
« L’Affaire SK1 » : le retour du grand polar noir français, enfin!

Pitch
La traque durant 7 ans du "tueur de l'Est parisien", Guy Georges, de 1991 à 1998, son procès, d'après l'histoire vraie de l'inspecteur du 36 Quai des Orfèvres, chargé d'une l'enquête qui l'a miné.
Notes
La projection spécial blogs organisée lundi dernier par SND était d’autant plus intéressante que le débat qui a suivi a été le miroir du malaise que l’affaire Guy Georges provoque encore aujourd’hui ; l’équipe du film est restée presque trois quart d’heure après la projection, dont le réalisateur et un des acteurs principaux Raphaël Personnaz, on avait l’impression qu’au delà de la promo du film de répondre aux questions, etc… ils avaient besoin de se rassurer, de partager la force émotionnelle de leur film avec ceux qui venaient de le découvrir. Ils ont tous dit qu’ils avaient eu un tournage difficile à cause du sujet, le réalisateur avait l’air encore angoissé par l’affaire (il n’a pas cherché à rencontrer Guy Georges en prison, par exemple), quant aux bloggers invités, excepté ceux que la forme du film, très sobre, semble avoir désarçonné (lecture des commentaires ensuite sur Twitter), le film dégage un tel accent de vérité que la plupart d’entre eux étaient flippés comme si ce qu’on venait de voir à l’écran, c’était hier… Certaines blogueuses ont dit en plaisantant qu’elles étaient angoissées de rentrer seules chez elles après le film…
« L’Affaire SK1 » est un film dans la tradition des grands polars noirs français, enfin! Références affichées, « Mélodie en sous-sol » de Verneuil, le magnifique « Police Python 357 » de Corneau (dont on voit les affiches dans le film), mais aussi Melville (un peu, l’élégance des flics du « 36 »), Costa-Gavras (le film frontal). Mais on pense aussi à « Zodiac » de Fincher, primo, pour la sobriété dans la mise en scène, sauf qu’ici, il y a quelques moments dosés d’accélération (on augmente la vitesse, on monte le son), on n’atteint pas encore le stade de l’épure de « Zodiac », secundo pour (surtout) le thème de l’enquêteur miné, démoli, par son enquête, des policiers qui n’en sortiront pas indemnes. 7 ans de traque, d’enquêtes avec deux équipes qui se marchent parfois sur les pieds. De grands acteurs en vrais seconds rôles vraiment incarnés (retour à l’âge d’or du polar français), Olivier Gourmet, Michel Vuillermoz, Nathalie Baye. Les années 90 ne sont pas faciles à retranscrire, ressemblant un peu à aujourd’hui, soustraction faite des téléphones portables et des ordis, des alarmes automatiques sur tout, addition faite de la cigarette, on peut encore fumer partout ; les Nineties représentent davantage la fin d’une époque, à tous points de vue, qu’une époque datée en soi, et le réalisateur a fait sobre pour décrire ces années transparentes sans grande spécificité.
Personnellement, j’ai adoré « L’Affaire SK1 » et n’en suis pas sortie indemne non plus, ce qui prouve la force du film où tout est plausible. C’est terrible quand tout est plausible, ça peut arriver, c’est arrivé, ça peut recommencer. Intelligent aussi ce crescendo : d’abord, on montre les photos des premières victimes, ensuite, on en montre un peu plus, des scènes de crime tronquées, puis, encore davantage, les scènes de crimes en totalité, sans complaisance mais quand on sait, d’une part, à quel point la peur est souvent provoquée par le hors champ (cf. Hitchcock, l’imaginaire sans limites de ce qu’on ne voit pas, qu’on n’ose nommer ni imager…), d’autre part, que montrer cliniquement le résultat final des sévices, sans plus de détails, appelle l’imagination de comment la victime en est arrivée là, dans cet état, dans les deux cas, l’angoisse est au maximum…
Impressionnant #laffairesk1 : c du lourd! @SNDfilms
— Cinémaniac / CNM (@Cine_maniac) November 3, 2014
Et aussi
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Annexe
extrait du dossier de presse. L'affaire SK1 Date de sortie France : 07 janvier 20 Synopsis : Paris, 1991. Lhistoire vraie de Franck Magne, un jeune inspecteur qui fait ses premiers pas à la Police Judiciaire, 36 quai des Orfèvres, Brigade Criminelle. Son premier dossier porte sur lassassinat dune jeune fille. Son enquête lamène à étudier des dossiers similaires quil est le seul à connecter ensemble. Il est vite confronté à la réalité du travail denquêteur : le manque de moyens, la bureaucratie Pendant 8 ans, obsédé par cette enquête, il traquera ce tueur en série auquel personne ne croit. Au fil dune décennie, les victimes se multiplient. Les pistes se brouillent. Les meurtres sauvages se rapprochent. Franck Magne traque le monstre qui se dessine, pour le stopper. Le policier de la Brigade Criminelle devient larchitecte de lenquête la plus complexe et la plus vaste quait jamais connu la police judiciaire française. Il va croiser la route de Frédérique Pons, une avocate passionnée, décidée à comprendre le destin de lhomme qui se cache derrière cet assassin sans pitié. Une plongée au coeur de 10 ans denquête, au milieu de policiers opiniâtres, de juges déterminés, de policiers scientifiques consciencieux, davocats ardents qui, tous, resteront marqués par cette affaire devenue retentissante : « laffaire Guy Georges, le tueur de lest parisien » Twitter @SNDfilms #SK1 #laffairesk1 Et sur la page officielle de SND https://www.facebook.com/snd.films
Diffusion
post du 08/11/2014
Notre note
(5 / 5)








