc comme tout le monde, accident dans la neige, un homme s'allonge auprès d'un autre homme accidenté et vers la fin, on revisite la même scène. Les flash-backs en noir et blanc, le film en couleur, rien de nouveau non plus, on peut faire l'inverse aussi... Tom Ford, le couturier play-boy célèbre pour avoir "sauvé" la vieillotte maison Gucci en la transformant en un tableau de chasse de "must-have" (mais là on bascule dans la mode)... Tom Ford, récemment aperçu signant une collection de lunettes de soleil plus chères que toutes les autres, comme en porterait, par exemple, Sofia Coppola... Tom Ford, aujourd'hui derrière la caméra, nous livre un film très élégant aux (anti)couleurs qu'il affectionnait déjà dans le chiffon de luxe à une époque où les couleurs étaient considérées comme vulgaires (avant le revival seventies) : beige, noir et blanc. La maison de George et Jim est à 200% déco minimaliste so chic : boiseries blondes, noir et blanc, baies vitrées, une maison de verre...
Le film est sauvé par la superbe interprétation de Colin Firth qui a obtenu le prix d'interprétation masculine à Venise. Un Colin Firth bien seul, un single actor rencontrant quelques beaux mecs genre top models... Bien que les photos mettent en avant Julianne Moore, on la voit peu, et c'est Julianne Moore, l'icône, très maquillée, très sophistiquée, que filme Tom Ford, un peu comme quand Madonna est photographiée pour une pub Vuitton, c'est son image fantasmée qu'on filme, plus qu'elle... Au final, tout le monde est beau, trop beau, des corps passés à la peau de chamois, des pluies de regards clairs en gros plan, des jambes nues parfaites s'ébattant sous l'eau, des serviettes de toilette couleur tabac, des costumes bien coupés...
Adapté du roman de Christopher Isherwood "Un Homme au singulier", le film a pris le parti de dépasser le monologue intérieur, comme le livre, en y ajoutant des micro-événéments mais ça demeure très monolithique, censé se passer en 24h de la vie d'un homme. Car le sujet est à la fois vaste et très introspectif, dépassant d'ailleurs largement le cas particulier d'un couple gay : c'est la crise de la quarantaine, le bilan d'une existence, la redéfinition des priorités d'une vie dans laquelle on a négligé les bonheurs simples au bénéfice de la réussite, le deuil agissant comme stimulus violent pour déclencher cette prise de conscience. Un film réfrigéré, qui, en étant incapable de renoncer au culte de l'esthétique, passe loin de l'émotion et la douleur qu'il est censé décrire.
Note CinéManiaC :

Mots-clés : avant-Premières, cinéactue, l cinéma américain, A Single man, Tom Ford



































































Commentaires
Ah tiens !
Je m'attendais à un avis beaucoup plus enthousiaste, il y a eu un énorme buzz sur ce film, la bande annonce est sublime...Un peu trop poseur ?
J'attendrai sagement le 24 pour le voir, l'envie est forte.
Voisin Blogueur - 20.01.10 à 00:27 - # - Répondre -
← Re:
C'est paradoxalement le problème tout et tout le monde est trop beau, ça "encaustique" le film mais Colin Firth est très bien et Tom Ford est doué, il faurait fallu qu'il "salisse" un peu ses personnages et les lieux. J'attends tes impressions!
vierasouto - 20.01.10 à 01:01 - # - Répondre -
Ouf !
ça me rassure...
quoique
J'aurais bien aimé qu'il soit un peu plus décoiffé le Colin qui sauve le film du naufrage total, navrée d'avoir à le dire... bon sang, même quand il bouquine sur ses chiottes on dirait une pub pour le parfum Tom Ford ! au bout d'un moment et quelques clichetons de plus cela devient quasiment insupportable. Et pauvre Julianne. Je rencontre son coiffeur je le pends avec ses boucles !
Quant à l'apparition du garçon en mohair pfffft mouarf
FredMJG/Frederique - 25.02.10 à 18:45 - # - Répondre -
← Re: Ouf !
Comme suite à notre petit échange Twitter, je ne me souviens plus de la scène hot dans "A Single man", le rythme étant aussi lent et mélodique qu'un CD de relaxation, les images léchées comme un numéro de Vogue des années 60, ça doit avoir un effet hypnotique... Bref! la coiffure de Julianne Moore, les kgs de laque que ça a dû coûter!!! Ce n'est pas Julianne Moore qu'il filme mais son fantasme de l'actrice telle qu'il la voit sans une pub
Vuittoncroulant sous le valises à damier, pardon, je m'égarre... c'est l'honorable maison Gucci que ce monsieur avait réveillée avec ses collections porno-chic sophistiquées! Heureusement qu'il dessine toujours sa collection des lunettes, ce serait dommage de ne pas pouvoir dépenser de l'argent en fanfreluches hors de prix (mon opticien du boulevard en vend)...vierasouto - 26.02.10 à 05:27 - # - Répondre -