« Obsession » : perversion du mélodrame romantique

focus film Brian de Palma, 1976, reprise 18 septembre 2013

Pitch

La Nouvelle Orleans, 1957, la femme et la fille d'un riche promoteur immobilier sont enlevées et tuées parce qu'il n'a pas payé la rançon. 20 ans plus tard, en voyage à Florence , cet homme rencontre, par hasard, le sosie de son épouse défunte.

Notes

On n’en finirait pas de comparer le film de De Palma et les films d’Hitchcock dont il s’est inspiré. Mais, ce qui est certain, c’est que la première partie a le ton Hitchcock (l’atmosphère, la musique signée du compositeur du maître, Bernard Hermann) et pas seulement le sujet. Comme De Palma aime le baroque et la démesure, le trait est souligné : discrètement dans la première partie (et ensuite tout ce qui se passe dans la maison du drame initial) : l’image floutée, l’épouse, Elisabeth, se déplace dans un halo, le regard ailleurs, comme irréelle.

En 1957 à La Nouvelle Orléans, Michael et Elisabeth Courtland fêtent leur dix ans de mariage. Une photo de 1948 indique qu’ils se sont connus à Florence. Les invités partis, la fille et la femme de Michael sont kidnappées. A la demande de rançon, Michael tergiverse, écoute les conseils d’un policier de tromper les ravisseurs. L’épouse et la fille de Michael Courtland trouvent la mort lors d’une poursuite en voiture. Michael Courtland est alors persuadé qu’il a tué sa femme et sa fille.

En 1975, à l’initiative de son associé, Michael Courtland accepte de se rendre à Florence pour affaires. Dans l’église où il avait rencontré Elisabeth en 1948, il tombe sur une jeune femme restauratrice de fresques, Sandra, qui est le sosie de son épouse défunte. Sidéré, s’imaginant se voir offrir par le destin une seconde chance, il ne tarde pas à nouer une relation amoureuse passionnée avec Sandra et la ramener à La Nouvelle Orleans pour l’épouser. Mais l’arrivée de Sandra dans la maison où vivait Elisabeth autrefois, l’épouse adorée, est un choc pour le personnel et pour la jeune fille : car tout est resté intact depuis 1957, la chambre conjugale fermée à clé. C’est là où on penche plus vers « Rebecca » (le souvenir asphyxiant de la première épouse mythifiée) que de celui de « Vertigo » puisque pas mal de critiques ont affirmé que Brian de Palma revendiquait s’être inspiré ce dernier film.

Et aussi

Mélodrame faussement romantique, disons plutôt d’un romantisme perverti, le film s’achemine, petit à petit, vers le baroque et les fantasmes jusqu’à s’autoriser l’inceste dont la fin du film laisse entendre (par une esquive) que ce n’est qu’un « détail » au point où nous en sommes… La fin du film est peut-être le point faible, on a quitté depuis le dernier quart du film les rivages du crédible pour plonger, malgré le petit coup de théâtre de la révélation des vrais coupables, dans l’imaginaire de deux personnages traumatisés dont la vie depuis 1957 n’a été qu’une attente d’une « réparation » du drame.

Paul Schrader scénariste aurait, dit-on, prévu une troisième partie, supprimée par Brian de Palma. Peut-être Schrader n’avait-il pas tort… Ici, on va ou trop loin ou pas assez…

Cependant, du point de vue de la mise en scène et de l’image, c’est magnifique. L’interprétation de Geneviève Bujold, femme-enfant parfaite, colle au rôle. Cliff Robertson joue le rôle de Michael Courtland initialement destiné à James Stewart, on n’y perd pas au change.

Carlotta distribue demain mercredi 18 septembre une reprise du film en version restaurée. Du point de vue de la réalisation, c’est sans doute un des plus beaux films de De Palma. 

 

 

Notre note

(4 / 5)

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

1 Comment

  1. Lilly -  18 novembre 2016 - 9 h 05 min

    That intihgs’s perfect for what I need. Thanks!

    Répondre

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