« Night of the demon » (« Rendez-vous avec la peur ») : sortilèges

focus film Jacques Tourneur, 1957

Pitch

Venu à Londres assister à un congrès sur les sciences occultes, un psychologue américain est victime du même sortilège que celui qui vient de tuer son homologue anglais.

Notes

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photos Wild Side Vidéo

Après que le professeur John Harrington (première scène du film) ait été tué, en rentrant chez lui, déchiqueté par un monstre surgit de l’ombre (pour ne pas dire fabriqué par l’ombre), cela après avoir rendu visite à Karswell, maître satanique pour s’excuser d’avoir publié une critique de ses méthodes et le supplier de retirer le mauvais sort que ce dernier lui a jeté (et on voit bien, que, sans le dire clairement, Karswell ne peut plus revenir en arrière), dans un avion depuis les USA, on observe deux passagers : le professeur George Dunning et la nièce du professeur H, tous deux à destination de Londres pour un congrès sur les sciences occultes.

Dunning, sceptique par excellence, va vaciller quand il se rend compte que toutes les pages de son agenda après le 28 du mois sont arrachées comme, avant son arrivée, celles de son confrère le professeur H dont les pages de l’agenda après le 22 du mois avaient été arrachées, signifiant, par là, l’heure programmée de leur mort. Une mort imputable à la possession à son insu d’un papier couvert de caractères runiques qu’a donné Karswell à Harrington et à Dunning et que seule la manipulation de le rendre à son propriétaire pourrait en annuler le funeste sortilège. Ainsi, un ancien membre de la secte, ayant voulu fuir, tombé dans le coma, réveillé par hypnose par le groupe de savants, se jettera par la fenêtre après avoir revu le papier maudit sorti de la poche de Dunning.

Et aussi

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Ce qui est gênant avec ce film c’est qu’on ne sait pas à la première vision du film de quel côté se place le réalisateur : du côté du professeur en psychologie des sciences occultes qui a lutté toute sa vie contre ce qu’il considère comme des superstitions? Ou au premier degré jouant le jeu de la fiction sans y intégrer un brin de rationnel? En deux mots, s’agit-il de la dénonciation d’une imposture ou d’une histoire sataniste telle quelle avec mauvais sorts, morts et gourou, d’un conte démoniaque?

Tourneur se place apparemment dans son film au premier degré avec une histoire sataniste de sortilèges jetés par un maître en magie noire, Karswell, et un professeur Downing qui devra lutter pour y échapper.

Hors, Karswell, ancien du cirque (curieux, la scène d’Halloween avec les enfants grimés entre effroi et émerveillement, les enfants seuls feraient « la part des choses »?), aurait organisé une secte, endoctriné des fidèles, potassé des écrits, des grimoires et trouvé des formules pour jeter des sorts. Karswell vit avec sa mère et cette dernière, douce et soumise, voudrait en finir avec le mal : mais une drôle de conversation de K à sa mère lui fait dire qu’elle n’oublie pas ce sont ces peurs des fidèles de la secte qui leur assurent leur train de vie. Est-ce là la clé? La peur rend fou, il suffit de formaliser un peu la peur, de l’organiser en secte avec gourou et disciples… Les films d’horreur n’existent pas sauf dans l’imaginaire du spectateur que des situations d’effroi renvoient à leurs propres peurs primitives? C’est sans doute le point de vue de Jacques Tourneur…

L’image somptueuse est sculptée en noir et blanc, peu de scènes de jour, le monstre en question (qui tue les détenteurs du papier) est à la fois inséré et sortant de la pénombre, comme s’il était en fait le produit démultiplié de la pénombre, magnifique métaphore de la peur du noir.

Diffusion

Adobe Photoshop PDF

Ce film existe en DVD dans la collection Wild side vidéo « classics » qui édite chaque année quelques coffrets luxueux comportant un livre inédit écrit spécialement pour l’édition, le plus souvent aussi intéressant que le film

Coffret DVD + Blu-ray + Livre

La version Blu-ray comporte aussi la version américaine raccourcie du film (82′) et le DVD seulement la version longue (91′)

Livre « Le versant crépusculaire » de Michael Henry Wilson (144 pages)

Notre note

(3,5 / 5)

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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